30 mai 20ᵉ siècle

Otto Neururer

Otto Neururer (1882-1940) est un prêtre autrichien, premier prêtre mort martyr au camp de concentration de Buchenwald pour avoir défendu la sainteté du mariage chrétien et refusé de se soumettre à l'idéologie nazie.

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5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

La jeunesse et la formation sacerdotale d'Otto Neururer dans le Tyrol autrichien.

Le bienheureux Otto Neururer naît le 25 mars 1882 à Piller, un petit hameau de la commune de Fließ, dans le Tyrol autrichien. Il est le douzième et dernier enfant d'Alois Neururer et de Hildegard Streng, une famille de modestes paysans et meuniers. Son père meurt alors qu'il n'a que huit ans, laissant à sa mère la lourde charge de l'exploitation et de l'éducation des enfants. De tempérament timide et sujet à des épisodes de dépression, à l'instar de sa mère, le jeune Otto se révèle néanmoins particulièrement doué pour les études. Sur la recommandation de son curé, il entre en 1895 au petit séminaire (Vinzentinum) de Brixen (Bressanone), puis poursuit ses études au grand séminaire de la même ville. Durant ses études théologiques, il ressent une attirance pour la spiritualité ignatienne et envisage d'entrer chez les Jésuites pour partir en mission, mais sa santé fragile fait rejeter sa candidature. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1907 dans la cathédrale de Brixen par le prince-évêque Josef Altenweisel. Il célèbre sa première messe (Primiz) le 3 juillet 1907 dans l'église de son village natal de Piller.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Le ministère paroissial de l'abbé Neururer et son opposition courageuse au régime nazi.

Après son ordination, l'abbé Neururer exerce son ministère comme coopérateur et vicaire dans plusieurs paroisses du Tyrol, notamment à Uderns, Fiss, Kappl et Innsbruck. De 1917 à 1932, il passe quinze ans à l'église Saint-Jacques d'Innsbruck (aujourd'hui cathédrale), où il enseigne également la religion. En 1932, il est nommé curé de la paroisse Saints-Pierre-et-Paul à Götzens, un village situé près d'Innsbruck. Homme discret et humble, fuyant les affrontements politiques, il n'en demeure pas moins un observateur lucide et critique de l'idéologie nazie qui commence à se propager. En mars 1938, l'Autriche est annexée à l'Allemagne nazie (l'Anschluss). L'abbé Neururer exprime ouvertement son amour pour tous les êtres humains, y compris les Juifs, s'opposant ainsi aux thèses raciales du régime. Le tournant de sa vie survient en décembre 1938. Une jeune fille de sa paroisse vient le consulter au sujet de son projet de mariage avec un homme divorcé, fervent partisan du parti nazi et ami personnel du Gauleiter du Tyrol, Franz Hofer. Fidèle à la doctrine de l'Église sur l'indissolubilité du mariage, l'abbé Neururer lui déconseille fermement cette union. La jeune fille suit son conseil et refuse le mariage. Par vengeance, le prétendant éconduit dénonce le prêtre à la Gestapo pour avoir fait obstacle à un « mariage allemand ».

Martyre 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

L'arrestation, la déportation et le martyre d'Otto Neururer au camp de Buchenwald.

