5 juin 18ᵉ siècle

Jean-Baptiste Delaveyne

Jean-Baptiste Delaveyne (1653-1719) est un moine bénédictin français, fondateur de la congrégation des Sœurs de la Charité et de l'Instruction Chrétienne de Nevers.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

La jeunesse de Jean-Baptiste Delaveyne, ses études chez les Jésuites, son entrée chez les Bénédictins et ses années mondaines à Paris et Saint-Saulge.

Jean-Baptiste de Lavenne (connu sous le nom de Jean-Baptiste Delaveyne) naît le 11 septembre 1653 à Saint-Saulge, dans la province historique du Nivernais, en France. Issu d'une famille aisée de chirurgiens, il commence ses études dans les écoles locales de sa ville natale avant de rejoindre le collège des Jésuites à Nevers. En 1667, son oncle maternel, Dom Nazaire Gourleau, moine bénédictin, décide de lui céder son bénéfice de sous-prieur au prieuré de Saint-Saulge. Pour en bénéficier, le jeune Jean-Baptiste doit s'engager dans la vie monastique et recevoir l'ordination sacerdotale. Bien qu'il ait d'autres projets d'avenir, il y discerne un appel de Dieu et accepte cette voie.\n\nEn 1669, il entre au noviciat de l'abbaye bénédictine Saint-Martin d'Autun et y fait sa profession religieuse en 1670. Il est ensuite envoyé à Paris pour y poursuivre ses études théologiques à la Sorbonne. Durant ses sept années parisiennes, il se laisse séduire par le faste, les cercles littéraires et artistiques de la capitale, s'éloignant de l'austérité de sa règle monastique. Ordonné prêtre en 1676, il retourne à Saint-Saulge pour y exercer son ministère. Le prieuré étant dans un état de délabrement matériel, il choisit de s'installer confortablement chez ses parents, menant une existence mondaine et facile, rythmée par les réceptions et les divertissements de la noblesse locale.

Fondation 02 / 05

Vie et œuvre

La conversion de Jean-Baptiste Delaveyne en 1677 et la fondation de la congrégation des Sœurs de la Charité et de l'Instruction Chrétienne de Nevers.

Le tournant de sa vie survient en 1677. Lors d'une visite, le curé du village voisin de Saxy-Bourdon lui adresse une remarque fraternelle mais percutante : « Saint Benoît n'était pas si bien à Subiaco ». Ce rappel à la figure de son père spirituel, qui avait choisi la pauvreté et la solitude d'une grotte, bouleverse profondément Jean-Baptiste. Conscient d'avoir trahi sa vocation, il se retire à l'abbaye d'Autun pour y effectuer une retraite spirituelle rigoureuse. Il en revient profondément transformé.\n\nDe retour à Saint-Saulge, son regard s'ouvre sur la misère accablante des paysans de sa paroisse, durement éprouvés par les guerres de Louis XIV et le poids écrasant des impôts. En 1680, désireux de soulager ces souffrances, il propose à quelques jeunes filles pieuses de sa paroisse, parmi lesquelles Marie Marchangy et Anne Legeai, de s'unir pour se consacrer au service des plus démunis. C'est l'acte de fondation de la congrégation des Sœurs de la Charité et de l'Instruction Chrétienne de Nevers (initialement appelées Sœurs de la Miséricorde).\n\nContrairement aux ordres religieux féminins de l'époque, strictement cloîtrés, Jean-Baptiste Delaveyne insiste pour que les sœurs vivent « de plain-pied » avec la population, sans grilles ni clôtures. En 1683, à la demande des autorités locales, les premières sœurs s'installent à Nevers pour œuvrer à l'hôpital général. En 1685, la maison-mère et le noviciat de la congrégation y sont définitivement transférés. Le fondateur rédige pour elles des constitutions et une règle de vie exigeante, centrée sur la prière contemplative et l'action caritative, qui reçoivent l'approbation officielle de l'évêque de Nevers en 1698 et 1700.

