13 aout 20ᵉ siècle

Jakob Gapp

Prêtre marianiste autrichien, Jakob Gapp s'opposa fermement au national-socialisme. Arrêté par la Gestapo, il fut condamné à mort et décapité à Berlin en 1943.

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Vie 01 / 05

Biographie

Jeunesse, engagement militaire et entrée chez les Marianistes de Jakob Gapp.

Le bienheureux Jakob Gapp (connu également sous le nom de Jacques Gapp) naît le 26 juillet 1897 à Wattens, dans le Tyrol autrichien. Il est le septième enfant d'une famille ouvrière, fils de Martin Gapp et d'Antonia Wach. Après avoir fréquenté l'école primaire de son village natal, il poursuit ses études secondaires au gymnase franciscain de Hall en Tyrol à partir de 1910.\n\nEn mai 1915, durant la Première Guerre mondiale, il s'engage comme volontaire dans l'armée austro-hongroise (les Standschützen du Tyrol). Envoyé sur le front italien, il y est grièvement blessé en 1916 et reçoit la médaille d'argent du Courage de deuxième classe. À la fin du conflit, le 4 novembre 1918, il est fait prisonnier de guerre à Riva del Garda et n'est libéré qu'en août 1919.\n\nCette période de guerre et de captivité ébranle temporairement sa foi, et il se sent un temps attiré par un socialisme idéaliste. Cependant, désireux de consacrer sa vie à Dieu, il entre le 13 août 1920 au noviciat de la Société de Marie (les Marianistes) à Greisinghof, en Haute-Autriche. Il y prononce ses premiers vœux le 27 août 1921. Après avoir travaillé comme enseignant et sacristain au Marieninstitut de Graz, il prononce ses vœux perpétuels le 27 août 1925 en France, dans la chapelle de la Maison Saint-Jean à Antony. Il commence ensuite ses études de théologie au séminaire marianiste international de Fribourg, en Suisse, et est ordonné prêtre le 5 avril 1930 par l'évêque Marius Besson en la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Ministère sacerdotal, charité héroïque et opposition résolue à l'idéologie nationale-socialiste.

De retour en Autriche, le père Jakob Gapp exerce son ministère comme enseignant de religion, directeur spirituel et aumônier dans diverses institutions marianistes, notamment à Graz, Freistadt et Lanzenkirchen. Durant les années de crise économique et de chômage de masse, il manifeste une charité héroïque envers les plus démunis. Il organise des collectes de nourriture et de vêtements pour les pauvres. En hiver, il refuse de chauffer sa propre chambre afin de pouvoir donner sa ration de charbon aux familles nécessiteuses.\n\nParallèlement, le père Gapp étudie de près la montée du national-socialisme. Il analyse les publications nazies, notamment l'ouvrage d'Alfred Rosenberg, Le Mythe du vingtième siècle, et les compare aux enseignements de l'Église, en particulier à l'encyclique Mit brennender Sorge publiée par le pape Pie XI en 1937. Il acquiert la conviction absolue que l'idéologie nazie est fondamentalement incompatible avec la foi chrétienne.\n\nAprès l'Anschluss (l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie) en mars 1938, il refuse catégoriquement de faire le salut hitlérien (\"Heil Hitler\") ou de porter l'insigne de la croix gammée, malgré les pressions de sa hiérarchie scolaire qui craint des représailles contre l'établissement. Dans ses cours et ses sermons, il continue d'enseigner la vérité de l'Évangile, affirmant à ses élèves que le chrétien doit aimer tous les hommes sans distinction, y compris les Juifs, les Français, les Tchèques et les communistes, et que seul Dieu est leur Dieu, et non Adolf Hitler. En octobre 1938, suite aux rapports de ses élèves à un inspecteur, la Gestapo lui interdit formellement d'enseigner.\n\nSes supérieurs, inquiets pour sa sécurité, le déplacent dans la paroisse de Breitenwang-Reutte, mais il y poursuit ses dénonciations de la propagande nazie. Le 11 décembre 1938, lors d'un sermon dans son village natal de Wattens, il s'oppose publiquement à la campagne nazie contre le Denier de Saint-Pierre. Menacé d'être envoyé au camp de concentration de Dachau, il est contraint de fuir l'Autriche en janvier 1939. Il se réfugie d'abord à la maison mère des Marianistes à Bordeaux, en France, puis est envoyé en Espagne en mai 1939. Il y enseigne l'allemand, le latin et le français dans des collèges marianistes à San Sebastián, Cadix, Lekeitio et Valence, tout en continuant à dénoncer la persécution de l'Église par le régime nazi.

