18 avril 20ᵉ siècle

Giovanni Ferro

Giovanni Ferro (1901-1992) est un archevêque italien de l'ordre des Somasques, proclamé vénérable en 2019. Reconnu pour sa charité pastorale et son courage héroïque durant la Seconde Guerre mondiale, il a été honoré comme Juste pour la Société Civile.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Naissance de Giovanni Vittorio Ferro en 1901 dans le Piémont, son entrée chez les Pères Somasques, son ordination sacerdotale en 1925 et ses brillantes études de philosophie et de théologie.

Giovanni Vittorio Ferro naît le 13 novembre 1901 dans la frazione Sant'Anna de Costigliole d'Asti, dans le Piémont (Italie), au sein d'une famille profondément religieuse. Ses parents, Giovanni Ferro et Carolina Borio, sont ses premiers éducateurs dans la foi. En 1912, à l'âge de onze ans, il est accueilli au séminaire des Pères Somasques (Clercs réguliers de Somasque) à Nervi. Après son noviciat à Sant'Alessio à Rome, il émet sa première profession religieuse le 8 octobre 1920. Il prononce ses vœux solennels le 14 mars 1924 et est ordonné prêtre le 11 avril 1925 dans la cathédrale de Chiavari par l'évêque Mgr Amedeo Casabona. Il poursuit de brillantes études universitaires, obtenant une licence en philosophie à l'Université pontificale grégorienne de Rome et un doctorat en théologie à la Faculté théologique de Turin le 27 mai 1931. Durant ses premières années de sacerdoce, il se consacre à l'enseignement et à l'éducation des jeunes dans divers collèges de son ordre, notamment à Corbetta (province de Milan), Casale Monferrato et Treviso. En 1931, il est nommé recteur du Collège Trevisio de Casale Monferrato, charge qu'il occupe jusqu'en 1938.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Son action héroïque durant la Seconde Guerre mondiale pour sauver un jeune juif, son ministère pastoral à Gênes, puis sa nomination comme archevêque de Reggio de Calabre et évêque de Bova, où il se distingue par sa charité et son rôle de pacificateur.

En 1938, le père Giovanni Ferro est transféré à Côme pour assumer la direction du prestigieux Collège pontifical Gallio, une institution éducative historique gérée par les Somasques. C'est dans ce contexte, durant les années sombres de la Seconde Guerre mondiale et de l'occupation nazie (1943-1945), qu'il pose un acte d'un courage héroïque. Pour le soustraire aux persécutions raciales et à la déportation, il cache au sein du collège un jeune étudiant juif de quatorze ans, Roberto Furcht, en lui fournissant de faux papiers d'identité et en le protégeant au péril de sa propre vie. Cet acte de sauvetage restera secret pendant des décennies en raison de la profonde humilité du religieux, et ne sera révélé que bien plus tard par le bénéficiaire lui-même. En 1945, il est nommé curé de la paroisse Santa Maria Maddalena à Gênes, tout en enseignant la théologie pastorale au grand séminaire de la ville. En 1948, il est élu supérieur provincial (Preposito Provinciale) de la province ligure-piémontaise des Pères Somasques. Le 14 septembre 1950, le pape Pie XII le nomme archevêque métropolite de Reggio de Calabre et évêque de Bova. Il reçoit la consécration épiscopale le 29 octobre 1950 à Gênes des mains du cardinal Giuseppe Siri, et fait son entrée solennelle dans son diocèse le 2 décembre 1950. Bien que n'étant pas originaire de Calabre, Mgr Ferro s'identifie immédiatement et totalement à la réalité locale, partageant les joies et les souffrances de son troupeau. Lors des terribles inondations de 1951, il parcourt les villages les plus isolés et sinistrés de l'Aspromonte et lance un appel radiophonique national à la solidarité, soutenu par le pape Pie XII. En 1953, il approuve canoniquement la congrégation des Sœurs Véroniques du Visage Saint (Suore Veroniche del Volto Santo), fondée par saint Gaetano Catanoso. De 1962 à 1965, il participe activement aux sessions du Concile Vatican II. De 1967 à 1970, il assume également la charge d'administrateur apostolique d'Oppido Mamertina. Lors des violents troubles régionalistes de 1970 (les « Moti di Reggio »), il s'impose comme un artisan de paix et de réconciliation, ouvrant son archevêché aux sans-abris et aux blessés, et s'opposant fermement à la criminalité organisée.

Culte 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

L'introduction de sa cause de béatification par l'archidiocèse de Reggio de Calabre-Bova et le déroulement de l'enquête diocésaine qui le déclare Serviteur de Dieu.

La réputation de sainteté de Mgr Giovanni Ferro, déjà très vive de son vivant, pousse l'archidiocèse de Reggio de Calabre-Bova à introduire sa cause de béatification. Le 18 avril 2008, jour anniversaire de sa mort, le Saint-Siège accorde le Nulla Osta pour l'ouverture de la phase diocésaine de l'enquête. Celle-ci se déroule officiellement du 21 mai 2008 au 29 septembre 2011. À l'issue de cette enquête, il est déclaré Serviteur de Dieu. La Positio, document rassemblant les témoignages et les preuves de l'héroïcité de ses vertus, est ensuite transmise à Rome pour être examinée par la Congrégation (aujourd'hui Dicastère) pour les Causes des Saints.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

La proclamation de Giovanni Ferro comme Vénérable par le pape François le 5 juillet 2019, reconnaissant l'héroïcité de ses vertus.

Le 5 juillet 2019, le pape François autorise la promulgation du décret reconnaissant l'héroïcité des vertus théologales (foi, espérance, charité) et cardinales de Giovanni Ferro, le proclamant ainsi officiellement Vénérable. Sa cause de béatification est actuellement en cours, dans l'attente de la reconnaissance d'un miracle attribué à son intercession.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

Sa spiritualité centrée sur la charité et l'éducation, sa reconnaissance posthume comme Juste pour la Société Civile en 2026 pour avoir sauvé un jeune juif, et sa sépulture dans la cathédrale de Reggio de Calabre.

La spiritualité de Mgr Giovanni Ferro est tout entière résumée dans son motto épiscopal : « Omnia in caritate » (« Que tout chez vous se fasse dans la charité »), tiré de la première épître de saint Paul aux Corinthiens (1 Co 16, 14). Fidèle au charisme de saint Jérôme Emilien, fondateur des Somasques, il a manifesté une attention constante à l'éducation de la jeunesse et un amour préférentiel pour les pauvres et les exclus, se faisant « pauvre parmi les pauvres ». Son héritage de courage civil et de charité universelle a reçu une reconnaissance majeure en mars 2026 : l'association pour le Jardin des Giusti de Milan, en collaboration avec la Fondation Gariwo, l'Union des communautés juives italiennes et la municipalité de Milan, l'a proclamé « Giusto per la Società Civile » (Juste pour la Société Civile) pour avoir sauvé Roberto Furcht de la déportation nazie. Un arbre a été planté en son honneur le 11 mars 2026 au Mont Stella à Milan. Ses restes mortels reposent dans la cathédrale de Reggio de Calabre, dans la deuxième chapelle de la nef latérale droite, surmontés d'un monument en bronze érigé par la piété des fidèles qui continuent de le vénérer comme le « saint évêque ».

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1901-1992
  2. Décret de vénérabilité par François