Selim Abu Mrad
Selim Abu Mrad (père Béchara) était un prêtre melkite libanais, reconnu pour son zèle apostolique, son dévouement au confessionnal et sa vie de prière intense.
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Biographie
La jeunesse et la formation religieuse de Selim Jabbour Abou-Mourad, devenu le père Béchara.
Selim Jabbour Abou-Mourad (qui prendra plus tard le nom de religion de Béchara) naît le 19 mai 1853 à Zahlé, dans la plaine de la Bekaa au Liban. Il est baptisé le 28 juin 1853 dans la cathédrale grecque-melkite catholique de Zahlé. Issu d'une famille chrétienne pieuse, il reçoit une solide éducation religieuse, particulièrement influencée par sa mère Sabat, une femme d'une foi profonde. Dès son plus jeune âge, Selim ressent un appel irrésistible vers la vie consacrée, bien qu'il doive faire face à l'opposition de son père qui n'approuve pas ce choix de vie.\n\nÀ l'âge de 19 ans, surmontant les obstacles familiaux, il décide d'entrer au monastère de Saint-Sauveur (Deir el-Moukhalles), appartenant à l'Ordre basilien du Très Saint Sauveur des Melkites (Pères salvatoriens). Il commence son noviciat le 19 septembre 1874 et reçoit le nom monastique de Béchara, qui signifie « Bonne Nouvelle » ou « Annonciation » en arabe. Il prononce ses premiers vœux le 4 novembre 1876. Ordonné diacre le 26 mars 1882, il refuse dans un premier temps l'ordination sacerdotale par profonde humilité et respect pour le sacrement de l'Ordre. Finalement, il est ordonné prêtre le 26 décembre 1883 par Mgr Basilios Hajjar, évêque melkite de Sidon.
Vie et œuvre
Le ministère sacerdotal du père Béchara, de son service au monastère à ses missions à Deir-el-Qamar et Sidon.
Après son ordination, le père Béchara commence son ministère au sein de son ordre, l'Ordre basilien du Très Saint Sauveur. Durant ses premières années de sacerdoce, il exerce les fonctions de maître de discipline, de confesseur et de directeur spirituel au petit séminaire du monastère de Saint-Sauveur.\n\nLe 8 novembre 1891, il est envoyé en mission paroissiale dans le district de Deir-el-Qamar, dans le Mont-Liban. Pendant trente et un ans, jusqu'au 4 décembre 1922, il parcourt inlassablement cette région montagneuse à pied, dans le silence et la prière, pour rejoindre ses fidèles. Il se distingue par son zèle apostolique, son ouverture œcuménique et son dévouement sans bornes envers les plus démunis.\n\nEn 1922, affaibli par l'âge et la maladie, il est transféré à la cathédrale melkite de Sidon (Saïda) pour y poursuivre son ministère. Malgré la vive opposition de ses paroissiens de Deir-el-Qamar qui refusent de le voir partir, il obéit et sert à Sidon pendant cinq ans. Il y passe de longues heures au confessionnal (parfois jusqu'à douze heures d'affilée) et apporte un soutien spirituel constant à la population locale.\n\nEn 1927, il retourne au monastère de Saint-Sauveur pour se préparer à une intervention chirurgicale et vivre une période plus contemplative, marquée par la prière et l'accompagnement spirituel. Atteint de cataracte et de graves problèmes cardiaques, il endure la maladie avec une foi inébranlable. Il s'éteint paisiblement le 22 février 1930 au monastère de Saint-Sauveur, entouré de la vénération de sa communauté. Il est le seul moine à être enterré à l'intérieur de l'église du monastère, et sa cellule, restée intacte, est rapidement devenue un lieu de pèlerinage.
Cheminement vers la sainteté
La réputation de sainteté du père Béchara, surnommé le Curé d'Ars libanais, et l'ouverture de sa cause.
La réputation de sainteté du père Béchara Abou Mrad, établie de son vivant, ne cesse de grandir après sa mort. Surnommé le « Curé d'Ars libanais » ou le « Curé d'Ars de l'Orient », il est comparé à saint Jean-Marie Vianney pour sa science des âmes, sa douceur et son dévouement absolu au confessionnal.\n\nSa cause de béatification et de canonisation est officiellement ouverte par l'Église grecque-melkite catholique. Le 10 décembre 2010, le pape Benoît XVI autorise la promulgation du décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus, le déclarant ainsi « vénérable ».\n\nLe processus franchit une étape décisive le 21 février 2026, lorsque le pape Léon XIV autorise le Dicastère pour les Causes des Saints à promulguer le décret reconnaissant un miracle attribué à son intercession, ouvrant ainsi la voie à sa béatification officielle.
Béatification et canonisation
Le miracle de guérison inexpliquée ayant permis la reconnaissance officielle de sa béatification.
Le miracle retenu pour la béatification du père Béchara Abou Mrad concerne la guérison extraordinaire de Mme Thérèse, une femme née en 1934. À partir de 1983, à l'âge de 50 ans, elle commence à souffrir de douleurs intenses au genou droit, limitant gravement sa mobilité au point de devoir utiliser régulièrement un fauteuil roulant dès 2001. Les médecins lui diagnostiquent une artrose de quatrième degré avec spondylolisthésis et des hernies avancées de quatrième degré, une pathologie jugée irréversible et incurable sans une intervention chirurgicale majeure, que la patiente refuse catégoriquement.\n\nEn 2009, alors que sa fille lui demande de chercher un cahier égaré dans la maison, Thérèse découvre par hasard un petit livret contenant la biographie du père Béchara. Elle se souvient alors que, durant son enfance, sa propre mère lui parlait de ce prêtre réputé pour guérir les malades. Lors d'une nuit de souffrance particulièrement intense, elle s'en remet avec ferveur à l'intercession du père Béchara, embrassant sa photo sur le livret et décidant d'arrêter ses analgésiques. Le lendemain matin, à son réveil, elle constate qu'elle peut marcher normalement, sans aucune aide et sans ressentir la moindre douleur. Sa guérison, qualifiée de directe, complète et permanente, est scientifiquement reconnue comme inexplicable par la commission médicale du Vatican.\n\nLe décret officiel reconnaissant ce miracle est signé par le pape Léon XIV le 21 février 2026, approuvant ainsi sa béatification.
Spiritualité et héritage
L'héritage spirituel du père Béchara, modèle pour les prêtres et symbole de coexistence au Liban.
La spiritualité du père Béchara Abou Mrad repose sur une humilité profonde, une ascèse rigoureuse et un amour inconditionnel pour le salut des âmes. Sa devise pastorale, inspirée du prophète Ézéchiel, guidait chacune de ses actions : « Je t'ai établi comme veilleur pour cette maison... si tu ne l'avertis pas... je te redemanderai son sang » (Ézéchiel 3, 17). Cette conviction profonde lui inspirait un respect immense pour le ministère sacerdotal et le service des âmes.\n\nIl passait de longues heures en prière, souvent les bras levés en croix devant l'autel, et manifestait une dévotion filiale extraordinaire envers la Vierge Marie, récitant continuellement des hymnes en son honneur.\n\nSon héritage demeure vivant au Liban et dans l'ensemble de l'Église melkite. Lors de l'Année sacerdotale (2009-2010), le Synode melkite l'a proposé comme modèle universel pour les prêtres de paroisse. Son tombeau, situé au couvent Saint-Sauveur de Joun, est un lieu de pèlerinage très fréquenté où se rassemblent chrétiens et musulmans, faisant de sa mémoire un symbole de paix, de foi et de coexistence pour le Liban.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1853-1930
- Décret de vénérabilité par Benoît XVI