Fausto Gei
Fausto Gei (1927-1968) est un laïc italien, membre des Silencieux Ouvriers de la Croix, qui a offert sa souffrance liée à la sclérose en plaques et développé un intense apostolat par l'écriture.
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Biographie
La jeunesse de Fausto Gei à Brescia, son engagement chrétien et son arrestation durant la guerre.
Fausto Gei naît le 24 mars 1927 à Brescia, en Lombardie (Italie), au sein d’une famille bourgeoise profondément catholique. Fils d’Angelo Gei et de Maria Della Biasia, il est l’aîné de cinq enfants et reçoit au baptême les prénoms de Fausto, Francesco et Vincenzo. Il grandit à quelques pas de la cathédrale de Brescia, dans la maison familiale située via Musei.
Dès son enfance, Fausto fréquente assidûment la paroisse de la cathédrale et l’Oratoire de la Paix (Oratorio della Pace), dirigé par les Pères Philippins. C’est là qu’il rencontre le père Carlo Manziana (futur évêque de Crema), qui devient son enseignant de religion, son confesseur et son directeur spirituel.
Durant la Seconde Guerre mondiale, en mars 1945, le jeune Fausto fait preuve d’une grande sensibilité sociale et civile. Accusé d’activités antifascistes en raison de ses liens avec des prêtres résistants (dont le père Manziana, qui sera déporté à Dachau), il est arrêté et emprisonné pendant quelques jours par les autorités fascistes aux côtés d’un prêtre, Don Battista Fanetti, et d’autres jeunes de l’Action Catholique.
Après la guerre, il obtient son baccalauréat scientifique au lycée « A. Calini » de Brescia en 1946. Animé par le désir profond de soulager la souffrance d’autrui, il s’inscrit en octobre de la même année à la faculté de médecine et de chirurgie de l’Université de Pavie. Son rêve le plus cher est alors de devenir médecin.
Vie et œuvre
L'apparition de la sclérose en plaques, son pèlerinage à Lourdes et son apostolat par l'écriture auprès des malades.
À la fin de l’année 1946, alors qu’il termine sa première année d’études universitaires, les premiers symptômes d’une mystérieuse maladie apparaissent (diplopie, troubles de la marche). Au printemps 1947, le diagnostic tombe : il est atteint de sclérose en plaques (sclerosi a placche), une maladie alors incurable et à l'évolution inexorable. Malgré ses efforts pour poursuivre son cursus, la progression du mal le contraint à abandonner définitivement ses études de médecine après n'avoir pu valider que trois examens.
En 1949, Fausto entreprend son premier pèlerinage à Lourdes dans l’espoir d’obtenir un miracle. La guérison physique ne vient pas, mais il y vit une profonde conversion intérieure. Dans le train du retour, sa sœur Maria Laura s’étonne qu’il n’ait pas demandé sa propre guérison à la Vierge. Fausto lui répond alors : « J’ai vu des personnes qui souffraient plus que moi et j’ai prié pour elles. Maintenant, prête-moi tes bras et tes jambes... tes bras pour écrire ce que je te dicterai et tes jambes pour porter mes écrits aux malades. Je n’ai pas réussi à les aider en tant que médecin, je dois les aider en tant que malade. »
Dès lors, sa chambre devient un lieu d’apostolat, d’écoute et d’accompagnement spirituel. En 1955, il rejoint le Centre des Volontaires de la Souffrance (Centro Volontari della Sofferenza - CVS), fondé par le bienheureux Luigi Novarese. En 1959, l’évêque de Brescia, Mgr Giacinto Tredici, le nomme responsable diocésain du CVS.
En 1960, désireux de s’engager plus radicalement, il entreprend son noviciat chez les Silencieux Ouvriers de la Croix (Silenziosi Operai della Croce), une association de consacrés également fondée par Luigi Novarese. Le 8 décembre 1962, il prononce ses premiers vœux annuels des conseils évangéliques en tant que membre vivant dans sa propre famille, vœux qu’il renouvellera chaque année jusqu’à sa mort.
Fausto développe un intense « apostolat de la plume ». Ne pouvant plus écrire lui-même à partir de 1956 en raison de la paralysie de ses mains, il dicte à ses sœurs (Franca et Maria Laura) et à des amies bénévoles des lettres circulaires (il en rédigera 15 entre 1960 et 1964), des articles pour l’hebdomadaire diocésain La Voce del Popolo, et plusieurs ouvrages spirituels : Sofferenza serena (1962), Con Gesù in preghiera (1965) et Un pensiero al giorno (1965). Il entretient également une correspondance suivie avec plus de 1 500 personnes, allant des malades aux prisonniers, en passant par des religieuses de clausure et les souverains pontifes.
