Nicolò Cortese
Prêtre franciscain conventuel italien, le père Placido Cortese (1907-1944) a dirigé la revue Il Messaggero di Sant'Antonio et sauvé des centaines de Juifs et de réfugiés durant la Seconde Guerre mondiale avant de mourir sous la torture de la Gestapo.
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Biographie
Jeunesse de Nicolò Matteo Cortese à Cherso, son entrée chez les franciscains et son ordination sacerdotale à Rome.
Nicolò Matteo Cortese naît le 7 mars 1907 à Cherso (aujourd'hui Cres, en Croatie), sur l'île du même nom située dans le golfe du Quarnaro. À sa naissance, l'île appartient à l'Empire austro-hongrois, avant d'être rattachée à l'Italie après la Première Guerre mondiale. Il est le fils de Matteo Cortese et d'Antonia Battaia. Attiré dès son enfance par le charisme des franciscains qui desservent l'église locale, il quitte sa famille en 1920, à l'âge de 13 ans, pour entrer au séminaire mineur des Frères Mineurs Conventuels à Camposampiero, dans la province de Padoue.\n\nEn octobre 1923, il commence son noviciat à la basilique Saint-Antoine de Padoue et prend l'habit sous le nom de frère Placido. Il prononce ses vœux simples le 10 octobre 1924. Après avoir achevé ses études secondaires à Cherso, il est envoyé à Rome pour sa formation théologique à la Faculté pontificale Saint-Bonaventure. Il y prononce ses vœux solennels le 4 octobre 1928 et est ordonné prêtre le 6 juillet 1930 dans l'église du Pontifical Séminaire Romain. Il célèbre sa première messe en la basilique Sainte-Marie-Majeure.
Vie et œuvre
Ministère pastoral à Padoue et Milan, direction de la revue Il Messaggero di Sant'Antonio, et mise en place d'un réseau clandestin de sauvetage durant la guerre.
Après son ordination, le père Placido exerce d'abord son ministère comme vicaire à la basilique Saint-Antoine de Padoue de 1931 à 1933, se consacrant particulièrement au sacrement de la réconciliation et à l'accompagnement spirituel de la jeunesse. En décembre 1933, ses supérieurs l'envoient à Milan pour desservir la paroisse de l'Immacolata e Sant'Antonio (viale Corsica), alors en pleine construction.\n\nEn janvier 1937, il est rappelé à Padoue pour prendre la direction de la célèbre revue Il Messaggero di Sant'Antonio (Le Messager de Saint-Antoine). Sous sa direction, qui se poursuit jusqu'en juillet 1943, la revue connaît un développement exceptionnel, son tirage passant de 200 000 à près de 800 000 abonnés. En 1939, il fonde également la Tipografia antoniana (Imprimerie antonienne) afin de moderniser l'activité éditoriale de la province franciscaine.\n\nPendant la Seconde Guerre mondiale, à la suite de l'occupation de la Yougoslavie et de l'établissement du camp de concentration fasciste de Chiesanuova (dans la banlieue de Padoue), le père Placido est chargé par le nonce apostolique en Italie, Mgr Francesco Borgongini Duca, d'apporter une assistance spirituelle et matérielle aux internés slovènes et croates.\n\nAprès l'armistice du 8 septembre 1943, face à l'occupation allemande et à la persécution nazie-fasciste, son action caritative se transforme en un vaste réseau de sauvetage clandestin. Depuis son confessionnal de la basilique de Padoue, il coordonne la fuite de centaines de personnes : Juifs, soldats alliés évadés, prisonniers politiques et réfugiés. Les contacts l'approchaient sous le prétexte de la confession et utilisaient des codes secrets (par exemple, demander « cinq œufs » signifiait qu'il fallait fabriquer de faux papiers d'identité pour temps de personnes afin de leur permettre de passer la frontière suisse). Il collabore étroitement avec la résistance locale (notamment le groupe FRA-MA) et s'entoure de collaboratrices dévouées, parmi lesquelles les sœurs Martini et Maria Borgato.
Cheminement vers la sainteté
Arrestation par la Gestapo, détention à Trieste, tortures héroïquement endurées dans le silence et mort en martyr.
Bien qu'averti des risques extrêmes qu'il encourt et de la surveillance de la police, le père Placido refuse d'interrompre son œuvre de sauvetage. Le 8 octobre 1944, vers 13 h 55, deux agents de la Gestapo (se faisant passer pour des partisans ayant besoin d'aide) l'attirent hors de l'enceinte de la basilique Saint-Antoine, au niveau du cloître des Magnolias. Il est contraint de monter dans une voiture qui l'emmène directement au siège de la Gestapo, Piazza Oberdan à Trieste.\n\nIncarcéré dans le bunker de la Gestapo, il est soumis pendant plusieurs semaines à d'effroyables interrogatoires et à des tortures barbares visant à lui faire dénoncer ses complices et les bénéficiaires de son réseau. Le père Placido oppose à ses bourreaux un silence héroïque et absolu, protégeant ainsi la vie de ses collaborateurs. Il meurt sous la torture au début du mois de novembre 1944 (les historiens situent sa mort entre le 3 et le 15 novembre). Son corps est ensuite brûlé dans le four crématoire du camp de concentration de la Risiera di San Sabba à Trieste, et ses cendres sont dispersées.
Béatification et canonisation
Ouverture de la cause de béatification à Trieste et reconnaissance de ses vertus héroïques par le Pape François en 2021.
La cause de béatification et de canonisation du père Placido Cortese est officiellement ouverte dans le diocèse de Trieste. L'enquête diocésaine sur sa vie, ses vertus et son martyre présumé débute le 29 janvier 2002 et se clôture le 15 novembre 2003.\n\nLe 30 août 2021, le Pape François reçoit en audience le cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, et autorise la promulgation du décret reconnaissant les vertus héroïques du Serviteur de Dieu, le déclarant ainsi Vénérable.
Spiritualité et héritage
Charité franciscaine sans frontières, hommages posthumes et postérité du 'Kolbe de Cherso'.
La spiritualité du père Placido Cortese repose sur une charité franciscaine vécue sans limites ni distinctions de race, de religion ou de nationalité. Le décret sur ses vertus héroïques souligne son abandon confiant à la volonté de Dieu et son optimisme surnaturel au milieu des épreuves. Son confessionnal, devenu à la fois le lieu de la miséricorde divine et le centre d'un réseau de salut temporel, demeure le symbole de sa double fidélité à Dieu et aux hommes.\n\nSurnommé le « Kolbe de Cherso » ou le « martyr du silence », il a reçu de nombreux hommages civils et religieux. En 1946, le général britannique Alexander lui décerne un certificat de gratitude pour l'aide apportée aux forces alliées. En 1948, le président tchécoslovaque Edvard Beneš lui attribue la Croix de bronze à titre posthume. En janvier 2021, une Stolperstein (pierre d'achoppement) a été scellée devant la basilique Saint-Antoine de Padoue, à l'endroit exact de son enlèvement, pour perpétuer la mémoire de son sacrifice.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1907-1944
- Décret de vénérabilité par François