24 mars 19ᵉ siècle

Maria Teresa Camera

Maria Teresa Camera (1818-1894) est une religieuse italienne, fondatrice de la Congrégation des Filles de Notre-Dame de la Piété, reconnue vénérable par le pape François en 2019.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Jeunesse et débuts de la vie consacrée de Maria Teresa Camera à Ovada.

Maria Teresa Camera (appelée familièrement « Marietta » dans son enfance) est née le 8 octobre 1818 à San Lorenzo, un hameau de la commune d'Ovada, dans la province d'Alessandrie (Piémont, Italie). Elle est issue d'une famille très modeste de métayers, ses parents étant Angelo Camera et Caterina Merialdi. Son enfance est marquée par la pauvreté, le travail de la terre et une profonde piété, notamment une dévotion précoce envers le Christ crucifié et l'Eucharistie. À l'âge de vingt ans, elle s'associe à la compagnie des Ursulines tout en restant dans sa famille, vivant comme une « religieuse à la maison ». Après la mort de son père en 1848, puis de sa mère en 1849, elle suit les conseils de son directeur spirituel, le père capucin Pietro Aurelli, et s'installe à Ovada. Elle y loue deux petites pièces près de l'église San Domenico et commence à se consacrer entièrement à l'assistance à domicile des malades, des pauvres et des mourants. Son dévouement attire rapidement quatre compagnes qui décident de partager sa vie de prière et de charité. Ce petit groupe, vivant dans une grande pauvreté et offrant ses services gratuitement, est bientôt connu sous le nom de « Térésiennes » (Teresiane).

Fondation 02 / 05

Vie et œuvre

La fondation et le développement de la Congrégation des Filles de Notre-Dame de la Piété.

L'œuvre de Maria Teresa Camera est indissociable de la fondation de la Congrégation des Filles de Notre-Dame de la Piété (Figlie di Nostra Signora della Pietà). En 1854, lors d'une épidémie de choléra à Ovada, Maria Teresa et ses compagnes se distinguent par leur assistance héroïque et gratuite auprès des malades. En 1856, un prêtre d'Ovada, don Tito Borgatta, qui dirigeait plusieurs œuvres caritatives, leur propose de s'installer dans des locaux adjacents à l'établissement des Mères Pies de Notre-Dame (Madri Pie). En échange de ce logement, les Térésiennes aident les Mères Pies et collaborent aux œuvres de don Borgatta (notamment au sein de l'Opera Pia San Tito). Cette période de cohabitation s'avère toutefois difficile pour la communauté, don Borgatta tendant à s'imposer comme le fondateur et limitant leur autonomie financière. Malgré ces épreuves, Maria Teresa exhorte ses sœurs à la patience et à la confiance absolue en la Providence. Le tournant décisif pour la communauté intervient en 1889 avec la nomination de saint Joseph Marello (Giuseppe Marello) comme évêque d'Acqui. Sensible à leur dévouement, l'évêque, secondé par son vicaire général Mgr Pagella, entreprend de structurer canoniquement le groupe. En 1890, les sœurs se constituent en Union pieuse. Le 4 mars 1892, Mgr Marello approuve les premières Constitutions des Térésiennes ad experimentum pour une durée de cinq ans. En mai 1893, Maria Teresa Camera et ses compagnes prononcent leurs premiers vœux religieux publics (pauvreté, obéissance et chasteté). Après la mort de la fondatrice en 1894, la congrégation poursuit son développement sous la direction de sa successeure, sœur Angela Bensi. En 1895, les sœurs s'installent à Asti pour servir à l'Institut Santa Chiara (un hospice pour malades chroniques et orphelins acquis par Mgr Marello). En 1898, elles y établissent leur maison-mère et leur noviciat. En décembre 1923, Mgr Luigi Spandre, évêque d'Asti, érige la communauté en congrégation de droit diocésain sous le nom de « Filles de la Piété ». En 1931, la congrégation prend officiellement le titre de « Filles de Notre-Dame de la Piété ». Enfin, en 1973, l'institut reçoit le décret pontifical de louange (decretum laudis), devenant une congrégation de droit pontifical.

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Cheminement vers la sainteté

Les dernières années de maladie de Maria Teresa Camera et l'ouverture de sa cause.

Maria Teresa Camera passe les dernières années de sa vie marquée par la maladie, souffrant de déclin physique et de graves crises respiratoires, qu'elle endure dans le silence et l'union au Christ souffrant. Elle s'éteint le 24 mars 1894, jour du Samedi Saint, à Ovada, à l'âge de 75 ans. Elle laisse derrière elle une réputation de sainteté solidement établie auprès des pauvres et des malades de sa région, qui l'appelaient affectueusement « l'ange consolateur d'Ovada ». La cause de béatification et de canonisation de Maria Teresa Camera a été ouverte au niveau diocésain pour examiner l'héroïcité de ses vertus. Après la clôture de l'enquête diocésaine, le dossier a été transmis à Rome, auprès de la Congrégation (aujourd'hui Dicastère) pour les Causes des Saints.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

La reconnaissance des vertus héroïques de Maria Teresa Camera par le pape François.

Le 19 mars 2019, le pape François a reçu en audience le cardinal Angelo Becciu, alors préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, et a autorisé la promulgation du décret reconnaissant les vertus héroïques de la Servante de Dieu Maria Teresa Camera. Par cet acte, elle est officiellement déclarée vénérable. Pour que sa béatification puisse être prononcée, la reconnaissance officielle d'un miracle attribué à son intercession est requise par l'Église catholique.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

La spiritualité christocentrique de Maria Teresa Camera et l'expansion de sa congrégation.

La spiritualité de Maria Teresa Camera est profondément christocentrique et marquée par la contemplation de Jésus Crucifié, une dévotion qu'elle a notamment nourrie au contact de la spiritualité de saint Paul de la Croix (fondateur des Passionistes, lui aussi originaire d'Ovada). Pour elle, le service des pauvres et des malades n'était pas une simple assistance sociale, mais la reconnaissance directe du Christ souffrant sur la Croix à travers les membres les plus nécessiteux de la société. Elle a enseigné à ses sœurs l'humilité, le silence, l'esprit de sacrifice et l'abandon total à la Divine Providence. Aujourd'hui, les Filles de Notre-Dame de la Piété poursuivent l'œuvre de leur fondatrice en se consacrant à l'éducation de la jeunesse, à l'assistance aux malades et aux personnes âgées. Outre l'Italie (où se trouve leur maison généralice à Asti), les sœurs sont également présentes au Pérou, en Colombie, aux Philippines et aux îles Salomon.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1818-1894
  2. Décret de vénérabilité par François