Cheminement vers la sainteté
L'aggravation de sa maladie, ses derniers instants et sa réputation de sainteté après sa mort.
La maladie de Fausto progresse inexorablement, lui enlevant d’abord l’usage de ses jambes, puis de ses mains, et enfin de la parole. Pour communiquer, il utilise un tableau alphabétique sur lequel ses proches lisent ses pensées lettre par lettre. Malgré ce calvaire physique de plus de vingt ans, son entourage témoigne de sa paix intérieure, de sa sérénité et de sa joie rayonnante.
Son état de santé s’aggrave brutalement en raison d’un œdème pulmonaire. Sentant sa fin approcher, sa sœur Maria Laura lui demande : « Fausto, acceptes-tu encore la volonté de Dieu ? », ce à quoi il répond d’un souffle : « Toujours et tout entière ! » (Sempre e tutta!).
Fausto Gei s’éteint saintement le 28 mars 1968 (certaines sources locales mentionnent le 27 mars) à Brescia, à l’âge de 41 ans. Son directeur spirituel, Mgr Carlo Manziana, devenu évêque de Crema, est présent à son chevet pour l’assister dans ses derniers instants.
La réputation de sainteté de ce laïc brescian se répand rapidement. Sa tombe devient un lieu de prière, et les Silencieux Ouvriers de la Croix œuvrent pour la translation de sa dépouille vers l’église Santa Maria della Carità à Brescia, où il aimait prier. La cause de béatification et de canonisation est officiellement ouverte au niveau diocésain, faisant de lui un « Serviteur de Dieu ».
Béatification et canonisation
La reconnaissance de ses vertus héroïques par le pape Léon XIV en 2026.
Le procès sur l’héroïcité de ses vertus est examiné par le Dicastère pour les Causes des Saints au Vatican.
Le 21 février 2026, lors d’une audience accordée au cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère, le pape Léon XIV autorise la promulgation du décret reconnaissant les vertus héroïques de Fausto Gei. Par cet acte solennel, l’Église catholique le déclare officiellement Vénérable.
Pour que Fausto Gei soit proclamé bienheureux, un miracle obtenu par son intercession doit désormais être formellement reconnu par les autorités vaticanes.
Spiritualité et héritage
L'offrande de la souffrance en union avec le Christ et l'impact de son témoignage aujourd'hui.
La spiritualité de Fausto Gei repose sur l’offrande volontaire de la souffrance en union avec le Christ crucifié pour le salut du monde. Il refuse l’attitude du « forçat de la souffrance » qui se rebelle et désespère, pour embrasser celle du « volontaire » qui collabore à l’œuvre de la Rédemption.
Il résume sa vision dans cette formule célèbre : « Chaque maladie, même la plus brève, peut se transformer en un candélabre d’or qui brûle devant un autel invisible. Cela dépend de la manière dont nous savons accepter la souffrance. »
Pour lui, la souffrance chrétienne n’est pas une sombre résignation, mais une réalité lumineuse : « Savoir souffrir et savoir sourire : ce n’est pas un absurde, mais c’est l’harmonieuse réalité de la souffrance chrétienne. »
Son héritage demeure vivant à travers l’action du Centre des Volontaires de la Souffrance et des Silencieux Ouvriers de la Croix, en particulier dans le diocèse de Brescia, où son témoignage continue d’inspirer les malades à devenir des sujets actifs d’évangélisation et de corédemption au sein de l’Église.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1927-1968
- Décret de vénérabilité en 2026 par Léon XIV
Citations
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J’ai vu des personnes qui souffraient plus que moi et j’ai prié pour elles. Maintenant, prête-moi tes bras et tes jambes... tes bras pour écrire ce que je te dicterai et tes jambes pour porter mes écrits aux malades. Je n’ai pas réussi à les aider en tant que médecin, je dois les aider en tant que malade.
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Chaque maladie, même la plus brève, peut se transformer en un candélabre d’or qui brûle devant un autel invisible. Cela dépend de la manière dont nous savons accepter la souffrance.
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Savoir souffrir et savoir sourire : ce n’est pas un absurde, mais c’est l’harmonieuse réalité de la souffrance chrétienne.
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