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Cheminement vers la sainteté

Les épreuves de la fin de vie de Jean-Baptiste Delaveyne, les fausses accusations de jansénisme et sa mort en odeur de sainteté.

La fin de la vie de Jean-Baptiste Delaveyne est marquée par de douloureuses épreuves et des calomnies. Alors que la crise du jansénisme déchire l'Église de France, l'évêque de Nevers, Mgr Édouard Bargedé, ordonne en 1718 la remise de tous les écrits suspects au greffe ecclésiastique. Dom Delaveyne, agissant en toute bonne foi et obéissance, remet un exemplaire de l'ouvrage Augustinus. Ses détracteurs profitent de cette occasion pour l'accuser faussement de jansénisme.\n\nEn conséquence de ces calomnies, l'évêque lui retire le pouvoir de prêcher et de confesser. Jean-Baptiste Delaveyne accueille cette sanction injuste avec une profonde humilité, s'abstenant de toute révolte et s'abandonnant à la volonté divine. Épuisé par les épreuves et les privations, il s'éteint le 5 juin 1719 à Nevers (ou à Saint-Saulge selon certaines sources locales). Il est inhumé dans l'église paroissiale de Saint-Saulge. Dans l'acte de sépulture, le curé Deparis consigne que le pieux moine est mort en « odeur de sainteté ».

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

L'introduction de la cause de Jean-Baptiste Delaveyne et sa reconnaissance comme vénérable par le pape Jean-Paul II en 1991.

La cause de béatification et de canonisation de Jean-Baptiste Delaveyne a été officiellement introduite auprès de la Congrégation pour les Causes des Saints au XXe siècle.\n\nLe 14 mai 1991, le pape Jean-Paul II signe le décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus chrétiennes, lui conférant ainsi le titre de vénérable. Pour que sa béatification soit prononcée, l'Église catholique requiert la reconnaissance officielle d'un miracle accompli par son intercession.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

La spiritualité christocentrique de Jean-Baptiste Delaveyne, l'héritage de sainte Bernadette Soubirous et le rayonnement actuel de la congrégation.

La spiritualité léguée par Jean-Baptiste Delaveyne est profondément christocentrique et eucharistique. Il invite ses sœurs à contempler sans cesse le Christ comme le « grand témoignage de l'Amour de Dieu pour les hommes ». Pour lui, l'action caritative ne peut porter de fruit sans être enracinée dans une prière contemplative intense. Il résume cette exigence par cette célèbre exhortation adressée à ses religieuses :\n\n« N'ayez point d'autres affaires que celles de la Charité, point d'autres intérêts que ceux des malheureux ».\n\nL'héritage le plus célèbre de sa fondation est sans conteste sainte Bernadette Soubirous. Après les apparitions de Lourdes, la jeune voyante choisit de rejoindre les Sœurs de la Charité de Nevers en 1866, séduite par leur proximité avec les pauvres et les malades. Elle y vécut humblement comme infirmière et sacristine jusqu'à sa mort en 1879.\n\nAujourd'hui, la congrégation des Sœurs de la Charité de Nevers poursuit l'œuvre de son fondateur sur quatre continents (Europe, Afrique, Amérique du Sud et Asie), témoignant de la tendresse de Dieu auprès des personnes marginalisées et exclues.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1653-1719
  2. Décret de vénérabilité par Jean-Paul II

Citations

  • N'ayez point d'autres affaires que celles de la Charité, point d'autres intérêts que ceux des malheureux https://vertexaisearch.cloud.google.com/grounding-api-redirect/AUZIYQHKEJCOjZ6-P1sNvgPRCh3g8PBghdEtSAif-Lr2rjbssCVNpx9L5RbMOeYr2Nxkj-bZKbfEvSVZuBB6FmL6hj9adQoylI8hxxt21ojhxctMGCYXznVzOuKneP8MjoT-3kb8kLX2GLj7ZCnrrqJtdGP9r6OIIqpPaCfBFpHLNw5qHEUYHqWy4nzqdOEAxs2WKhV7HA==