Firminius Wickenhauser
Frère franciscain et sculpteur allemand, Firminius Wickenhauser (1876-1939) s'est illustré par son art sacré et sa charité inlassable envers les pauvres de Düsseldorf.
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Biographie
Jeunesse de Josef Wickenhäuser, son apprentissage de tailleur de pierre et son entrée chez les Franciscains sous le nom de frère Firminius.
Josef Wickenhäuser naît le 19 janvier 1876 à Massenbachhausen, dans le district de Heilbronn, au sein du royaume de Wurtemberg (Allemagne). Il est le dixième enfant d'un berger, Johann Adam Wickenhäuser. Sa naissance a lieu dans un bâtiment singulier : l'ancienne synagogue locale, désaffectée et convertie en habitation. Marqué par le deuil, Josef grandit comme l'unique enfant présent au foyer, six de ses frères et sœurs étant morts en bas âge avant sa naissance, tandis que trois demi-sœurs issues du premier mariage de son père avaient déjà émigré aux États-Unis. Peu après sa naissance, la famille déménage dans la Rosenbergstraße. En 1891, alors qu'il n'a que 15 ans, son père meurt subitement. Le jeune Josef doit alors assumer la subsistance de sa mère. Il travaille d'abord comme casseur de pierres lors de la construction de la route reliant Massenbachhausen à Gemmingen. Il entreprend ensuite un apprentissage de tailleur de pierre chez Pisot à Kirchardt. Par la suite, il travaille dans un atelier de monuments funéraires à Stuttgart, où il obtient son brevet de compagnon en 1899. Après son service militaire, des années de compagnonnage itinérant à partir de 1903 et le décès de sa mère en 1905, il décide de consacrer sa vie à Dieu. En 1906, il entre chez les Franciscains (Ordre des Frères Mineurs) comme frère laïc au monastère de Harreveld, aux Pays-Bas, et reçoit le nom de religion de Frère Firminius (ou Firminus).
Vie et œuvre
Son activité de sculpteur pour la restauration d'églises et son service de portier charitable à Düsseldorf.
En 1908, le frère Firminius est envoyé pour la première fois au couvent de Düsseldorf, puis réside à partir de 1911 au couvent de Dorsten. Durant la Première Guerre mondiale, il sert comme infirmier militaire tout en continuant à exercer ses talents de sculpteur. Après la guerre, il retourne définitivement à Düsseldorf, où il prononce ses vœux solennels. En tant qu'artiste et sculpteur de la province franciscaine, il se voit confier la restauration de nombreuses églises et chapelles de l'ordre. Il travaille notamment à la restauration de l'église d'Apollinarisberg à Remagen, de celle de Kreuzberg à Bonn, et réalise des travaux sur le Marienberg à Neviges. Il sculpte également une copie d'une œuvre de Murillo représentant saint François pour le cimetière du Calvaire de Moresnet-Chapelle en Belgique. Parallèlement à son travail artistique, le frère Firminius est chargé du service de la porterie au couvent de Düsseldorf. C'est là qu'il gagne l'affection profonde de la population locale. Face à la misère des sans-abris et des pauvres qui frappent à la porte du couvent, il commence à leur distribuer des tartines de saindoux (Schmalzbrote). Son humour chaleureux, sa profonde humilité et sa charité inlassable lui valent le surnom affectueux de « Herrgottsbrüderle von Düsseldorf » (le petit frère du Bon Dieu de Düsseldorf). Plusieurs anecdotes célèbres illustrent sa personnalité originale et joyeuse. Peu enclin à être dérangé dans son atelier, il n'hésitait pas à faire travailler les visiteurs importuns ou à faire voler de la poussière de pierre à leurs pieds. Un jour, alors que des experts d'art admiraient ses œuvres, un confrère l'appela pour éplucher les pommes de terre à la cuisine ; il s'exécuta immédiatement, mais sculpta une grimace de diable sur la première pomme de terre. On le vit également traverser l'Oststraße de Düsseldorf en portant sur son épaule une statue de la Vierge qu'il venait de sculpter, ravi de la montrer à la foule. La veille d'une grande fête, il offrit à une famille affamée le rôti que les frères avaient préparé pour leur propre repas de fête.
