2 aout 20ᵉ siècle

Ceferino Giménez Malla

Ceferino Giménez Malla, dit El Pelé, est un gitan espagnol, membre du Tiers-Ordre franciscain et martyr de la guerre civile espagnole, premier de son peuple à être béatifié.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

La jeunesse nomade de Ceferino Giménez Malla, son mariage avec Teresa Jiménez Castro et leur installation à Barbastro.

Ceferino Giménez Malla, affectueusement surnommé « El Pelé », naît probablement le 26 août 1861 (certaines sources mentionnent le 24 août 1861). Son lieu de naissance exact fait l'objet de discussions entre Fraga (dans la province de Huesca) et Benavent de Segrià (dans la province de Lleida), en Espagne. Il est baptisé à Fraga le jour même de sa naissance. Issu d'une famille gitane (rom) très pauvre, il passe les quarante premières années de sa vie dans le nomadisme, parcourant les routes et vivant de la fabrication et de la vente ambulante de paniers en osier. Vers l'âge de vingt ans, il épouse Teresa Jiménez Castro selon les coutumes traditionnelles de son peuple. Le couple s'établit à Barbastro, dans la province de Huesca. N'ayant pas d'enfants, ils adoptent et élèvent Pepita, la nièce orpheline de Teresa. En 1912, Ceferino et Teresa régularisent leur union devant l'Église catholique en célébrant leur mariage religieux. Teresa décède en 1922, laissant Ceferino veuf.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Son activité de commerçant de bétail, sa réputation d'honnêteté et son engagement religieux à Barbastro.

Après s'établir à Barbastro, Ceferino Giménez Malla se lance avec succès dans le commerce de chevaux et de bétail. Malgré son analphabétisme, il fait preuve d'une intelligence remarquable et d'une mémoire prodigieuse. Il acquiert rapidement une réputation d'honnêteté absolue dans ses affaires, refusant toujours de tromper ses clients. Cette droiture lui vaut le respect et l'estime des Gitans comme des non-Gitans (les payos). Il devient un médiateur et un pacificateur écouté, sollicité pour résoudre les conflits et apaiser les tensions au sein de sa communauté et avec les habitants de la région. Sa foi catholique, approfondie après son mariage religieux, se traduit par un engagement quotidien. Bien qu'illettré, il enseigne bénévolement le catéchisme aux enfants, leur racontant des récits bibliques et leur apprenant les prières de base ainsi que le respect de la nature. En 1926, il entre dans le Tiers-Ordre franciscain (aujourd'hui Ordre Franciscain Séculier). Il devient également un membre actif de la Société de Saint-Vincent-de-Paul pour secourir les plus démunis, participe aux nuits d'adoration eucharistique à partir de 1931, et assiste quotidiennement à la messe.

Martyre 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Son arrestation durant la guerre civile espagnole pour avoir défendu un prêtre et son exécution au cimetière de Barbastro.

En juillet 1936, la guerre civile espagnole éclate, déclenchant une violente persécution religieuse. À Barbastro, Ceferino assiste à l'arrestation d'un jeune prêtre que des miliciens républicains traînent sans ménagement dans les rues. N'écoutant que son courage et sa foi, il s'interpose pour défendre le prêtre, s'exclamant : « Insolents ! Tant de gens pour arrêter un prêtre ! ». Les miliciens l'arrêtent immédiatement. Lors de sa fouille, ils découvrent sur lui un chapelet. Il est jeté en prison dans un ancien monastère réquisitionné, aux côtés de centaines d'autres détenus, dont des prêtres et des religieux. Un milicien qui le connaissait lui propose de le faire libérer à une condition : qu'il abandonne son chapelet et cesse de prier. Ceferino refuse catégoriquement cette offre, préférant rester en détention et continuer à réciter le rosaire avec ferveur. Dans la nuit du 8 août 1936 (certaines sources indiquent le 9 août), il est conduit avec d'autres prisonniers au cimetière de Barbastro pour y être fusillé. Face au peloton d'exécution, il serre son chapelet entre ses mains et s'éteint en criant : « ¡Viva Cristo Rey! » (Vive le Christ Roi !). Son corps est jeté dans une fosse commune et n'a jamais pu être retrouvé.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

L'ouverture de sa cause de martyre et sa béatification historique par Jean-Paul II en 1997.

Le procès en béatification de Ceferino Giménez Malla est ouvert dans le diocèse de Barbastro-Monzón. Sa cause est introduite sous le titre de martyre, ce qui dispense de la reconnaissance d'un miracle pour sa béatification. Le 4 mai 1997, le Pape Jean-Paul II le proclame solennellement bienheureux lors d'une messe célébrée sur la place Saint-Pierre à Rome. Ceferino Giménez Malla entre ainsi dans l'histoire comme le tout premier membre du peuple gitan (rom) à être élevé sur les autels de l'Église catholique. Sa fête liturgique est fixée au 2 août (jour inscrit au Martyrologe romain) ou au 4 mai (anniversaire de sa béatification).

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

La spiritualité simple de Ceferino, son rôle de saint patron du peuple gitan et son héritage de réconciliation.

La spiritualité de Ceferino Giménez Malla repose sur une foi simple, nourrie par la prière du chapelet, la dévotion eucharistique et l'esprit de pauvreté franciscaine. Bien qu'analphabète, il a su incarner l'Évangile par sa charité active, son sens aigu de la justice et son rôle de pacificateur. Il est aujourd'hui reconnu comme le saint patron du peuple gitan (Roms, Sinti et Gens du voyage). Son héritage est un symbole fort de réconciliation et d'intégration, montrant que la sainteté et l'amour du Christ transcendent toutes les barrières culturelles, ethniques et sociales. Lors de sa béatification, le Pape Jean-Paul II a souligné qu'il avait su semer la concorde et la solidarité, devenant un modèle de vie chrétienne pour tous.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Signes et attributs

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1936
  2. Béatification en 1997 par Jean-Paul II