15 juin 19ᵉ siècle

Choe Yang-Eop Thomas

Thomas Choe Yang-eop (1821-1861) est le deuxième prêtre catholique d'origine coréenne. Surnommé le 'Martyr de la sueur', il a consacré sa vie à un ministère pastoral clandestin et itinérant extrêmement éprouvant.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

La jeunesse de Thomas Choe Yang-eop, sa famille de martyrs, sa formation sacerdotale à Macao et ses premières épreuves.

Thomas Choe Yang-eop naît le 1er mars 1821 à Saeteo, un village catholique situé dans le district de Cheongyang (province de Chungcheong, dans l'actuelle Corée du Sud). Il est le fils aîné d'une famille profondément chrétienne et marquée par le témoignage de la foi : son père est saint François Choe Kyeong-hwan (martyrisé en 1839 et canonisé en 1984) et sa mère est la bienheureuse Marie Yi Seong-rye (martyrisée en 1840 et béatifiée en 2014). Durant son enfance, pour échapper aux persécutions féroces menées par la dynastie Joseon contre les chrétiens, il doit fuir de lieu en lieu avec sa famille, qui finit par s'établir à Surisan (Anyang, province de Gyeonggi).\n\nEn 1836, le père Pierre Maubant, missionnaire de la Société des Missions Étrangères de Paris (MEP), remarque les qualités exceptionnelles du jeune Thomas et décide de le prendre comme séminariste. À partir du 6 février 1836, Thomas reçoit ses premières leçons de latin chez le missionnaire. Il est sélectionné aux côtés d'André Kim Taegon (qui deviendra le premier prêtre coréen) et de François Xavier Choe pour suivre une formation sacerdotale à l'étranger. Le 3 décembre 1836, après avoir prêté serment d'obéissance sur la Bible, les jeunes séminaristes entament un long et périlleux voyage vers Macao, où ils arrivent le 7 juin 1837.\n\nSes années d'études sont semées d'épreuves. En novembre 1837, son compagnon François Xavier Choe meurt de la fièvre. En 1839, en raison de troubles politiques à Macao, Thomas doit se réfugier temporairement à Manille, aux Philippines, avant de pouvoir y retourner à la fin de l'année. En avril 1842, il quitte définitivement Macao à bord de navires français en qualité d'interprète, cherchant sans relâche un moyen de rentrer clandestinement dans sa patrie pour y exercer son ministère.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Son ordination sacerdotale à Shanghai, son retour clandestin en Corée et son ministère pastoral intense comme 'Martyr de la sueur'.

Thomas Choe Yang-eop est ordonné prêtre le 15 avril 1849 à Shanghai par l'évêque franciscain Mgr Francesco Xavier Maresca. Il devient ainsi le deuxième prêtre catholique d'origine coréenne, marchant sur les traces de son compagnon d'études, saint André Kim Taegon, martyrisé en 1846.\n\nÀ la fin de l'année 1849, le père Thomas parvient enfin à rentrer en Corée. Durant onze ans et demi, il se consacre entièrement à un ministère pastoral clandestin d'une intensité extraordinaire, sous la direction de Mgr Siméon-François Berneux. Alors que l'Église de Corée subit toujours de violentes vagues de persécution, il parcourt inlassablement les régions montagneuses et reculées du sud du pays pour visiter les communautés chrétiennes cachées.\n\nSurnommé le « Martyr de la sueur » (par opposition au « martyr du sang » qu'a été André Kim Taegon), le père Thomas ne meurt pas exécuté, mais consume sa vie dans un labeur physique et spirituel épuisant. Chaque année, il parcourt à pied plus de 2 800 kilomètres à travers des sentiers escarpés pour rejoindre les fidèles isolés. Il confesse environ 4 000 personnes par an et administre les sacrements dans le secret le plus strict.\n\nSoucieux de l'instruction religieuse des fidèles, souvent pauvres et illettrés, il compose vers 1850 des chants catéchétiques simples en langue vernaculaire, connus sous le nom de Cheonjugasa (天主歌辭). Ces cantiques faciles à mémoriser permettent aux chrétiens de transmettre et de conserver la foi de génération en génération. Il traduit également des catéchismes et des textes liturgiques pour structurer l'Église naissante.

