Jeanne Mance
Cofondatrice de Montréal et première infirmière laïque du Canada, Jeanne Mance (1606-1673) a fondé l'Hôtel-Dieu de Montréal et a été déclarée vénérable en 2014.
Lecture guidée
5 sections de lecture
Biographie
Jeanne Mance naît à Langres en 1606. Après avoir pris soin de sa famille et des malades durant la guerre de Trente Ans, elle s'engage pour la Nouvelle-France.
Jeanne Mance naît à Langres, en Champagne (France), et y est baptisée le 12 novembre 1606 en l'église Saint-Pierre-Saint-Paul. Elle est la deuxième d'une famille de douze enfants. Son père, Charles Mance, exerce la fonction de procureur au bailliage de Langres, et sa mère, Catherine Émonnot, est également issue d'une famille de notables locaux. Elle effectue ses premières études chez les Ursulines de sa ville natale.
À la suite du décès de ses parents (son père en 1630 et sa mère en 1632), Jeanne Mance, alors âgée d'une vingtaine d'années, assume avec sa sœur aînée la responsabilité de l'éducation de ses jeunes frères et sœurs. Durant la guerre de Trente Ans et les épidémies de peste qui ravagent la région de Langres dans les années 1630, elle s'engage bénévolement comme garde-malade au sein de l'hôpital de charité établi par l'évêque de son diocèse, Mgr Sébastien Zamet. Cette expérience lui permet d'acquérir des compétences pratiques dans le soin des blessés et des malades.
En 1640, son cousin Nicolas Dolebeau, chapelain de la Sainte-Chapelle à Paris, lui présente la Nouvelle-France et les initiatives missionnaires qui s'y déploient. Animée par le désir de participer à cette œuvre, elle se rend à Paris où elle consulte le père jésuite Charles Lalemant. Elle y rencontre Angélique Faure de Bullion, une riche bienfaitrice qui lui propose de financer la création d'un hôpital à Ville-Marie (Montréal). Jeanne Mance accepte cette mission et se rend à La Rochelle. Elle y fait la connaissance de Jérôme Le Royer de La Dauversière, l'un des fondateurs de la Société Notre-Dame de Montréal, qui la nomme économe et infirmière du contingent destiné à fonder la nouvelle colonie.
Vie et œuvre
Arrivée en Nouvelle-France en 1641, Jeanne Mance cofonde Ville-Marie (Montréal) en 1642 et y établit l'Hôtel-Dieu, qu'elle administre jusqu'à sa mort en 1673.
Le 9 mai 1641, Jeanne Mance s'embarque pour la Nouvelle-France. Après une traversée de trois mois, elle arrive à Québec le 8 août 1641. Elle y passe l'hiver en compagnie de Paul de Chomedey de Maisonneuve. Malgré les objections des autorités de Québec qui jugent le projet d'établissement à Montréal trop risqué, le groupe poursuit sa route.
Le 17 mai 1642, Ville-Marie (aujourd'hui Montréal) est officiellement fondée. Jeanne Mance y établit immédiatement un dispensaire de fortune à l'intérieur du fort pour soigner les colons et les blessés des affrontements avec les Iroquois. En 1645, grâce au soutien financier d'Angélique Faure de Bullion, le premier bâtiment de l'Hôtel-Dieu de Montréal est inauguré.
Pendant de nombreuses années, Jeanne Mance est la seule infirmière de la colonie. Elle assure la gestion administrative et financière de l'hôpital tout en prodiguant elle-même les soins. Pour garantir la survie de l'Hôtel-Dieu et de la colonie, elle effectue plusieurs voyages de retour en France (traversant l'Atlantique sept fois au total au cours de sa vie) afin de recruter des colons et de lever des fonds.
En 1659, afin de pérenniser l'œuvre hospitalière, elle fait venir de France trois religieuses de la congrégation des Filles Hospitalières de Saint-Joseph (Judith Moreau de Brésoles, Catherine Macé et Marie Maillet). Jeanne Mance continue de diriger et d'administrer l'Hôtel-Dieu jusqu'à sa mort, survenue le 18 juin 1673 à Montréal.
Cheminement vers la sainteté
La réputation de sainteté de Jeanne Mance mène à l'ouverture d'une enquête diocésaine au XXe siècle et à l'examen de sa cause à Rome.
La réputation de sainteté de Jeanne Mance s'est établie dès son vivant en raison de son dévouement héroïque auprès des malades, des pauvres et des blessés, ainsi que de sa piété profonde.
Au XXe siècle, à l'occasion du tricentenaire de la fondation de Montréal et de l'Hôtel-Dieu en 1942, un mouvement se dessine pour promouvoir sa cause de béatification. Le 15 mai 1943, le Comité de propagande pour la béatification de Jeanne Mance est officiellement créé.
Le 16 mai 1945, Mgr Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal, nomme une commission historique chargée de rassembler ses écrits. En 1946, les évêques du Québec l'inscrivent officiellement sur la liste des fondateurs de l'Église canadienne.
L'enquête diocésaine sur sa réputation de sainteté est ouverte par l'archidiocèse de Montréal en 1959 et se clôt en 1961. Les documents sont envoyés à Rome le 23 mai 1961. Après la rédaction d'une première Positio jugée incomplète, une nouvelle Positio est rédigée en 1995 par Dom Guy-Marie Oury, moine de Solesmes. Les historiens de la Congrégation pour les Causes des Saints l'approuvent à l'unanimité en 1997, suivis par les théologiens en 2013.
Béatification et canonisation
Déclarée vénérable par le pape François en 2014, sa cause de béatification est toujours en cours dans l'attente de la reconnaissance d'un miracle.
Le 7 novembre 2014, le pape François autorise la promulgation du décret reconnaissant les vertus héroïques de Jeanne Mance, la déclarant ainsi officiellement « vénérable ».
Pour que sa béatification puisse être prononcée, la reconnaissance officielle d'un miracle attribué à son intercession est requise par les normes canoniques de l'Église catholique. À ce jour, aucun miracle n'a encore fait l'objet d'un décret d'approbation par le Vatican, et sa cause est toujours en cours.
Spiritualité et héritage
Laïque engagée guidée par la Providence, Jeanne Mance laisse un héritage immense en tant que cofondatrice de Montréal et première infirmière laïque du Canada.
La spiritualité de Jeanne Mance est celle d'une laïque profondément engagée, animée par une foi vivante et une confiance absolue en la Providence divine. Refusant aussi bien le mariage que l'entrée formelle dans un ordre religieux cloîtré, elle choisit de vivre son baptême au cœur du monde et de la mission. Sa dévotion particulière à saint Joseph a marqué toute son œuvre, unissant la contemplation spirituelle à l'action concrète de soigner les corps et les âmes.
Son héritage est immense. Elle est aujourd'hui officiellement reconnue comme cofondatrice de la ville de Montréal aux côtés de Paul de Chomedey de Maisonneuve (reconnaissance officielle par la Ville de Montréal le 17 mai 2012). Elle est également célébrée comme la première infirmière laïque du Canada. En avril 2020, elle a été intronisée à titre posthume au Temple de la renommée médicale canadienne. L'Hôtel-Dieu de Montréal, qu'elle a fondé, est l'un des plus anciens hôpitaux d'Amérique du Nord.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1673
- Décret de vénérabilité en 2014 par François