27 decembre 20ᵉ siècle

Sára Salkaházi

Religieuse de la Société des Sœurs du Service Social, Sára Salkaházi fut fusillée par les miliciens des Croix fléchées en 1944 pour avoir caché des Juifs à Budapest.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Naissance à Kassa, jeunesse, formation d'institutrice, engagement dans le journalisme et la politique avant sa conversion.

Sára Salkaházi naît le 11 mai 1899 à Kassa (aujourd'hui Košice en Slovaquie, alors située dans le Royaume de Hongrie) au sein d'une famille bourgeoise d'origine allemande. Son père, Leopold Schalkház, gérant d'un hôtel réputé, meurt alors qu'elle n'a que deux ans. Elle est élevée par sa mère, Klotild Stiller. Son frère la décrira plus tard comme un garçon manqué doté d'une forte volonté et d'un esprit indépendant. Après avoir obtenu son diplôme d'institutrice d'école primaire, elle enseigne brièvement. Cependant, après le traité de Trianon, elle refuse de prêter le serment de loyauté exigé par le nouveau gouvernement tchécoslovaque, ce qui l'oblige à abandonner l'enseignement. Afin de mieux comprendre les réalités sociales et les difficultés de la classe ouvrière, elle choisit d'apprendre le métier de relieuse, puis travaille dans un atelier de modiste. Parallèlement, elle commence à écrire pour des journaux locaux et s'engage en politique. En 1926, elle devient rédactrice en chef de A Nép (« Le Peuple »), l'organe officiel du Parti chrétien-socialiste de Tchécoslovaquie, ainsi que de la revue Katholikus Nő (« Femme catholique »). À cette époque, sa vie est très éloignée de la piété religieuse : elle fume beaucoup, fréquente les cafés littéraires, se fiance brièvement avant de rompre son engagement, et traverse même des périodes de doute proche de l'athéisme.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Entrée dans la Société des Sœurs du Service Social, activités caritatives et direction du Mouvement des jeunes ouvrières catholiques.

En 1927, Sára participe à une formation organisée par la Société des Sœurs du Service Social (Szociális Testvérek Társasága), une congrégation religieuse fondée en 1923 par Margit Slachta, dédiée aux œuvres caritatives, sociales et à la promotion des femmes. Cette rencontre marque un tournant décisif dans sa vie. Bien que les sœurs soient d'abord réticentes à accueillir cette journaliste indépendante et grande fumeuse, Sára fait l'effort d'arrêter de fumer et est admise au noviciat en 1929 à Budapest, à l'âge de 30 ans. Elle prononce ses premiers vœux à la Pentecôte 1930, choisissant pour devise « Alleluia ! ». Elle est d'abord envoyée dans sa ville natale de Kassa pour y organiser l'assistance catholique, puis à Komárom. Elle y gère une librairie religieuse, dirige un foyer pour les pauvres, enseigne et publie des écrits. À la demande de la Conférence des évêques de Slovaquie, elle structure l'Association nationale des femmes catholiques et le mouvement des jeunes filles. Bien qu'elle aspire à partir en mission au Brésil ou en Chine, ses supérieures estiment que son tempérament fort et parfois jugé difficile nécessite de la maintenir sur place. Après quelques tensions et incompréhensions avec sa hiérarchie, elle est finalement autorisée à prononcer ses vœux perpétuels à la Pentecôte 1940. Elle adopte alors sa devise définitive tirée du livre d'Isaïe : « Alleluia ! Ecce ego, mitte me » (« Me voici, envoie-moi ! »). En 1941, elle devient la directrice nationale du Mouvement des jeunes ouvrières catholiques de Hongrie. À ce poste, elle fonde le premier collège pour femmes travailleuses près du lac Balaton et ouvre plusieurs foyers de jeunes ouvrières à Budapest, tout en organisant des cours de formation professionnelle et sociale.

