Maria Teresa Spinelli
Maria Teresa Spinelli (1789-1850) est une religieuse italienne, fondatrice des Sœurs Augustiniennes Servantes de Jésus et de Marie, reconnue vénérable par l'Église catholique.
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Biographie
Naissance à Rome en 1789, mariage difficile et séparation, puis retour à Rome pour s'occuper de sa famille.
Maria Teresa Spinelli naît à Rome le 1er octobre 1789, au sein d'une modeste famille d'artisans. Elle est la dernière des neuf enfants de Michelangelo Spinelli, un tanneur de cuir, et d'Anna Caterina Moretti, dont seuls quatre survivront à l'enfance. Baptisée dès le lendemain dans la paroisse de San Marco, elle reçoit une éducation chrétienne solide. En 1796, elle commence ses études primaires à l'Institut des Maestres Pies Venerini de San Tommaso in Parione. Cependant, en raison de graves difficultés financières familiales, elle doit interrompre sa scolarité en 1802 pour retourner chez ses parents, où elle apprend la broderie d'or.\n\nFace à la précarité économique de sa famille, ses parents décident de la marier très jeune. Le 5 octobre 1805, à l'âge de seize ans, elle épouse Luigi Ravieli, un employé de bureau aux idées jacobines. Ce dernier se révèle rapidement d'un tempérament extrêmement violent et brutal, lui infligeant de nombreux mauvais traitements. Face à cette situation intolérable, le vice-gérant de Rome, Monseigneur Benedetto Fenaja, décrète leur séparation légale le 22 janvier 1806. Luigi Ravieli abandonne alors définitivement son épouse enceinte et disparaît sans laisser de traces.\n\nDe retour chez ses parents, Maria Teresa donne naissance à sa fille, Maria Domenica, le 4 octobre 1806. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle travaille d'abord comme nourrice, puis comme gouvernante et institutrice pour la famille noble des comtes Stampa, à Rome et à Ferentino. Durant ces années, sous la direction spirituelle du père jésuite Michele Perez, elle approfondit sa vie de prière, de pénitence et se consacre activement aux œuvres de charité et à l'assistance aux malades. En 1816, elle retourne à Rome pour s'occuper de sa fille et de ses parents âgés, assistant notamment sa mère paralysée pendant quatre ans jusqu'à sa mort en 1820.
Vie et oeuvre
Guérison miraculeuse, appel à l'éducation des filles pauvres, fondation de la première école publique pour filles à Frosinone et création de la congrégation des Sœurs Augustiniennes Servantes de Jésus et de Marie.
Après la mort de sa mère en 1820, Maria Teresa s'installe avec son père chez son frère, près de l'église Santa Maria in Monticelli, desservie par les Pères Doctrinaires. C'est là qu'elle est guidée par le père Pietro Castelnuovo. Alors qu'elle est atteinte d'une grave maladie (une colite ulcéreuse), son directeur spirituel l'exhorte à demander l'intercession du vénérable César de Bus, fondateur des Doctrinaires. Priant simultanément avec le prêtre, elle est soudainement et complètement guérie.\n\nLe 1er novembre 1820, lors d'une vision spirituelle, elle ressent un appel pressant à se consacrer à l'évangélisation et à l'éducation des jeunes filles pauvres. Les Pères Doctrinaires mettent à sa disposition des locaux paroissiaux où elle commence à enseigner le catéchisme et les rudiments scolaires. En mai 1821, alors qu'elle envisage de retourner à Ferentino, elle perçoit une voix intérieure lui indiquant : « Ce n'est pas à Ferentino que je te veux, mais à Frosinone ».\n\nSuivant ce conseil, elle s'installe à Frosinone en 1821. Le 8 octobre de la même année, en accord avec la municipalité et accompagnée de trois autres enseignantes, elle y ouvre la première école publique élémentaire pour filles de la ville. Pour répondre aux besoins de la population, elle développe rapidement l'œuvre en y adjoignant un pensionnat, un atelier de broderie et de fleurs artificielles, ainsi que des activités de catéchisme pour adultes et de préparation aux sacrements. Face au succès de son entreprise, la municipalité lui concède l'église et l'ancien couvent de Sant'Agostino.\n\nDésireuse de donner une structure stable et consacrée à ce groupe d'éducatrices, Maria Teresa fonde, le 23 septembre 1827, une communauté religieuse dédiée à la prière et à l'enseignement. Elle et ses compagnes prononcent leurs vœux et reçoivent l'habit sous le nom de « Serve di Gesù e Maria » (Servantes de Jésus et Marie). En 1831, l'institut est officiellement agrégé à l'Ordre de Saint Augustin, prenant le nom de « Sœurs Augustiniennes Servantes de Jésus et de Marie ».\n\nEn 1835, Maria Teresa doit faire face à une nouvelle épreuve familiale : sa fille Maria Domenica, devenue religieuse bénédictine à Veroli, est renvoyée de son monastère en raison d'une grave maladie mentale. La fondatrice l'accueille au sein de sa communauté et la soigne avec un dévouement héroïque jusqu'à sa mort en 1846. En 1838, pour s'unir plus intimement aux souffrances du Christ, Maria Teresa émet les vœux du « plus parfait » et de « victime ». Elle s'éteint à Frosinone le 22 janvier 1850, après avoir consacré sa vie à l'éducation chrétienne et à la promotion humaine des jeunes filles.
