27 juillet 20ᵉ siècle

Lycarion May

Frère mariste suisse et éducateur dévoué auprès des enfants pauvres de Barcelone, le Bienheureux Lycarion May est mort martyr en haine de la foi lors de la Semaine tragique de 1909.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Naissance en Suisse, jeunesse et entrée chez les Frères Maristes.

François Benjamin May est né le 21 juillet 1870 dans le village de La Montoz, situé sur le territoire de la commune de Val de Bagnes, dans le canton du Valais en Suisse. Il est baptisé quelques jours plus tard, le 24 juillet 1870. Issu d'un milieu familial profondément chrétien qui favorise l'éclosion de sa vocation religieuse, il ressent très jeune l'appel à consacrer sa vie à Dieu. À l'âge de 18 ans, il est accueilli au sein de l'Institut des Frères Maristes des Écoles (également appelés Petits Frères de Marie), une congrégation vouée à l'éducation chrétienne de la jeunesse. Il prend l'habit religieux le 15 août 1888 au noviciat de Saint-Paul-Trois-Châteaux, dans la Drôme (France), et adopte le nom de Frère Lycarion (ou Licarió en catalan).

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Mission éducative en Espagne et direction du Patronage ouvrier Saint-Joseph.

Dès l'année suivante, en 1889, le jeune Frère Lycarion est envoyé en Espagne, pays où il va consacrer vingt ans de sa vie à l'enseignement et à l'accompagnement des enfants, en particulier des plus démunis. Après avoir prononcé ses vœux perpétuels le 15 août 1893, il exerce d'abord comme éducateur dans plusieurs localités de Catalogne, notamment à Mataró, Gérone (Girona) — où il œuvre dans la toute première école dirigée par les Frères Maristes en Espagne —, Torelló et Canet de Mar. En 1895, il est envoyé dans les Pays Basques, à Artziniega (dans la province d'Álava), pour y diriger une école. En 1906, il est rappelé à Barcelone pour fonder et diriger une nouvelle œuvre scolaire : le Patronage ouvrier Saint-Joseph (Patronato Obrero de San José ou Obrer de Sant Josep), situé dans le quartier populaire et socialement difficile de Poblenou (Pueblo Nuevo). Sous sa direction pendant trois ans, cette école assure l'éducation gratuite de plus de 200 enfants de familles ouvrières et défavorisées, leur transmettant les valeurs de l'Évangile. Cette mission éducative chrétienne se heurte toutefois à l'hostilité croissante de mouvements ouvertement anticléricaux et antireligieux présents dans le quartier, tels que l'école laïque Escuela Moderna et l'organisation radicale des Jóvenes Bárbaros.

Martyre 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Le martyre du Frère Lycarion lors de la Semaine tragique de Barcelone.

Malgré un climat de tension sociale et d'hostilité de plus en plus palpable, le Frère Lycarion refuse de reculer ou d'abandonner sa mission auprès des enfants pauvres. En juillet 1909, la situation dégénère à Barcelone lors de la « Semaine tragique » (Semana Trágica), un soulèvement populaire déclenché à l'origine par la mobilisation de réservistes pour la guerre du Maroc. Alimentée par des factions anarchistes, communistes et républicaines, la révolte prend rapidement un caractère violemment anticlérical, l'Église catholique étant perçue comme une alliée du pouvoir royal d'Alphonse XIII. De nombreuses églises, couvents et écoles religieuses sont pris pour cibles et incendiés. Dans la nuit du 26 au 27 juillet 1909, l'école des Frères Maristes de Poblenou est incendiée par les émeutiers. Au matin du 27 juillet, un émeutier feint de vouloir protéger les religieux et les invite par ruse à sortir du bâtiment en habit. Dès qu'ils franchissent le seuil et se retrouvent dans la rue, une foule hostile ouvre le feu sur eux. Marchant en tête du groupe, le Frère Lycarion est mortellement atteint par plusieurs balles. Son corps est ensuite profané à coups de pierres et de machettes par la foule en colère. Ses restes sont plus tard récupérés et enterrés dans une fosse commune au cimetière de Montjuïc. Sa mort est reconnue comme un martyre en haine de la foi (in odium fidei), sa seule « faute » ayant été d'être un religieux et d'exercer son apostolat d'éducateur chrétien.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

Reconnaissance du martyre et célébration de la béatification en 2025.

Le procès en vue de sa béatification progresse au fil des décennies. Le 27 janvier 2025, le Pape autorise la promulgation du décret reconnaissant officiellement le martyre du Serviteur de Dieu Lycarion May. La cérémonie solennelle de béatification est célébrée le samedi 12 juillet 2025 en l'église Saint-François-de-Sales à Barcelone, attenante à l'école mariste et située à proximité de la Sagrada Família. La célébration est présidée, au nom du Pape Léon XIV, par le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les Causes des Saints, en présence du cardinal Juan José Omella, archevêque de Barcelone, et d'une délégation venue de sa commune natale de Bagnes en Suisse. À cette occasion, une relique du nouveau bienheureux, constituée de certains de ses écrits personnels retrouvés peu de temps auparavant à Champsec, est solennellement bénie. Le lendemain, lors de l'Angélus du 13 juillet 2025, le Pape Léon XIV salue publiquement la béatification de ce « martyr de la foi ».

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

L'héritage mariste du Frère Lycarion : fraternité, éducation et don de soi.

La spiritualité du Bienheureux Lycarion May s'enracine profondément dans le charisme mariste fondé par saint Marcellin Champagnat : l'amour du travail, la simplicité, la présence attentive auprès des jeunes et une dévotion filiale à la Vierge Marie. Comme le souligne le postulateur de sa cause, le Frère Guillermo José Villarreal Cavazos, le Frère Lycarion n'a pas cherché à évangéliser par de grands discours théoriques, mais par « la proximité, le dialogue et le respect » au quotidien. Son héritage est triple : 1. La fraternité universelle : d'origine suisse, il s'est pleinement intégré en Espagne, vivant sa mission dans un esprit d'ouverture interculturelle et de réconciliation. 2. L'éducation des plus pauvres : il a donné sa vie pour offrir une éducation de qualité et des valeurs évangéliques aux enfants de la classe ouvrière, voyant dans l'enseignement un puissant levier de transformation sociale. 3. Le témoignage du don de soi : conscient des risques et de l'hostilité ambiante, il a choisi de ne pas fuir, incarnant jusqu'au bout la parole du Christ sur le grain de blé qui meurt pour porter du fruit. Il est le premier Frère Mariste à avoir subi le martyre en Espagne, ouvrant la voie à de nombreux autres membres de sa congrégation qui donneront leur vie lors des persécutions ultérieures.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1870-1909
  2. Béatification en 2025 par Léon XIV

Citations

  • la proximité, le dialogue et le respect https://vertexaisearch.cloud.google.com/grounding-api-redirect/AUZIYQHM3dJCGbAjwmWh_pxWFel_kM7CCYANa2LbdsJWq9y1kNON8Ur6qnMUkY2HGdU6J1qKfJ2NAZAvgr4XbE5x3L61gzjbd2i-JDxD5qH1JetBYY0YWIAEOi8oAZEQBGs4JlNUcJ2hGtI=