Giuseppina Catanea
Giuseppina Catanea (1894-1948), en religion Sœur Maria Giuseppina di Gesù Crocifisso, est une carmélite déchaussée italienne de Naples, béatifiée en 2008.
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Biographie
Jeunesse de Giuseppina Catanea à Naples et son entrée au Carmel des Ponti Rossi malgré l'opposition familiale.
Giuseppina Catanea, connue sous son nom de religion de Sœur Maria Giuseppina di Gesù Crocifisso (Marie-Joséphine de Jésus Crucifié), est née à Naples le 18 février 1894. Issue d'une famille de la noblesse napolitaine, elle est la troisième fille de Francesco Catanea, employé des chemins de fer à Bénévent, et de Concetta, issue de la lignée des marquis Grimaldi. Surnommée affectueusement « Pinella » par ses proches, elle grandit dans un climat de piété fervente, profondément marquée par l'exemple de sa mère et de sa grand-mère maternelle, Antonietta. Dès son plus jeune âge, Pinella manifeste une sensibilité spirituelle précoce, caractérisée par un amour profond pour l'Eucharistie et une dévotion filiale envers la Vierge Marie, récitant le chapelet dès qu'elle en a l'occasion. Elle se distingue également par sa charité active envers les pauvres et les personnes âgées isolées. Après avoir achevé des études commerciales, elle ressent de manière impérieuse l'appel à la vie religieuse contemplative. Malgré l'opposition initiale de sa famille, elle franchit les portes de la communauté carmélitaine de Santa Maria ai Ponti Rossi le 10 mars 1918. Cette communauté avait été initiée par sa sœur aînée, Antonietta, avec le soutien du père carme déchaux Romualdo de Saint-Antoine. Entrée initialement pour y accomplir une neuvaine à saint Joseph, Giuseppina décide d'y demeurer définitivement, sa présence étant prolongée par les bombardements de la Première Guerre mondiale et l'épidémie de grippe espagnole qui sévit alors.
Vie et oeuvre
La vie de Giuseppina au Carmel, marquée par la maladie, sa guérison miraculeuse en 1922, et son rôle de prieure.
La vie de Giuseppina au Carmel est marquée par le sceau de la souffrance physique, qu'elle embrasse comme un moyen d'union au Christ et d'intercession pour les prêtres. Dès 1912, elle souffre de graves crises d'angine de poitrine. Sa santé, extrêmement fragile, se détériore dramatiquement après son entrée au monastère : elle est frappée par une tuberculose de la colonne vertébrale (mal de Pott) accompagnée de méningisme spinal et d'une parésie complète qui la laisse totalement paralysée et confinée au lit. Le 26 juin 1922, elle est miraculeusement et instantanément guérie de sa paralysie. Cette guérison survient après qu'elle a touché une relique du bras de saint François Xavier, apportée dans sa cellule, et à la suite d'un songe où le saint lui était apparu. La nouvelle de cette guérison soudaine se répand rapidement à l'extérieur de la clôture, et le monastère des Ponti Rossi devient le point de convergence d'une foule de pèlerins, de prêtres, de séminaristes et de personnes de toutes conditions sociales venant chercher auprès de la « monaca santa » (la sainte religieuse) des conseils, des consolations et des prières. En 1932, le Saint-Siège, sous le pontificat de Pie XI, reconnaît officiellement la maison des Ponti Rossi comme un monastère de plein droit de l'Ordre des Carmélites Déchaussées, sous le titre de « Carmel des Saints Thérèse et Joseph aux Ponti Rossi ». Le 30 janvier 1933, Giuseppina reçoit officiellement l'habit carmélitain et prend le nom de Sœur Maria Giuseppina di Gesù Crocifisso. Elle prononce ses vœux solennels le 6 août 1933. Reconnue pour sa sagesse et sa direction spirituelle, elle est nommée sous-prieure en 1934 par l'archevêque de Naples, le cardinal Alessio Ascalesi. En septembre 1945, elle est élue prieure de sa communauté, une charge qu'elle accepte par obéissance et qu'elle exercera avec une sollicitude toute maternelle jusqu'à son dernier souffle.
Cheminement vers la sainteté
Les dernières années de souffrance de Sœur Maria Giuseppina, sa mort en 1948 et l'état de son corps après son décès.
