Cosma Spessotto
Cosma Spessotto (1923-1980) est un prêtre franciscain italien, missionnaire au Salvador, assassiné en haine de la foi durant la guerre civile.
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Biographie
La jeunesse de Sante Spessotto en Italie, son entrée chez les franciscains sous le nom de Cosma, son ordination et son départ pour le Salvador.
Le bienheureux Cosma Spessotto (né Sante Spessotto) est né le 28 janvier 1923 à Mansuè, dans la province de Trévise, en Italie. Issu d'une famille d'agriculteurs modestes, Vittorio Spessotto et Giuseppina Zamuner, il est le troisième de dix enfants. Élevé dans une foi chrétienne solide, il ressent très tôt l'appel au sacerdoce.\n\nEn septembre 1935, à l'âge de 12 ans, il quitte sa famille pour entrer au séminaire mineur franciscain de Lonigo. En septembre 1939, il commence son noviciat et reçoit le nom de religion de Frère Cosma (Cosme en espagnol). Il prononce sa première profession religieuse le 17 novembre 1940. Malgré les perturbations de la Seconde Guerre mondiale, il poursuit ses études de théologie et émet ses vœux solennels le 19 mars 1944. Le 27 juin 1948, il est ordonné prêtre dans la basilique de la Madonna della Salute à Venise par le cardinal Adeodato Piazza.\n\nDésireux de se consacrer aux missions lointaines, il demande à partir pour la Chine. Cependant, la guerre civile chinoise et l'avènement du régime communiste rendent ce projet impossible. Ses supérieurs l'orientent alors vers l'Amérique centrale. En 1950, il s'embarque pour le Salvador.
Vie et œuvre
Le ministère pastoral du père Cosma à San Juan Nonualco, ses réalisations sociales et son rôle de pacificateur pendant la guerre civile.
Arrivé au Salvador en 1950, le père Cosma Spessotto apprend la langue espagnole et s'adapte rapidement à la culture locale. En octobre 1953, il est envoyé dans la paroisse de San Juan Nonualco, une localité rurale habitée principalement par des paysans (campesinos) et des populations indigènes. Il y exercera son ministère pastoral pendant 27 ans.\n\nÀ son arrivée, il trouve une église paroissiale en ruine, détruite par un tremblement de terre dans les années 1930. Avec courage, il entreprend la reconstruction de l'église paroissiale dédiée à saint Jean-Baptiste, dont les travaux débutent le 2 juin 1960. Au-delà de la construction matérielle, le père Cosma s'investit pleinement dans le développement social et spirituel de sa communauté :\n- Il fonde une école paroissiale pour scolariser les enfants pauvres.\n- Il crée des ateliers professionnels pour enseigner des métiers aux jeunes.\n- Il met en place des cliniques de santé pour soigner les plus démunis.\n- Il organise des mariages collectifs pour régulariser la situation des nombreux couples vivant en union libre.\n- Attaché à ses origines agricoles, il introduit la viticulture au Salvador en important des cépages d'Italie et rédige même un manuel pratique de viticulture pour l'Amérique centrale.\n\nDans les années 1970, le Salvador sombre dans une violente guerre civile. Le gouvernement militaire et les escadrons de la mort répriment durement la population civile. Face à cette violence, le père Cosma Spessotto prêche inlassablement la justice, la charité et la réconciliation. Il dénonce les atrocités commises par les deux camps (militaires et guérilleros) et se fait le défenseur des paysans opprimés. Il intervient à plusieurs reprises pour négocier la libération d'otages et veille à donner une sépulture chrétienne aux victimes de la guerre, dont les corps étaient abandonnés dans les rues.
Cheminement vers la sainteté
Les menaces de mort, son assassinat le 14 juin 1980 dans son église et l'ouverture de sa cause de béatification.
Son engagement pastoral et ses dénonciations des injustices lui attirent l'hostilité des forces de répression et des groupes paramilitaires. Il reçoit de nombreuses menaces de mort. Malgré les avertissements et les suggestions de ses supérieurs de retourner en Italie pour sa sécurité, il refuse catégoriquement d'abandonner ses paroissiens.\n\nLe 14 juin 1980, jour de la fête du Cœur Immaculé de Marie, alors qu'il est agenouillé dans un banc de son église, près du tabernacle, en train de lire la Parole de Dieu et de se préparer à célébrer la messe du soir, deux individus s'introduisent dans l'édifice. L'un d'eux lui tire dessus à bout portant avec un pistolet-mitrailleur. Le père Cosma meurt sur le coup, à l'âge de 57 ans. Son martyre survient moins de trois mois après l'assassinat de l'archevêque de San Salvador, saint Oscar Romero.\n\nLa réputation de sainteté et de martyre du père Cosma se répand immédiatement parmi les fidèles. Le processus diocésain pour sa béatification s'ouvre le 14 juin 2000 et se clôture le 14 juin 2001. La cause est officiellement acceptée par le Saint-Siège le 4 avril 2003, lui conférant le titre de Serviteur de Dieu sous le pontificat de Jean-Paul II.
Béatification et canonisation
La reconnaissance de son martyre par le pape François et sa béatification solennelle le 22 janvier 2022 au Salvador.
Le 26 mai 2020, le pape François approuve le décret reconnaissant le martyre du père Cosma Spessotto, tué en haine de la foi (in odium fidei).\n\nLa cérémonie de béatification est célébrée le 22 janvier 2022 sur la place du Divino Salvador del Mundo à San Salvador. Elle est présidée, au nom du pape François, par le cardinal Gregorio Rosa Chávez. Le père Cosma est béatifié en même temps que le père jésuite Rutilio Grande et ses deux compagnons laïcs (Manuel Solórzano et Nelson Rutilio Lemus), également martyrs de la guerre civile salvadorienne.\n\nLe père Cosma Spessotto est actuellement honoré comme bienheureux. Sa fête liturgique est fixée au 14 juin, jour anniversaire de son martyre.
Spiritualité et héritage
La spiritualité franciscaine et eucharistique du père Cosma, son testament spirituel et la vénération de ses reliques.
La spiritualité du père Cosma Spessotto est profondément ancrée dans l'humilité franciscaine, l'amour de l'Eucharistie et la dévotion mariale. Il a vécu son ministère comme un don total de soi, trouvant sa force dans la prière contemplative devant le tabernacle.\n\nSon testament spirituel, rédigé alors qu'il se savait menacé de mort, témoigne de sa foi héroïque et de son esprit de pardon :\n« Mourir martyr serait une grâce que je ne mérite pas. Laver tous mes péchés, défauts et faiblesses avec le sang versé pour le Christ serait pour moi un don gratuit du Seigneur. Dès à présent, je pardonne et je prie pour la conversion des auteurs de ma mort. »\n\nL'héritage du père Cosma demeure vivant au Salvador et en Italie. Ses restes mortels sont vénérés dans l'église paroissiale de San Juan Bautista à San Juan Nonualco, où les fidèles continuent de solliciter son intercession. Son crucifix de missionnaire et son missel ensanglanté sont conservés au sanctuaire de la Madonna dei Miracoli à Motta di Livenza, en Italie. En 2026, un buste en bronze a été dévoilé à Roverbasso (Codognè) pour honorer sa mémoire dans sa terre natale.
Iconographie
Signes et attributs
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1923-1980
- Béatification en 2022 par François
Citations
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Mourir martyr serait une grâce que je ne mérite pas. Laver tous mes péchés, défauts et faiblesses avec le sang versé pour le Christ serait pour moi un don gratuit du Seigneur. Dès à présent, je pardonne et je prie pour la conversion des auteurs de ma mort.
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