30 decembre 20ᵉ siècle

Egidio Laurent

Religieux chanoine régulier du Latran, Egidio Laurent (Frère Gilles) s'est distingué par son humilité, sa charité envers les pauvres et son dévouement héroïque durant la Première Guerre mondiale.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Jeunesse, famille et premières années de travail de Giovanni Battista Laurent.

Giovanni Battista Laurent (connu sous le nom de Frère Égide ou Frère Gilles, en italien Frà Egidio) est né le 12 septembre 1884 à Chambis, un hameau de la commune de Montjovet, dans la Vallée d'Aoste (Italie). Fils de Francesco Laurent et de Melania Challancin, il grandit au sein d'une famille très pauvre mais profondément chrétienne qui comptera douze enfants. Baptisé sous le nom de Jean-Baptiste, il manifeste dès son enfance une grande bonté et une patience remarquable. Contraint de quitter l'école très tôt pour aider son père aux travaux des champs, il complète son instruction en suivant les cours du soir dispensés par son curé, où il s'initie également au chant sacré. À l'âge de 17 ans, afin de soutenir financièrement sa famille, il commence à émigrer pour travailler comme ouvrier. Son parcours le mène successivement dans le canton du Valais en Suisse, puis en France, en Allemagne et enfin en Belgique. En automne 1909, un grave accident survenu à son père l'oblige à revenir définitivement dans sa région natale. Il est alors embauché à la forge (ferriera) de Verrès, où il se distingue par sa charité et son témoignage de foi courageux auprès de ses compagnons de travail.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Engagement religieux chez les Chanoines réguliers du Latran et service durant la Première Guerre mondiale.

Désireux de consacrer pleinement sa vie à Dieu, Jean-Baptiste demande à être admis comme frère laïc (frère convers) au sein de la Congrégation des Chanoines réguliers du Latran, établie au prieuré de Saint-Gilles à Verrès. Il y est accueilli comme aspirant le 3 janvier 1912. Cependant, son parcours religieux est interrompu par la Première Guerre mondiale. Le 10 juillet 1916, il est mobilisé et incorporé dans le 4e régiment d'Alpins (bataillon Aoste). Envoyé sur le front dans la zone de combat du mont Pasubio, il est affecté à des tâches de surveillance et de fortification. Dans cet enfer de la guerre des tranchées, il endure avec une patience héroïque le froid, la faim, la maladie et les dangers constants. Il devient un véritable soutien spirituel et moral pour ses camarades soldats, partageant ses rations, les aidant dans les travaux de terrassement, priant avec eux et les réconfortant avec douceur. Démobilisé le 28 décembre 1918, il retourne immédiatement à la prévôté de Saint-Gilles. En 1920, il reçoit l'habit de frère convers et commence son noviciat sous le nom de Frère Égide (Frà Egidio). Il prononce ses premiers vœux religieux le 24 juin 1921 et s'engage par sa profession solennelle le 2 juin 1927. Au sein de la communauté, il se consacre humblement aux tâches domestiques et au service de ses confrères prêtres.

Théologie 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

La recherche constante de l'humilité, de la charité et l'offrande de sa vie.

La vie de Frère Égide est marquée par une recherche constante de l'humilité et de la charité. Bien qu'il possède un tempérament naturellement émotif, sensible et prompt à la colère, il s'efforce sans relâche de se dominer par la prière et l'ascèse, parvenant à manifester une douceur et un équilibre intérieur qui frappent ses contemporains. Il se dévoue entièrement aux pauvres et aux nécessiteux qui se présentent à la porte du couvent de Saint-Gilles. Il partage volontiers avec eux sa propre nourriture, convaincu de servir le Christ à travers les plus démunis. Sa vie quotidienne est une offrande silencieuse. Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que l'Europe est à nouveau plongée dans le conflit, il offre spirituellement sa vie à Dieu pour obtenir la fin des hostilités et la paix. Atteint d'une grave pneumonie, il meurt saintement le 30 décembre 1941 à Verrès, à l'âge de 57 ans. Son corps repose dans la collégiale de Saint-Gilles à Verrès, où il fait l'objet d'une fervente dévotion populaire.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

Le processus de reconnaissance de l'héroïcité des vertus par l'Église catholique.

La réputation de sainteté de Frère Égide (fama sanctitatis et signorum) s'étend rapidement après sa mort, tant en Vallée d'Aoste qu'au-delà des frontières. Le procès informatif diocésain en vue de sa béatification est ouvert le 26 janvier 1950 dans le diocèse d'Aoste et se clôture en 1955. Le décret sur ses écrits est publié le 29 mai 1958. La cause est officiellement introduite à Rome le 30 mars 1967. Le procès apostolique est ouvert en 1969 et clôturé en 1970. Le 14 mai 1991, le pape Jean-Paul II autorise la Congrégation pour les Causes des Saints à promulguer le décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus, lui conférant ainsi le titre de Vénérable. Sa cause est actuellement promue par la Prévôté de Saint-Gilles de Verrès.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

Les piliers spirituels de Frère Égide et sa mémoire vivante à Verrès.

La spiritualité de Frère Égide Laurent repose sur deux piliers majeurs : l'amour de la Sainte Eucharistie et le service humble du prochain. Le culte divin et la prière silencieuse étaient la source de sa force quotidienne. Il a vécu pleinement la vocation de frère convers, trouvant sa sanctification dans les tâches les plus simples et cachées de la vie communautaire. Aujourd'hui, sa mémoire reste très vivante à Verrès. Une rue de la commune porte son nom (via Giovanni Egidio Laurent). De plus, l'oratoire paroissial de Verrès, dédié à la jeunesse et à l'éducation, a été baptisé en son honneur « Oratorio Frère Gilles », perpétuant ainsi son héritage de charité et d'accueil bienveillant auprès des nouvelles générations.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1884-1941
  2. Décret de vénérabilité par Jean-Paul II