À partir de 1943, Sœur Maria Giuseppina entre dans une nouvelle phase de dépouillement et de souffrance. Elle est atteinte de multiples affections graves, notamment une sclérose en plaques, une labyrinthite auriculaire et une perte progressive de la vue qui la rend presque aveugle. En 1944, à l'âge de 50 ans, elle est de nouveau clouée dans un fauteuil roulant. Elle considère ces infirmités comme la « maladie de la volonté de Dieu », un don précieux l'unissant plus intimement au mystère de la Croix. Elle s'éteint le 14 mars 1948 à Naples, en odeur de sainteté. Après son décès, un phénomène marquant est constaté : son corps ne présente aucun signe de décomposition, restant souple, coloré et exhalant un parfum agréable. Afin de permettre à la foule immense de fidèles de lui rendre un dernier hommage, ses obsèques et sa sépulture sont différées de treize jours, jusqu'au 27 mars 1948. Des médecins de l'Université de Naples examinent sa dépouille et qualifient ce phénomène d'inexplicable.
Béatification et canonisation
Le processus de béatification de Giuseppina Catanea, de l'ouverture de la cause à la célébration solennelle en 2008.
La cause de béatification est introduite très rapidement après sa mort. Le procès informatif diocésain s'ouvre à Naples le 27 décembre 1948 et se conclut le 18 février 1952. Le 5 avril 1976, la cause est officiellement introduite auprès de la Congrégation pour les Causes des Saints à Rome. Le 3 janvier 1987, le pape Jean-Paul II signe le décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus, lui conférant le titre de Vénérable. Le miracle retenu pour sa béatification est la guérison scientifiquement inexplicable de l'enfant Francesco Natale. Né le 21 avril 1999, ce nourrisson est hospitalisé d'urgence le 19 juin 1999 à l'hôpital Santobono de Naples, souffrant d'une encéphalite virale aiguë très grave, compliquée d'une asphyxie périnatale, d'un syndrome convulsif prolongé et d'un état de choc. Alors que son pronostic vital est engagé et que les séquelles neurologiques semblent irréversibles, sa famille et les carmélites des Ponti Rossi invoquent l'intercession de la Vénérable Giuseppina Catanea. L'enfant guérit de manière rapide, complète et durable. Ce miracle est officiellement approuvé par un décret du pape Benoît XVI le 17 décembre 2007. La cérémonie de béatification est célébrée le 1er juin 2008 dans la cathédrale de Naples. La messe solennelle est présidée par le cardinal Crescenzio Sepe, archevêque de Naples, tandis que le rito de béatification est présidé par le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints et représentant officiel du pape Benoît XVI.
Spiritualité et héritage
La spiritualité d'abandon à la volonté divine de la bienheureuse, ses écrits spirituels et la vénération de ses reliques.
La spiritualité de la bienheureuse Maria Giuseppina di Gesù Crocifisso repose sur l'abandon absolu et joyeux à la volonté divine. Elle résumait son idéal de vie par cette formule : « Je veux vivre en me nourrissant de la volonté de Dieu... Je veux que ma volonté ne fasse qu'une seule pâte avec la volonté de Dieu ». Pour elle, la souffrance n'était pas une fatalité, mais un « baiser de l'amour de Dieu » et un moyen privilégié de s'offrir en victime d'amour pour l'Église, les âmes et la sanctification des prêtres. Par obéissance à ses directeurs spirituels, elle a laissé d'importants écrits, notamment une Autobiographie (rédigée entre 1894 et 1932) et un Journal spirituel (couvrant les années 1925 à 1945), qui témoignent de sa profonde vie mystique et de son union intime avec le Crucifié. Son héritage spirituel demeure vivant au monastère des Ponti Rossi à Naples, où ses restes mortels sont pieusement conservés et vénérés dans l'église du monastère. Sa fête liturgique est célébrée le 26 juin, jour anniversaire de sa guérison miraculeuse de 1922, qui marqua le début de son grand apostolat d'accueil et de consolation.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1948
- Béatification en 2008 par Benoît XVI
Miracles
- Guérison miraculeuse de sa paralysie le 26 juin 1922 après avoir touché une relique de saint François Xavier
- Guérison scientifiquement inexplicable du nourrisson Francesco Natale atteint d'une encéphalite virale aiguë en 1999