Juan Sánchez Hernández
Prêtre espagnol (1902-1975), membre de la Fraternité des Prêtres ouvriers diocésains et fondateur de l'Institut séculier des Servantes séculières de Jésus-Christ Prêtre.
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Biographie
Jeunesse, formation et débuts du ministère sacerdotal de Juan Sánchez Hernández.
Juan Sánchez Hernández naît le 9 novembre 1902 à Villanueva del Campillo, dans la province d'Ávila en Espagne. Fils posthume, son père, également prénommé Juan, meurt deux mois avant sa naissance. Sa mère, Teresa, se retrouve veuve avec trois enfants survivants (sur cinq naissances) et retourne s'installer dans son village natal de Pascualcobo pour y travailler. Élevé dans une grande pauvreté matérielle mais au sein d'une famille profondément pieuse, le jeune Juan ressent très tôt l'appel du sacerdoce.
En 1913, la famille s'installe à Salamanque pour lui permettre d'étudier au séminaire comme élève externe, les ressources familiales ne permettant pas de payer l'internat. En 1922, il intègre le Grand Séminaire de Salamanque, alors dirigé par la Fraternité des Prêtres ouvriers diocésains du Sacré-Cœur de Jésus. Attiré par leur charisme, il entre comme aspirant dans cette fraternité en septembre 1924 à Tortose. Il est ordonné prêtre le 26 juillet 1925 à Burgos.
Peu après son ordination, alors qu'il exerce son ministère à Burgos, il contracte une grave tuberculose fibrocaséeuse. Soigné au sanatorium de Panticosa, cette épreuve de la maladie marque durablement sa vie et forge sa profonde sensibilité envers les malades et la valeur rédemptrice de la souffrance. Il exerce ensuite comme préfet puis recteur au séminaire de Plasencia (1928-1938), puis comme directeur spirituel au Collège pontifical espagnol de Rome (1938-1943). De retour en Espagne, il occupe des charges de gouvernement au sein de sa fraternité, notamment comme secrétaire général de 1951 à 1957, résidant à Madrid à partir de 1952.
Vie et œuvre
Fondation de l'Institut séculier des Servantes séculières de Jésus-Christ Prêtre et autres initiatives pastorales.
Le cœur de l'œuvre de Juan Sánchez Hernández réside dans la fondation de l'Institut séculier féminin des Servantes séculières de Jésus-Christ Prêtre (Siervas Seglares de Jesucristo Sacerdote).
L'inspiration de cette fondation lui vient lors d'un temps de prière devant le Saint-Sacrement à l'église du Corpus Christi (le monastère des moniales hiéronymites, dit « Las Carboneras ») à Madrid. Conscient des besoins spirituels et pastoraux des prêtres et des séminaristes qu'il accompagne depuis des décennies, il conçoit l'idée d'un institut féminin dont les membres consacreraient leur vie à soutenir le ministère sacerdotal.
En 1954, en collaboration avec María Josefa Cortijo Corral, il fonde officiellement l'institut. Les membres de cette œuvre, appelées à vivre leur consécration au cœur du monde (sécularité), s'engagent à soutenir les prêtres par la prière, l'offrande de leur vie, et une collaboration active à leur mission pastorale. L'institut est d'abord approuvé comme Union Pieuse le 2 février 1957, puis érigé en institut séculier de droit diocésain le 8 décembre 1965 par l'archevêque de Madrid, coïncidant avec le jour de la clôture du Concile Vatican II. Il sera reconnu de droit pontifical le 8 décembre 1985.
Pour se consacrer pleinement au développement et à l'accompagnement spirituel de l'institut, Juan Sánchez Hernández est libéré de ses charges au sein des Prêtres ouvriers diocésains de 1960 à 1966, exerçant comme aumônier-conseiller. Soucieux d'aider concrètement le clergé, il est également à l'origine de la création des librairies catholiques ARS et d'une association d'aide aux familles des prêtres.
Cheminement vers la sainteté
Dernières années, mort et ouverture de la cause de béatification.
Après une vie entièrement donnée au service du sacerdoce, la santé de Juan Sánchez Hernández décline fortement au début des années 1970. En juillet 1975, malgré une extrême faiblesse physique, il tient à se rendre à Aguarón (province de Saragosse) pour assister à l'Assemblée générale de son institut. Le 6 juillet 1975, he est victime d'un grave malaise cardiaque dans la chapelle d'Aguarón. Sur avis médical, il est transféré à Madrid où il s'éteint paisiblement le 18 juillet 1975, à la maison de formation "San Juan de Ávila", seulement huit jours avant de pouvoir célébrer ses noces d'or sacerdotales.
Sa réputation de sainteté conduit à l'ouverture de sa cause de béatification et de canonisation. La phase diocésaine de l'enquête sur sa vie et ses vertus est instruite à Madrid du 13 mai 2000 au 10 novembre 2002. La Positio est ensuite transmise à Rome en 2006 pour y être étudiée par le Dicastère pour les Causes des Saints.
Parallèlement, une enquête diocésaine sur un miracle présumé attribué à son intercession est ouverte à l'archevêché de Saragosse en juin 2006 et clôturée en 2007, avant d'être envoyée à la Curie romaine pour examen.
Béatification et canonisation
Reconnaissance des vertus héroïques par le Pape François en 2022.
Le 5 août 2022, le Pape François reçoit en audience le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les Causes des Saints, et autorise la promulgation du décret reconnaissant les vertus héroïques du Serviteur de Dieu Juan Sánchez Hernández. Par cet acte officiel de l'Église, il est déclaré Vénérable.
Pour que sa béatification puisse être prononcée, l'approbation formelle d'un miracle par le Saint-Siège demeure nécessaire.
Spiritualité et héritage
Spiritualité sacerdotale, eucharistique et réparatrice, et postérité de son œuvre.
La spiritualité de Juan Sánchez Hernández est profondément sacerdotale, eucharistique et réparatrice. Il se définissait lui-même comme un « apôtre du sacerdoce ». Sa vie spirituelle, consignée dans son journal intime tenu de 1941 à 1975, révèle une recherche constante de la sainteté personnelle comme condition indispensable pour former des prêtres saints.
Il a développé une « spiritualité du oui », caractérisée par une disponibilité totale au service des autres, l'humilité et l'acceptation joyeuse de la souffrance unie à la Croix du Christ. Son héritage se perpétue aujourd'hui à travers l'institut des Servantes séculières de Jésus-Christ Prêtre, dont la maison-mère à Madrid abrite le « Cénacle de spiritualité sacerdotale Juan Sánchez Hernández », un lieu d'accueil, de prière et de ressourcement pour les prêtres. Ses restes mortels reposent dans la chapelle de cette même maison, située rue San Juan de Ávila à Madrid.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1902-1975
- Décret de vénérabilité par François