Martyre 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Sauvetage de Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, offrande de sa vie et martyre sur les rives du Danube.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, face à la montée du nazisme et aux persécutions antisémites, la Société des Sœurs du Service Social s'engage activement dans le sauvetage des Juifs. Sous la direction de Margit Slachta et de Sára Salkaházi, la congrégation parvient à sauver plus de mille personnes. Sára, en tant que responsable du Foyer des jeunes ouvrières de la rue Bokréta à Budapest, cache personnellement environ une centaine de Juifs, leur fournissant de faux papiers d'identité et des vêtements de « sœurs grises » pour tromper la vigilance des autorités. Consciente du danger extrême auquel elle s'expose, Sára prend une décision spirituelle majeure. Le 14 septembre 1943, avec l'accord de sa supérieure, elle fait l'offrande secrète de sa vie à Dieu, se déclarant prête à subir le martyre pour que ses sœurs de communauté et l'institut soient préservés de la destruction. Le 27 décembre 1944, une employée de la maison, irritée par une remarque de Sára, la dénonce aux Croix fléchées (le parti fasciste et pro-nazi hongrois au pouvoir). Les miliciens investissent le foyer de la rue Bokréta à la recherche de Juifs. Sára, qui était absente au début de la perquisition, choisit délibérément de revenir pour ne pas abandonner ses protégés. Elle est arrêtée aux côtés de la catéchiste Vilma Bernovits et de plusieurs personnes cachées. Le soir même, le groupe est conduit sur les rives du Danube gelé, près du pont de la Liberté. Contraints de se dévêtir, ils sont fusillés. Juste avant d'être abattue, Sára s'agenouille, regarde ses bourreaux avec paix, lève les yeux au ciel et fait un grand signe de croix. Son corps est jeté dans le fleuve et ne sera jamais retrouvé.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

Reconnaissance comme Juste parmi les nations, ouverture de sa cause et béatification historique à Budapest en 2006.

Le sacrifice de Sára Salkaházi porte ses fruits : aucune autre sœur de sa communauté n'est inquiétée jusqu'à la fin de la guerre. Dès 1946, la congrégation commence à recueillir les témoignages sur son martyre, bien que de nombreux documents aient été détruits par la suite sous le régime communiste. Le 18 février 1969, le mémorial de Yad Vashem lui décerne à titre posthume le titre de « Juste parmi les nations ». La cause de béatification est officiellement ouverte par l'archidiocèse d'Esztergom-Budapest en 1997, sous l'impulsion du cardinal László Paskai. L'enquête diocésaine se déroule du 19 janvier 1997 au 18 mai 1998. Le 28 avril 2006, le pape Benoît XVI signe le décret reconnaissant son martyre in odium fidei (en haine de la foi). La cérémonie de béatification est célébrée le 17 septembre 2006 sur la place de la basilique Saint-Étienne à Budapest. Elle est présidée par le cardinal Péter Erdő, primat de Hongrie, représentant le pape Benoît XVI. Cet événement revêt une importance historique majeure, car il s'agit de la première béatification célébrée en Hongrie depuis celle du roi saint Ladislas en 1083 (soit plus de 900 ans).

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

Spiritualité du don de soi sous la devise « Me voici, envoie-moi ! » et hommages contemporains à Budapest et Košice.

La spiritualité de Sára Salkaházi est profondément marquée par sa devise : « Me voici, envoie-moi ! ». Elle concevait la vocation d'une Sœur du Service Social comme celle d'un flambeau destiné à brûler pour éclairer le chemin des autres vers Dieu. Son parcours montre une transition remarquable d'une vie mondaine et intellectuelle vers un don total de soi, enraciné dans l'amour du Christ et le service des plus pauvres. Son héritage est aujourd'hui honoré à travers plusieurs mémoriaux. Une plaque commémorative a été dévoilée en 2001 sur les rives du Danube à Budapest, à l'endroit de son martyre. En 2008, une église qui lui est dédiée a été consacrée à Újpalota (Budapest) par le cardinal Erdő, intégrant des pierres provenant des berges du Danube. À Košice, sa ville natale, une statue dans la cathédrale Sainte-Élisabeth la représente au milieu des vagues du Danube, serrant la croix contre son cœur. Chaque année, le 27 décembre, les Sœurs du Service Social organisent une commémoration aux flambeaux sur les quais du Danube pour perpétuer sa mémoire.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1944
  2. Béatification en 2006 par Benoît XVI

Citations

  • Me voici, envoie-moi ! https://vertexaisearch.cloud.google.com/grounding-api-redirect/AUZIYQEm_ic_HwgSY4HHdoqeqx4uFvBBQ5yt0_UIRIMPcJa9GTetB_uXJpl89S0W2ceEvy53q02mOZIY-KRQlRuKm4z5zLDIdCEVJRkV_jqaKBjTrIqPNQ_ZzhDLMVsRZmK0Ts0gGAtFZ_l6oSvEv_U=