Cheminement vers la sainteté
Une réputation de sainteté immédiate, forgée à travers les épreuves de sa vie vécues dans un abandon total à la Divine Providence.
Dès sa mort, Maria Teresa Spinelli laisse une profonde réputation de sainteté parmi la population de Frosinone et ses compagnes religieuses. Sa vie, marquée par des épreuves successives et douloureuses — la violence conjugale, l'abandon, la pauvreté, la maladie de sa fille et les exigences de la fondation d'une œuvre nouvelle —, a été vécue dans un abandon total à la Divine Providence. Elle a su sanctifier chaque état de vie qu'elle a traversé (épouse, mère célibataire, travailleuse laïque, religieuse et fondatrice) avec une force d'âme et une patience héroïques.
Béatification et canonisation
Introduction de la cause de béatification, reconnaissance de l'héroïcité de ses vertus par le pape François en 2016, lui conférant le titre de vénérable.
La cause de béatification de Maria Teresa Spinelli est officiellement introduite dans le diocèse de Frosinone-Veroli-Ferentino. L'enquête diocésaine se déroule du 17 septembre 1982 au 27 février 1997. La validité juridique de cette enquête est reconnue par un décret de la Congrégation pour les Causes des Saints le 20 février 1998. La Positio, document de synthèse sur sa vie et ses vertus, est publiée en 2008.\n\nAprès l'examen favorable des consulteurs historiques et des théologiens, le pape François autorise, le 10 octobre 2016, la promulgation du décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus, lui conférant ainsi le titre officiel de Vénérable. Le processus se poursuit actuellement en vue de la reconnaissance d'un miracle attribué à son intercession, nécessaire pour sa béatification.
Spiritualité et héritage
Une spiritualité augustinienne et mariale, une pédagogie de l'amour, et la poursuite de son œuvre éducative à travers le monde par les Sœurs Augustiniennes Servantes de Jésus et de Marie.
La spiritualité de Maria Teresa Spinelli est profondément christocentrique et mariale, nourrie par la règle de saint Augustin. Elle a développé une véritable « pédagogie de l'amour », convaincue que l'éducation doit passer par l'amitié, le respect de la dignité de chaque élève et le dialogue, plutôt que par la contrainte. Elle a également introduit à Frosinone une fervente dévotion à Notre-Dame de Guadalupe, dont la statue fut exposée dans l'église Sant'Agostino dès 1829, instaurant une procession annuelle solennelle le 8 septembre.\n\nAujourd'hui, les Sœurs Augustiniennes Servantes de Jésus et de Marie poursuivent l'œuvre éducative et pastorale de leur fondatrice en Italie et à travers le monde (notamment à Malte, en Inde, en Australie et en Afrique). Le 5 juillet 2025, le pape François a salué leur fidélité au charisme de la vénérable Maria Teresa Spinelli, les encourageant à former des esprits sages et des cœurs capables d'écoute à l'école du « Maître intérieur ».
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1789-1850
- Décret de vénérabilité par François