Martyre 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Piège de la Gestapo, arrestation, procès et martyre par décapitation à Berlin.

Bien qu'en exil en Espagne, le père Gapp reste sous la surveillance étroite de la Gestapo. En 1942, deux agents de la police secrète allemande se faisant passer pour des Juifs ayant fui Berlin et désireux de se convertir au catholicisme parviennent à gagner sa confiance. Après l'avoir convaincu de leur donner des cours de catéchisme, ils l'attirent sous un faux prétexte dans un voyage vers la frontière franco-espagnole. Le 9 novembre 1942, à Hendaye (du côté français de la frontière), il est enlevé par la Gestapo et arrêté.\n\nTransféré à Berlin, il est incarcéré à la prison de Plötzensee. Durant ses longs interrogatoires, le père Gapp fait preuve d'une fermeté inébranlable. Les transcriptions de ses interrogatoires révèlent qu'il refuse tout compromis, réaffirmant que le national-socialisme et le catholicisme sont totalement inconciliables et qu'il est du devoir d'un prêtre de combattre l'erreur et d'enseigner la vérité.\n\nLe 2 juillet 1943, il est jugé par le Tribunal du peuple (Volksgerichtshof) et condamné à mort pour « haute trahison ». Le soir du 13 août 1943, à 19 heures, il est exécuté par décapitation à la guillotine dans la prison de Plötzensee. Avant son exécution, il écrit des lettres d'adieu émouvantes à ses supérieurs et à sa famille, exprimant sa joie profonde d'aller à la rencontre du Christ et d'offrir sa vie pour sa foi. Afin d'éviter que sa tombe ne devienne un lieu de vénération et de ralliement pour les opposants au régime, Heinrich Himmler ordonne que sa dépouille ne soit pas restituée. Son corps est envoyé à l'Institut d'anatomie de Berlin (dirigé par le Dr Hermann Stieve) pour des expériences médicales, puis détruit.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

Reconnaissance du martyre et béatification par le pape Jean-Paul II en 1996.

Le procès en vue de la reconnaissance de son martyre est ouvert après la guerre. Le 24 novembre 1996, en la solennité de Christ-Roi, le pape Jean-Paul II célèbre sa béatification solennelle sur la place Saint-Pierre au Vatican, en même temps que celle du prêtre autrichien Otto Neururer et de la laïque française Catherine Jarrige.\n\nSa fête liturgique (mémoire) est fixée au 13 août, jour anniversaire de son martyre.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

Dévotion mariale, amour de la vérité et modèle de résistance spirituelle face au totalitarisme.

La spiritualité du bienheureux Jakob Gapp est profondément marquée par son appartenance à la Société de Marie. En tant que marianiste, il s'est consacré entièrement à la Vierge Marie, vivant selon la règle de sa congrégation dans la simplicité du comportement, du langage et des habitudes. Cette simplicité évangélique s'est traduite par un amour concret et sans concession pour la vérité et la justice.\n\nSon héritage réside dans son refus absolu de tout compromis avec le mensonge et l'idéologie totalitaire. À une époque où de nombreux chrétiens et membres du clergé choisissaient le silence ou l'accommodation face au régime nazi, le père Gapp a choisi de parler haut et fort, guidé par sa conscience et par l'encyclique Mit brennender Sorge. Il est aujourd'hui honoré comme un modèle de résistance spirituelle, un défenseur de la dignité humaine et de la liberté de conscience, et un témoin héroïque de la vérité de l'Évangile.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.