Le 15 décembre 1938, l'abbé Neururer est arrêté par la Gestapo. Il est d'abord incarcéré à la prison d'Innsbruck jusqu'au 3 mars 1939, date à laquelle il est déporté au camp de concentration de Dachau. Le 26 septembre 1939, il est transféré au camp de concentration de Buchenwald, en Thuringe. Dans l'enfer des camps, le prêtre tyrolien conserve toute sa dignité sacerdotale. Il partage ses maigres rations de nourriture avec les détenus les plus faibles et continue de soutenir spirituellement ses compagnons de misère, en dépit de l'interdiction absolue de toute pratique religieuse. Au printemps 1940, alors que les autorités du camp lui laissent entrevoir une libération prochaine et un retour au Tyrol, un détenu originaire de Berlin l'approche en affirmant vouloir se financier au catholicisme et demande à être baptisé. Malgré les avertissements de ses compagnons qui craignent un piège, l'abbé Neururer, mû par son devoir de pasteur, accepte de lui donner l'instruction religieuse en secret, assisté par un autre prêtre autrichien également détenu, l'abbé Matthias Spanlang. La demande de baptême était effectivement un piège tendu par un informateur du camp. Dénoncés, les deux prêtres sont arrêtés le 28 mai 1940 et jetés dans le redoutable bunker de punition (Arrestzellenbau) du camp. Sous les ordres de l'officier SS Martin Sommer, l'abbé Neururer est suspendu nu, la tête en bas, par les chevilles. Il endure cette terrible torture sans un cri, plongé dans une prière silencieuse pour ses bourreaux. Après 34 heures d'une agonie atroce provoquée par l'afflux de sang au cerveau, il meurt le 30 mai 1940. Il est le premier prêtre catholique à mourir martyr dans un camp de concentration nazi.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

La reconnaissance du martyre d'Otto Neururer et sa béatification par Jean-Paul II en 1996.

La réputation de sainteté et de martyre de l'abbé Otto Neururer se répand rapidement après la guerre. Ses cendres, envoyées par les autorités du camp à Götzens en juin 1940, sont solennellement inhumées sous l'autel de son ancienne église paroissiale. La cause de béatification est officiellement ouverte après l'obtention du nihil obstat de la Congrégation pour les Causes des Saints le 23 mai 1983. L'enquête diocésaine se déroule dans le diocèse d'Innsbruck du 20 novembre 1983 au 8 décembre 1986. Le décret validant l'enquête diocésaine est publié le 14 juin 1991. Le martyre in odium fidei (en haine de la foi) est formellement reconnu par le pape Jean-Paul II. Le 24 novembre 1996, le pape Jean-Paul II proclame solennellement Otto Neururer bienheureux dans la basilique Saint-Pierre de Rome, en même temps que le père marianiste Jakob Gapp et la laïque française Catherine Jarrige. Lors de son homélie, le souverain pontife souligne que le bienheureux a préféré la mort plutôt que de « s'agenouiller devant la Bête et son image ».

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

La dévotion d'Otto Neururer à la vérité de l'Évangile et la mémoire de son sacrifice.

La spiritualité d'Otto Neururer est profondément ancrée dans la fidélité absolue à la vérité de l'Évangile et aux sacrements, en particulier celui du mariage. Sa dévotion mariale a également guidé ses choix les plus difficiles : le pape Jean-Paul II a rappelé lors de l'Angelus du jour de sa béatification que c'est précisément le jour de la fête de l'Immaculée Conception (8 décembre 1938) qu'il prit la décision courageuse de défendre la sainteté du mariage, s'attirant ainsi les foudres du régime nazi. Son héritage demeure vivant, particulièrement en Autriche et en Allemagne. Ses reliques (ses cendres) sont vénérées dans l'église Saints-Pierre-et-Paul de Götzens, devenue un lieu de pèlerinage actif. Un mémorial lui est également dédié dans la cathédrale Saint-Jacques d'Innsbruck. En 2019, un long-métrage autrichien intitulé Otto Neururer - Hoffnungsvolle Finsternis (Otto Neururer - Une lueur dans les ténèbres) a retracé sa vie et son martyre, témoignant de l'actualité de son message de résistance spirituelle face à la barbarie.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1940
  2. Béatification en 1996 par Jean-Paul II

Citations

  • s'agenouiller devant la Bête et son image https://vertexaisearch.cloud.google.com/grounding-api-redirect/AUZIYQHabBgKc7RU1bD3w0epWYuQf1Vx0aICiUqOal2Kck2zxtYcCN844OyfuzPcjD_-660dxQg9mhhz0f7whDF6RSRr4miUj4qECre7VJrgMqZJD2lnrpDUeO47XaVfM_prbPfb