31 decembre 16ᵉ siècle

Alonzo de Barcena

Alonzo de Barcena (1530-1597) est un prêtre jésuite espagnol, missionnaire en Amérique du Sud. Surnommé le 'François Xavier des Indes occidentales', il s'est distingué par son apprentissage de nombreuses langues indigènes et son action d'évangélisation respectueuse des cultures locales.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Jeunesse, études en Espagne, influence de Juan de Ávila et entrée dans la Compagnie de Jésus avant son départ pour le Pérou.

Alonso de Barzana (également orthographié Alonzo de Barcena) naît en 1530 à Belinchón, dans la province de Cuenca en Espagne. Après avoir effectué ses premières études dans sa ville natale, il s'installe à Baeza pour y poursuivre son cursus universitaire. Il y obtient les grades de maître en arts et de bachelier en théologie en 1557. Durant cette période, il devient le disciple de Juan de Ávila, qui exerce une profonde influence sur sa vocation.\n\nOrdonné prêtre diocésain en 1555, il se consacre pendant dix ans à la prédication et à l'enseignement à l'université de Baeza, acquérant une grande renommée dans toute l'Andalousie. Ressentant un appel pressant pour la vie religieuse et les missions lointaines, il entre au noviciat de la Compagnie de Jésus à Séville le 28 août 1565, à l'âge de 35 ans. Animé par un désir ardent d'évangéliser le Nouveau Monde, il sollicite à plusieurs reprises le Supérieur général de l'Ordre, Francisco de Borja, pour être envoyé en mission. Sa demande est acceptée et il s'embarque pour le Pérou le 19 mars 1569, accompagné de onze autres jésuites.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Près de trente ans d'apostolat en Amérique du Sud, apprentissage des langues indigènes et fondation de missions.

Le père Alonso de Barzana consacre près de trente ans de sa vie à l'évangélisation des populations autochtones d'Amérique du Sud, parcourant des milliers de kilomètres à travers les territoires actuels du Pérou, de la Bolivie, de l'Argentine et du Paraguay.\n\nDès la traversée maritime qui dure huit mois, il se distingue par ses facultés linguistiques exceptionnelles en apprenant les rudiments du quechua. À son arrivée à Lima, il commence immédiatement son ministère auprès des indigènes vivant dans les faubourgs de la ville. En 1571, il est envoyé au collège de Cusco. C'est là qu'il est chargé de la difficile mission de catéchiser et d'accompagner spirituellement le dernier souverain inca, Túpac Amaru, avant son exécution par les autorités espagnoles sous le gouvernement du vice-roi Francisco de Toledo.\n\nEn 1574, il s'établit à Potosí (Bolivie) et étend son action apostolique à la région du lac Titicaca (Pérou) ainsi qu'à La Paz (Bolivie). Il participe activement à la fondation de la célèbre mission de Juli en 1577, qui servira de modèle pour les futures réductions jésuites. Plus tard, il est envoyé dans la province de Tucumán (Argentine) et au Paraguay, où il évangélise de nombreuses tribus, notamment les Tobas, les Mocobíes, les Diaguitas et les Chiriguanos.\n\nSurnommé par ses contemporains le « François Xavier des Indes occidentales », le père Barzana fonde sa méthode missionnaire sur trois piliers : l'intégrité des mœurs, la solidité de la doctrine et la maîtrise absolue des langues locales. Il parvient à maîtriser plus d'une dizaine de langues et dialectes indigènes (dont le quechua, l'aymara, le puquina, le chiriguano, le tonocoté et le kakán). Il rédige des grammaires, des dictionnaires et des catéchismes dans ces langues afin de faciliter le travail des futurs missionnaires. Il collabore également à la traduction en quechua et en aymara du catéchisme de José de Acosta, promulgué lors du troisième concile provincial de Lima (1582-1583).

Culte 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Maladie, mort à Cusco en 1597 et ouverture de l'enquête diocésaine au XXIe siècle.

Épuisé par ses travaux apostoliques incessants et ses longs voyages à pied, le père Barzana est frappé par une paralysie le 20 décembre 1596. En janvier 1597, son supérieur provincial lui ordonne de rentrer à Lima pour y recevoir des soins appropriés. Cependant, sa santé déclinante ne lui permet pas d'achever le voyage : après une halte à Salta, il s'éteint à Cusco le 31 décembre 1597.\n\nSa réputation de sainteté et de dévouement héroïque auprès des populations indigènes se répand immédiatement après sa mort. Un premier procès de béatification est initié au XVIIe siècle, mais les documents sont en grande partie perdus ou oubliés à la suite de l'expulsion des jésuites d'Espagne et de ses colonies au XVIIIe siècle.\n\nL'intérêt pour sa cause est relancé au XXIe siècle, notamment sous l'impulsion du pape François, qui a exprimé son admiration pour ce pionnier de l'évangélisation en Amérique latine. L'enquête diocésaine sur sa renommée de sainteté et ses vertus est officiellement ouverte à Cusco le 23 novembre 2016 et clôturée le 22 décembre de la même année. La validité juridique de cette enquête est reconnue par la Congrégation pour les Causes des Saints le 16 mars 2017.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

Reconnaissance des vertus héroïques par le pape François en 2017.

Le 18 décembre 2017, le pape François autorise la promulgation du décret reconnaissant les vertus héroïques du serviteur de Dieu Alonso de Barzana, lui conférant ainsi le titre de vénérable de l'Église catholique.\n\nPour que sa béatification puisse être prononcée, la reconnaissance officielle d'un miracle attribué à son intercession par le Dicastère pour les Causes des Saints est requise.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

Spiritualité ignatienne, respect des cultures autochtones et travaux linguistiques pionniers.

La spiritualité d'Alonso de Barzana est profondément marquée par les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, alliant une intense vie contemplative à une action missionnaire infatigable. Sa dévotion eucharistique et mariale soutenait son zèle pastoral au milieu des privations et des dangers physiques.\n\nSon héritage réside principalement dans son approche respectueuse des cultures autochtones. En refusant d'imposer la foi par la contrainte et en s'efforçant de comprendre intimement la pensée des indigènes à travers l'étude rigoureuse de leurs langues, il a été un précurseur de l'inculturation de l'Évangile. Ses travaux linguistiques, bien que partiellement perdus, ont jeté les bases de la philologie et de la lexicographie des langues amérindiennes du cône Sud.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.