21 fevrier 18ᵉ siècle

Noël Pinot

Prêtre français et martyr de la Révolution, le bienheureux Noël Pinot fut guillotiné à Angers en 1794 pour avoir refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Jeunesse, formation et débuts du ministère sacerdotal de Noël Pinot à Angers et ses environs.

Le bienheureux Noël Pinot est né le 19 décembre 1747 à Angers, en France. Il était le seizième et dernier enfant d'une famille de tisserands profondément chrétienne. Orphelin de père à l'âge de huit ans, il entra au séminaire d'Angers pour y effectuer ses études ecclésiastiques. Il fut ordonné prêtre le 22 décembre 1770. Après son ordination, il exerça d'abord son ministère comme vicaire dans les paroisses de Bousse, de Coutures, puis de Corzé. En août 1781, il fut nommé aumônier de l'hospice des Incurables à Angers, où il se distingua par son dévouement auprès des malades. En septembre 1788, il devint le curé de la paroisse du Louroux-Béconnais.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Le ministère de l'abbé Pinot au Louroux-Béconnais face aux bouleversements de la Révolution française.

Au Louroux-Béconnais, l'abbé Noël Pinot s'appliqua à revitaliser spirituellement sa paroisse par sa piété, ses prédications et sa charité active. Cependant, la Révolution française vint bouleverser son ministère. En 1790, l'Assemblée constituante vota la Constitution civile du clergé, exigeant des prêtres un serment de fidélité à la Nation et à la loi civile, ce qui revenait à rompre l'unité avec le Pape. Alors que son vicaire, Mathurin Garanger, prêta initialement ce serment, l'abbé Pinot s'y opposa fermement. Le dimanche 23 janvier 1791, il refusa publiquement de prêter le serment schismatique, affirmant que son autorité spirituelle ne provenait pas du pouvoir civil mais de Dieu. Accusé par la municipalité révolutionnaire d'opposition à la loi, il fut arrêté le 5 mars 1791 et condamné à l'exil par le tribunal de district, avec interdiction de s'approcher à moins de huit lieues de sa paroisse. Il se retira alors dans la clandestinité, notamment à Beaupréau.

Martyre 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Le retour clandestin de l'abbé Pinot, son arrestation à la Milandrie et sa condamnation à mort.

En 1793, à la faveur du soulèvement de la Vendée, l'abbé Pinot revint secrètement au Louroux-Béconnais pour soutenir ses paroissiens privés de pasteur légitime. Habillé en paysan pour échapper aux recherches, il parcourait la campagne de nuit, célébrant la messe et administrant les sacrements dans des granges et des maisons amies. Sa clandestinité prit fin dans la nuit du 8 février 1794. Dénoncé par un habitant qu'il avait pourtant aidé par le passé, il fut surpris par les soldats républicains à la ferme de la Milandrie alors qu'il s'apprêtait à célébrer la messe. Les soldats le découvrirent caché dans un coffre en bois dans le grenier. Arrêté alors qu'il portait ses ornements sacerdotaux, il fut traîné sous les insultes et les coups jusqu'à Angers. Après douze jours d'emprisonnement, il comparut devant la Commission militaire révolutionnaire d'Angers. Le président du tribunal, un prêtre apostat nommé Roussel, le condamna à mort. Par dérision ou provocation, le juge lui proposa de monter à l'échafaud revêtu de ses habits liturgiques. L'abbé Pinot accepta avec joie, y voyant une immense consolation.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

L'exécution de Noël Pinot à Angers et sa reconnaissance officielle comme martyr par l'Église.

Le vendredi 21 février 1794, vers 15 heures, l'abbé Noël Pinot fut conduit à la guillotine dressée sur la place du Ralliement à Angers. Vêtu de ses ornements sacerdotaux (aube, étole, chasuble), il gravit les marches de l'échafaud en récitant les premières prières de la messe : « Introibo ad altare Dei » (« Je m'approcherai de l'autel de Dieu »). Il fut exécuté à l'âge de 46 ans. Le procès en vue de sa béatification fut ouvert en 1864 par l'évêque d'Angers, Mgr Guillaume Angebault. Le 3 juin 1926, le pape Pie XI promulgua le décret reconnaissant son martyre en haine de la foi (odium fidei). Noël Pinot fut solennellement béatifié par le pape Pie XI le 31 octobre 1926 au Vatican. Sa fête liturgique est fixée au 21 février, jour de sa naissance au Ciel.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

La portée spirituelle du sacrifice de Noël Pinot et la pérennité de sa mémoire en Anjou.

La spiritualité du bienheureux Noël Pinot repose sur une fidélité absolue au Christ, à l'Église et au Siège apostolique, vécue jusqu'au don total de sa vie. En montant à l'échafaud revêtu de ses habits de célébrant, il a intimement uni son propre sacrifice à celui du Christ sur la Croix, transformant la guillotine en un autel d'offrande. Aujourd'hui, sa mémoire reste particulièrement vivante en Anjou. La paroisse du Louroux-Béconnais porte son nom. L'oratoire Bienheureux Noël Pinot à Angers ainsi que le sanctuaire de la Milandrie perpétuent son souvenir et demeurent des lieux de prière, notamment pour les vocations sacerdotales. En 1984, lors de la béatification des 99 martyrs d'Angers, le pape Jean-Paul II a rappelé la figure exemplaire de l'abbé Pinot, premier martyr de ce groupe à avoir été élevé aux autels.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Signes et attributs

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1794
  2. Béatification en 1926 par Pie XI

Citations

  • Introibo ad altare Dei https://vertexaisearch.cloud.google.com/grounding-api-redirect/AUZIYQHLDzVMQ-YUcjFg4LHL53XZkocLqJwxKIN3PNKkTWjcGbp9Z3l79qwOBxhrknL5NS5O3g6DYy0yBmou52nCNH729I1F9jaFbhYKOdPfa_KQP2g_xOeP4lcssGT44xruCJqyeQ==