Jérôme Lejeune
Médecin et généticien français, Jérôme Lejeune a découvert la trisomie 21 en 1958. Engagé pour la défense de la vie humaine, il a été déclaré vénérable en 2021.
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Biographie
Jeunesse, études de médecine et mariage de Jérôme Lejeune.
Jérôme Lejeune est né le 13 juin 1926 à Montrouge, en banlieue parisienne, au sein d'une famille que les épreuves de la Seconde Guerre mondiale laisseront ruinée. Dès son adolescence, il est profondément marqué par la lecture de Blaise Pascal et d'Honoré de Balzac, en particulier par le personnage du docteur Benassis dans Le Médecin de campagne, qui fait naître en lui le désir de devenir médecin pour soigner les plus pauvres. Après la guerre, il entreprend de brillantes études de médecine à Paris. En 1951, il fait la rencontre de Birthe Bringsted, une jeune Danoise qu'il épouse le 1er mai 1952 à Odense, au Danemark, et qui se convertira au catholicisme. Ensemble, ils auront cinq enfants. En 1952, il rejoint l'équipe du professeur Raymond Turpin à l'hôpital Saint-Louis, puis à l'hôpital Trousseau, pour s'occuper d'enfants atteints de ce que l'on appelait alors le « mongolisme ». Bouleversé par la détresse de ces enfants et de leurs familles, souvent rejetés par la société, il décide de consacrer sa vie à la recherche d'un traitement pour les guérir.
Vie et œuvre
Découverte de la trisomie 21 et engagement pour la défense de la vie.
En juillet 1958, au sein du laboratoire du professeur Turpin et en collaboration avec la chercheuse Marthe Gautier, Jérôme Lejeune met en évidence la présence d'un chromosome surnuméraire sur la 21e paire chez un enfant atteint de mongolisme. Cette découverte majeure est publiée le 26 janvier 1959 dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences sous les signatures de Lejeune, Gautier et Turpin. Pour la première fois dans l'histoire de la médecine, un lien scientifique est établi entre une déficience intellectuelle et une anomalie chromosomique. Cette anomalie est désormais appelée « trisomie 21 ». Cette découverte vaut à Jérôme Lejeune une immense reconnaissance internationale. En 1962, il reçoit le prestigieux prix Kennedy des mains du président John F. Kennedy. En 1964, la première chaire de génétique fondamentale est créée pour lui à la Faculté de médecine de Paris. Il poursuit ses recherches à l'hôpital Necker-Enfants Malades, découvrant d'autres anomalies chromosomiques, comme le syndrome du cri du chat (ou syndrome de Lejeune). Cependant, à partir des années 1970, Jérôme Lejeune constate avec douleur que sa découverte, qui devait servir à guérir les malades, est principalement utilisée pour les dépister in utero afin de les éliminer par l'avortement. Fidèle à sa vocation de médecin et à sa foi chrétienne, il s'engage alors publiquement et avec force pour la défense de la vie humaine dès la conception. Cet engagement prophétique, notamment contre la loi Veil en France, lui vaut d'être progressivement mis au ban de la communauté scientifique internationale et d'être privé de soutiens financiers pour ses recherches, renonçant ainsi à une probable candidature au prix Nobel.
Cheminement vers la sainteté
L'union de la science et de la foi, et la charité héroïque auprès des plus pauvres.
La vie de Jérôme Lejeune est un témoignage d'unité profonde entre la science et la foi. Pour lui, la recherche de la vérité scientifique ne pouvait se détacher du respect absolu de la Création et de la dignité de chaque être humain, image de Dieu. Son action quotidienne auprès de ses patients était habitée par une charité héroïque. Il voyait dans les enfants trisomiques « les plus pauvres parmi les pauvres » et s'efforçait de soigner en eux les plaies du Christ, en vivant pleinement la parole de l'Évangile : « Ce que vous avez fait au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait » (Matthieu 25, 40). Sa droiture morale et son refus de toute compromission éthique, malgré les attaques violentes et le rejet de ses pairs, témoignent de sa force d'âme et de son espérance chrétienne. Proche du pape saint Jean-Paul II, avec qui il partageait une profonde amitié et une vision commune de la défense de la vie, il est nommé par ce dernier premier président de la nouvelle Académie pontificale pour la vie en février 1994. Atteint d'un cancer du poumon, il s'éteint le 3 avril 1994, au matin de Pâques, en laissant un héritage spirituel et scientifique immense.
Béatification et canonisation
Ouverture de la cause de béatification et reconnaissance de l'héroïcité des vertus.
La cause de béatification et de canonisation de Jérôme Lejeune a été officiellement ouverte le 28 juin 2007 par l'archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois. L'enquête diocésaine, menée sous la direction de Dom Jean-Charles Nault (alors père abbé de l'abbaye de Saint-Wandrille) et assistée par la postulatrice laïque Aude Dugast, s'est clôturée solennellement le 11 avril 2012 en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Les cartons contenant les milliers de documents et témoignages ont ensuite été envoyés à Rome, auprès de la Congrégation pour les causes des saints. Après l'examen de la Positio et le vote positif des théologiens puis des cardinaux, le pape François a signé le 21 janvier 2021 le décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus théologales et cardinales, le déclarant ainsi « vénérable ». Pour que sa béatification soit prononcée, l'Église catholique doit désormais reconnaître un miracle formel attribué à son intercession.
Spiritualité et héritage
La Fondation Jérôme Lejeune et l'hommage de saint Jean-Paul II.
La spiritualité de Jérôme Lejeune repose sur une confiance absolue en Dieu Créateur et sur l'amour inconditionnel des plus fragiles. Il aimait répéter que « la qualité d'une civilisation se mesure au respect qu'elle porte aux plus faibles de ses membres ». Sa vie de prière, humble et quotidienne, était ancrée dans sa vie de famille et son travail de médecin. Son héritage se perpétue aujourd'hui à travers la Fondation Jérôme Lejeune, créée en 1995-1996 par ses proches pour poursuivre ses trois missions : chercher un traitement pour les déficiences intellectuelles d'origine génétique, soigner les patients à travers l'Institut Jérôme Lejeune (créé en 1997), et défendre la dignité de la vie humaine. En août 1997, lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Paris, le pape saint Jean-Paul II a tenu à se rendre personnellement sur sa tombe au cimetière de Châlo-Saint-Mars pour lui rendre hommage. En juin 2026, le pape a reçu en audience les membres de la Fondation pour marquer le centenaire de sa naissance, saluant en lui un « homme de science et de sagesse ».
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1994
- Décret de vénérabilité en 2021 par François
Citations
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Ce que vous avez fait au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait
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la qualité d'une civilisation se mesure au respect qu'elle porte aux plus faibles de ses membres
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