Auguste Arribat
Prêtre salésien français, éducateur dévoué et Juste parmi les nations pour avoir sauvé des enfants juifs durant la Seconde Guerre mondiale.
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Biographie
Jeunesse, vocation précoce et formation du père Auguste Arribat au sein de la congrégation salésienne.
Joseph-Auguste Arribat naît le 17 décembre 1879 à Trédou, un hameau de la commune de Sébrazac, dans l'Aveyron (France). Issu d'une famille de paysans nombreuse et modeste de sept enfants, il grandit dans un milieu profondément chrétien. En raison de la pauvreté de son foyer, il doit interrompre ses études primaires à l'âge de 15 ans pour se consacrer entièrement aux travaux de la ferme familiale. Animé par le désir précoce de devenir prêtre, il est orienté à l'âge de 18 ans vers l'Oratoire Saint-Léon de Marseille, tenu par les Salésiens de Don Bosco, où il commence ses études secondaires en classe de sixième. Il poursuit ensuite sa formation au patronage Montéty de Toulon. Après avoir effectué son service militaire au 96e régiment d'infanterie à Bron, près de Lyon, de 1900 à 1901, il décide d'entrer chez les Salésiens. En raison des lois anticléricales et de l'expulsion des congrégations religieuses de France au début du XXe siècle, il doit accomplir son noviciat en Italie, à Avigliana dans le Piémont. C'est là qu'il reçoit la soutane des mains du bienheureux Michel Rua, premier successeur de saint Jean Bosco, et prononce ses premiers vœux en 1904. De retour en France, il alterne entre l'éducation des jeunes et ses études de théologie à Marseille et à l'institut Saint-Joseph de La Navarre (La Crau, Var). Il est ordonné prêtre le 20 décembre 1912 à Marseille par Mgr Joseph Fabre. Durant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé en 1915 au sein de la 14e section d'infirmiers militaires. Il sert comme infirmier-brancardier sur le front jusqu'en 1919. Son courage et son dévouement auprès des blessés lui valent de recevoir la Croix de Guerre.
Vie et œuvre
Ministère éducatif du père Arribat et son action héroïque de sauvetage d'enfants juifs durant la Seconde Guerre mondiale.
Après la démobilisation, le père Arribat reprend sa mission éducative à La Navarre de 1919 à 1927, puis à Nice de 1927 à 1931, où il œuvre comme catéchiste auprès des jeunes apprentis. En 1931, il est nommé directeur de l'institut de La Navarre et prend simultanément la charge de la paroisse Saint-Isidore dans la vallée de Sauvebonne (Hyères). Sa charité et sa proximité avec les habitants marquent profondément la population locale, qui le surnomme affectueusement « le saint de la vallée ». En 1934, ses supérieurs l'envoient à Morges, dans le canton de Vaud en Suisse. Il reçoit ensuite trois mandats successifs de six ans chacun comme directeur : d'abord à Millau (Aveyron), puis à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), et enfin à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie). C'est à Villemur-sur-Tarn, durant la Seconde Guerre mondiale, qu'il accomplit son œuvre la plus marquante et la plus périlleuse. Il y fonde l'École Saint-Pierre, un pensionnat salésien pour garçons qui ouvre ses portes le 1er octobre 1942. Face aux persécutions antisémites, et encouragé par la prise de position publique de Mgr Jules-Géraud Saliège (archevêque de Toulouse), le père Arribat décide de cacher plusieurs enfants juifs au sein de l'établissement, notamment Georges Doukan, Jacques Netter et Paul Futter. Pour protéger les parents et d'autres familles juives, il leur trouve également refuge dans une ferme isolée appartenant à l'école. En avril 1944, la division SS Das Reich réquisitionne l'école pour y installer son quartier général. Malgré le danger extrême, le père Arribat fait preuve d'une grande fermeté d'esprit et négocie avec les officiers allemands pour obtenir l'autorisation de poursuivre les cours dans des dépendances de la propriété, préservant ainsi la sécurité des enfants cachés. Malheureusement, le jeune Paul Futter sera ultérieurement découvert par les SS et assassiné, ce qui causera une immense douleur au père Arribat.
Cheminement vers la sainteté
Les dernières années de vie du père Arribat dans l'humilité et l'ouverture de sa cause de béatification.
Après un dernier mandat de directeur et d'animateur spirituel à Thonon-les-Bains de 1947 à 1953, le père Arribat retourne définitivement à La Navarre en 1953. Dépourvu de charges administratives et affaibli par l'âge et la maladie, il y passe les dix dernières années de sa vie dans une profonde humilité. Il se consacre entièrement à la prière, à la célébration de la messe et au service des tâches les plus modestes de la communauté (vaisselle, nettoyage des douches, entretien de la cour). Il s'éteint le 19 mars 1963, jour de la fête de saint Joseph, au domaine de La Navarre à La Crau (Var), entouré de l'affection de ses confrères et de ses anciens élèves. La cause de béatification et de canonisation du père Arribat est officiellement ouverte le 18 mars 1995 par Mgr Joseph Madec, évêque de Fréjus-Toulon. L'enquête diocésaine, close le 1er décembre 2002, permet de recueillir 121 témoignages. Les actes de l'enquête sont déposés à Rome le 7 décembre 2002 auprès de la Congrégation pour les Causes des Saints.
Béatification et canonisation
Reconnaissance de l'héroïcité des vertus par le pape François et distinction de Juste parmi les nations.
Le 8 juillet 2014, le pape François autorise la Congrégation pour les Causes des Saints à promulguer le décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus, lui conférant ainsi le titre de vénérable. La reconnaissance officielle d'un miracle attribué à son intercession est désormais requise pour ouvrir la voie à sa béatification. Parallèlement à son cheminement ecclésial, son action héroïque durant l'Occupation a été reconnue par l'institut Yad Vashem de Jérusalem, qui lui a décerné à titre posthume le titre de Juste parmi les nations le 22 janvier 1996.
Spiritualité et héritage
La spiritualité salésienne du père Arribat et la pérennité de sa mémoire au sein du réseau Don Bosco.
La vie du père Auguste Arribat témoigne d'une fidélité absolue au charisme de saint Jean Bosco et à la douceur évangélique de saint François de Sales, résumée par la maxime « tout par amour, rien par force ». Son ascétisme rigoureux, sa pauvreté personnelle et sa silhouette émaciée rappelaient la figure du Curé d'Ars, mais il se distinguait avant tout par son sourire constant, sa douceur et sa disponibilité totale pour les jeunes et les pécheurs au confessionnal. Il puisait sa force spirituelle dans une union intime à Dieu, une dévotion filiale envers Marie Auxiliatrice et une prière eucharistique incessante. Son héritage éducatif et spirituel demeure vivant au sein du réseau scolaire Don Bosco. En mars 2023, à l'occasion du 60e anniversaire de sa mort, le collège Saint-Joseph de La Navarre a inauguré une salle polyvalente portant son nom, en présence des autorités civiles et religieuses, perpétuant ainsi la mémoire de celui que l'on appelait « le saint de la vallée ».
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1879-1963
- Décret de vénérabilité par François