Cheminement vers la sainteté
La mort du frère Firminius, la ferveur populaire et l'ouverture de sa cause de béatification.
Le frère Firminius meurt le 30 septembre 1939 au Marienhospital de Düsseldorf. Ses obsèques, célébrées le 3 octobre 1939, rassemblent des milliers de personnes venues lui rendre un dernier hommage. Il est d'abord inhumé au cimetière Stoffeler de Düsseldorf. En raison de sa réputation persistante de sainteté (fama sanctitatis) et des nombreux pèlerins qui visitent sa tombe, le diocèse de Cologne ouvre son procès de béatification en 1951. En 1957, ses ossements sont exhumés et transférés dans la crypte de l'église du couvent des Franciscains à Düsseldorf. Le 21 décembre 1998, le pape Jean-Paul II reconnaît l'héroïcité de ses vertus, le déclarant officiellement « Vénérable ». En février 2015, après la fermeture du couvent historique des Franciscains de Düsseldorf, ses reliques sont solennellement transférées dans l'église St. Mariä Empfängnis (Sainte-Marie de la Conception) de Düsseldorf, qui est devenue leur sépulture définitive.
Béatification et canonisation
Les étapes juridiques du procès de béatification menant à la déclaration d'héroïcité des vertus.
Le procès informatif diocésain sur la vie et les vertus de Firminius Wickenhäuser est officiellement ouvert le 2 septembre 1957 sous la direction du cardinal Joseph Frings, archevêque de Cologne. Le décret sur ses écrits est promulgué le 16 décembre 1976. La validité du procès informatif est confirmée par un décret de la Congrégation pour les Causes des Saints le 24 mai 1991. Après l'examen de la Positio, les consulteurs théologiens se prononcent favorablement le 1er juillet 1997. Les cardinaux et évêques de la Congrégation confirment l'héroïcité de ses vertus lors de leur session ordinaire du 6 octobre 1998. Enfin, le 21 décembre 1998, le pape Jean-Paul II promulgue le décret reconnaissant qu'il a pratiqué les vertus théologales (foi, espérance, charité) et cardinales (prudence, justice, force, tempérance) à un degré héroïque, lui conférant le titre de Vénérable. Sa cause est actuellement en attente de la reconnaissance d'un miracle pour ouvrir la voie à sa béatification.
Spiritualité et héritage
L'idéal franciscain de simplicité, l'œuvre de la Bruder FirminusKlause et la mémoire de sa maison natale.
La spiritualité du frère Firminius est profondément ancrée dans l'idéal franciscain de simplicité, de pauvreté joyeuse et de service des plus petits. Pour lui, l'art n'était pas une fin en soi, mais un prolongement de sa prière et un moyen d'évangélisation. Un de ses confrères écriquit à son sujet : « Ce n'est qu'à partir de son union avec Dieu et de son esprit de prière que l'on comprend sa création artistique. Ce dont son cœur était si rempli devait déborder non seulement de sa bouche, mais aussi de son marteau et de son ciseau ». Il cultivait également une vision sereine de la mort, qu'il considérait comme une sœur ouvrant la porte de l'éternité, écrivant que toutes nos œuvres, pensées et paroles devaient être une préparation à la mort afin de pouvoir l'accueillir à tout moment comme une amie. Son héritage demeure vivant à Düsseldorf à travers la « Bruder FirminusKlause » (la Taverne du Frère Firminius), une soupe populaire située à côté de l'église Sainte-Marie, qui perpétue son œuvre auprès des sans-abris et des personnes démunies en distribuant quotidiennement entre 150 et 200 repas chauds. Chaque année, la ville célèbre la « Semaine du Frère Firminius » (Bruder-Firminus-Woche) à la fin du mois de septembre. Dans sa ville natale de Massenbachhausen, sa maison natale (l'ancienne synagogue) a été sauvée de la démolition grâce à l'action de bénévoles et privée d'inauguration en 2010 sous le nom de « Firminushaus », servant de lieu de mémoire et de centre communautaire.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1876-1939
- Décret de vénérabilité par Jean-Paul II
Citations
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Ce n'est qu'à partir de son union avec Dieu et de son esprit de prière que l'on comprend sa création artistique. Ce dont son cœur était si rempli devait déborder non seulement de sa bouche, mais aussi de son marteau et de son ciseau
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