Francisco de Paula Tarin Arnau
Francisco de Paula Tarín Arnau (1847-1910) était un prêtre jésuite espagnol, missionnaire infatigable en Andalousie et surnommé l'Apôtre du Sacré-Cœur.
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Biographie
La jeunesse, la formation et l'ordination de Francisco de Paula Tarín Arnau au sein de la Compagnie de Jésus.
Francisco de Paula Tarín Arnau naît le 7 octobre 1847 à Godelleta, dans la province de Valence en Espagne. Issu d'une famille d'agriculteurs aisés, il est le neuvième de dix enfants. Il effectue ses premières études chez les Pères Piaristes (Escolapios) avant de s'inscrire en 1866 en droit et en philosophie et lettres à Valence. De santé fragile, il subit une grave hémorragie pulmonaire durant sa jeunesse. Lors de la troisième guerre carliste, il tente de s'engager dans les forces carlistes, mais sa mauvaise santé fait rejeter sa candidature. C'est lors d'un pèlerinage et d'une prière fervente au sanctuaire de Notre-Dame du Pilier à Saragosse qu'il ressent profondément l'appel à la vie religieuse au sein de la Compagnie de Jésus. En 1873, à l'âge de 26 ans, il entre au noviciat des Jésuites espagnols alors en exil à Poyanne, en France. Après la Restauration bourbonienne, il retourne en Espagne pour achever ses études de philosophie à Carrión de los Condes (Palencia) de 1878 à 1880, puis de théologie au Collège maximum d'Oña (Burgos) de 1880 à 1884. Il est ordonné prêtre à Oña en 1883. En août 1884, le père Tarín est envoyé au collège San Luis Gonzaga d'El Puerto de Santa María (Cádiz), où il exerce comme inspecteur des grands élèves et directeur de la congrégation de Saint-Stanislas. C'est là qu'il commence son œuvre apostolique en se dévouant auprès des malades lors d'une épidémie de peste (ou de choléra). Durant cette période, il se blesse à la jambe droite, une blessure qui ne guérira jamais, devenant gangreneuse et lui causant d'intenses souffrances jusqu'à la fin de ses jours. Il s'éteint à Séville le 12 décembre 1910.
Vie et œuvre
L'intense activité missionnaire du père Tarín en Espagne et son dévouement pour les œuvres de charité.
À partir de 1888, le père Tarín se consacre entièrement aux missions populaires et rurales, parcourant inlassablement l'Andalousie, la Castille, le León et l'Estremadure. Surnommé « l'Apôtre du Sacré-Cœur » ou « le Lion de Christ », il mène une vie d'une austérité extrême. Son rythme quotidien est épuisant : il commence par les rosaires de l'aurore, enchaîne avec les sermons du matin, des catéchèses pour les enfants, des conférences pour divers publics, des visites aux malades pauvres, aux prisonniers et dans les hôpitaux. Le soir, il prêche sur les places publiques ou dans les églises, puis confesse jusqu'à l'aube, ne s'accordant que deux à trois heures de sommeil par nuit. De 1898 à 1904, il assume la charge de supérieur de la résidence jésuite du Sacré-Cœur à Séville. Durant son ministère, il soutient activement des œuvres de charité, notamment la « Casa de preservadas » (Notre-Dame du Rosario) à Séville, une institution fondée par une association de dames qu'il préside, visant à protéger les jeunes filles des dangers moraux de l'époque. Cette œuvre sera plus tard confiée aux Filles de Marie Auxiliatrice (Sœurs Salésiennes). Malgré sa santé déclinante, la tuberculose et sa jambe gangreneuse (qui l'oblige à prêcher à genoux sur une chaise), il refuse de ralentir son apostolat. Terrassé par la maladie lors d'une mission à El Coronil, il est ramené à Séville où il meurt.
Cheminement vers la sainteté
La ferveur populaire entourant la mort du père Tarín et l'ouverture de sa cause de béatification.
Considéré comme un saint de son vivant par la population sévillane, qui l'appelait « le bon ange de Séville », sa mort suscite une immense émotion populaire. Des files d'attente interminables se forment pour vénérer sa dépouille exposée à l'église du Sacré-Cœur. Son enterrement prend l'allure d'une procession triomphale. Ses restes mortels reposent aujourd'hui dans l'église du Sacré-Cœur de Jésus, située rue Jesús del Gran Poder à Séville, un lieu qui demeure un centre de pèlerinage actif, particulièrement les vendredis. Le procès informatif diocésain en vue de sa béatification est ouvert à Séville. Ses écrits sont approuvés par des décrets en 1930 et 1942, et sa cause est officiellement introduite à Rome le 14 novembre 1934.
Béatification et canonisation
La reconnaissance de l'héroïcité des vertus par le pape Jean-Paul II en 1987.
Le 3 janvier 1987, le pape Jean-Paul II signe le décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus théologales et cardinales, lui conférant ainsi le titre de Vénérable. Sa cause de béatification est toujours en cours à Rome, dans l'attente de la reconnaissance officielle d'un miracle attribué à son intercession.
Spiritualité et héritage
La spiritualité eucharistique du père Tarín et la pérennité de sa mémoire en Andalousie.
La spiritualité du père Tarín est profondément eucharistique et centrée sur l'amour du Sacré-Cœur de Jésus. Il a su allier de manière héroïque une vie contemplative intense, nourrie par l'oraison, et une action missionnaire débordante auprès des plus démunis. D'une humilité remarquable, il aimait se définir comme un « pauvre pécheur » et rappelait souvent que « l'on avance plus en priant qu'en courant ». Son héritage se perpétue aujourd'hui à Séville et dans toute l'Andalousie. L'« Asociación de Amigos del Padre Tarín », fondée à Séville, s'attache à faire connaître sa vie et à soutenir sa cause de béatification. Une rue de Séville porte également son nom en hommage à son dévouement auprès des pauvres de la ville.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1847-1910
- Décret de vénérabilité par Jean-Paul II
Citations
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l'on avance plus en priant qu'en courant
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