Culte 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Sa mort de la typhoïde en 1861, sa sépulture à Baeron et l'introduction de sa cause de béatification en 2001.

Épuisé par ce rythme de vie harassant et par les privations, le père Thomas contracte la fièvre typhoïde lors d'une de ses tournées pastorales. Il s'éteint le 15 juin 1861 à Jincheon (province de Chungcheong) à l'âge de 40 ans seulement.\n\nIl est inhumé au sanctuaire de Baeron (Jecheon, province de Chungcheong du Nord), sur la colline située derrière le séminaire Saint-Joseph, qui fut la première école de théologie de Corée. Son tombeau est rapidement devenu un lieu de mémoire et de dévotion pour les catholiques coréens.\n\nLa cause de béatification du père Thomas Choe Yang-eop est officiellement introduite par la Conférence des évêques catholiques de Corée en 2001. Le 5 mars 2004, la Congrégation pour les Causes des Saints accorde le décret de compétence ecclésiastique et le nihil obstat, lui conférant le titre de Serviteur de Dieu. Cette cause revêt une importance historique majeure, car elle est la première introduite pour un fidèle coréen non martyr.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

La déclaration de ses vertus héroïques par le pape François en 2016 et l'avancement de sa cause avec l'avis favorable sur une guérison en 2026.

Le 26 avril 2016, le pape François franchit une étape essentielle en autorisant la promulgation du décret reconnaissant l'héroïcité des vertus du Serviteur de Dieu, lui attribuant ainsi le titre de Vénérable.\n\nEn mars 2026, la cause de béatification connaît une avancée majeure. La Commission médicale du Dicastère pour les Causes des Saints rend un avis favorable concernant une guérison présumée attribuée à l'intercession du vénérable Thomas Choe. Les experts médicaux ont conclu que cette guérison ne pouvait être expliquée par l'état actuel de la science médicale. Ce dossier est actuellement soumis à l'examen des théologiens et des cardinaux du Dicastère, ouvrant concrètement la voie à sa future béatification.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

Sa spiritualité d'abandon à la Providence, ses lettres pastorales, son rôle de pionnier de l'inculturation et son portrait officiel reconstitué en 2026.

La spiritualité du vénérable Thomas Choe Yang-eop repose sur un abandon total à la Providence et une charité pastorale sans limites. Ses écrits, en particulier ses 19 lettres rédigées en latin à l'attention de ses formateurs et supérieurs de la Société des Missions Étrangères de Paris (publiées en français sous le titre Lettres et écrits aux Éditions du Cerf en 2023), révèlent une âme profondément unie à Dieu au milieu des tribulations. Ses écrits témoignent également d'un sens aigu de l'observation sociologique et d'une grande compassion pour les souffrances physiques et morales de ses compatriotes persécutés.\n\nEn tant que pionnier de l'inculturation, il a su adapter la liturgie et la catéchèse à la culture coréenne, notamment par l'usage des chants traditionnels Cheonjugasa. Son héritage demeure vivant à travers le sanctuaire de Baeron, haut lieu de pèlerinage où des milliers de fidèles viennent chaque année honorer la mémoire de ce pasteur infatigable. En 2026, à l'occasion du 177e anniversaire de son ordination, le diocèse de Wonju a dévoilé un nouveau portrait officiel du vénérable, réalisé grâce à une reconstruction médico-légale de ses restes mortels, témoignant de l'attachement profond de l'Église coréenne à sa figure historique et spirituelle.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1821-1861
  2. Décret de vénérabilité par François

Miracles

  1. Une guérison inexpliquée attribuée à son intercession, ayant reçu un avis favorable de la Commission médicale du Dicastère pour les Causes des Saints en mars 2026.