25 octobre 20ᵉ siècle

Braulio María Corres et 70 compagnons

Braulio María Corres et ses 70 compagnons sont des religieux de l'Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu martyrisés en Espagne en 1936 pour être restés fidèles à leur mission auprès des malades.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Présentation du groupe de 71 martyrs de l'Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, mené par Braulio María Corres et Federico Rubio Álvarez.

Le groupe des bienheureux Braulio María Corres et 70 compagnons (soit 71 martyrs au total) est composé de religieux de l'Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu (également appelés Frères Hospitaliers ou Fatebenefratelli). Ils ont été mis à mort en haine de la foi en Espagne entre juillet 1936 et février 1937, durant la guerre civile espagnole.\n\nParmi eux, deux figures majeures se détachent :\n- Braulio María Corres Díaz de Cerio (né Pablo Corres Díaz de Cerio) est né le 26 juin 1897 à Torralba del Río, en Navarre (Espagne). Entré à l'âge de 13 ans à l'École apostolique de Ciempozuelos, il a été ordonné prêtre en 1922. En 1931, il a été nommé maître des novices à Calafell (Tarragone). Il meurt martyr le 30 juillet 1936 à Calafell, à l'âge de 39 ans.\n- Federico Rubio Álvarez (né Carlos Rubio Álvarez) est né le 3 décembre 1862 à Benavides de Órbigo, dans la province de León (Espagne). Entré dans l'Ordre à l'âge de 19 ans, il a étudié à l'Université pontificale grégorienne de Rome et a été ordonné prêtre en 1899. Il a exercé de nombreuses responsabilités, notamment comme supérieur à Gibraltar, Grenade et Madrid, provincial d'Espagne et directeur spirituel à Talavera de la Reina. Il a été martyrisé le 25 juillet 1936 à Talavera de la Reina, à l'âge de 73 ans.\n\nLes 69 autres compagnons martyrs étaient des frères hospitaliers de divers âges (de 18 à 75 ans) et de différentes nationalités, dont sept jeunes religieux colombiens qui achevaient leur formation en Espagne.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

L'engagement des frères hospitaliers auprès des malades et des plus démunis au sein de leurs institutions en Espagne.

L'œuvre de ce groupe de martyrs est intimement liée au charisme de l'Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, fondé au XVIe siècle pour le soin des malades, des pauvres et des personnes souffrant de handicaps physiques ou mentaux.\n\nEn 1936, au début de la guerre civile espagnole, les frères de l'Ordre géraient plusieurs hôpitaux, sanatoriums et écoles apostoliques à travers le pays, notamment à Calafell (Tarragone), Talavera de la Reina (Tolède), Ciempozuelos (Madrid), Carabanchel Alto (Madrid), Barcelone et Sant Boi de Llobregat.\n\nFace à la montée des tensions et aux menaces directes de persécution religieuse, le Supérieur Général de l'Ordre, le Frère Narciso Durchschein, avait adressé une lettre aux communautés pour les exhorter à rester fidèles à leur mission. Il leur demandait de demeurer au chevet des malades et des personnes handicapées dont ils avaient la charge, à moins d'y être contraints par un cas de force majeure. Les frères choisirent de rester à leur poste, refusant d'abandonner leurs patients malgré le danger de mort imminent.

Martyre 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Le récit du martyre des frères hospitaliers, arrêtés et exécutés dans différentes localités espagnoles en 1936.

Le chemin de croix de ces religieux s'est déroulé au cours des premiers mois de la guerre civile espagnole, marquée par une violente persécution contre l'Église catholique.\n\nLe 25 juillet 1936, à Talavera de la Reina, les miliciens arrêtèrent les quatre membres de la communauté locale, dont le père Federico Rubio Álvarez. Ils furent conduits à l'extérieur de la ville et fusillés près du sanctuaire de la Vierge du Prado.\n\nÀ Calafell, le père Braulio María Corres Díaz de Cerio, conscient du danger, prépara spirituellement ses novices au martyre. Le 30 juillet 1936, après leur avoir distribué la communion et les avoir encouragés à offrir leur vie pour le Christ, il fut arrêté avec 14 de ses compagnons et novices alors qu'ils se dirigeaient vers la gare. Ils furent tous fusillés le jour même.\n\nD'autres exécutions eurent lieu dans les mois suivants dans les communautés de Ciempozuelos, Carabanchel Alto, Barcelone et Sant Boi de Llobregat. Parmi les victimes figuraient sept jeunes frères colombiens (Rubén de Jesús López Aguilar, Arturo Ayala Niño, Juan Bautista Velázquez Peláez, Eugenio Ramírez Salazar, Esteban Maya Gutiérrez, Melquíades Ramírez Zuloaga et Gaspar Páez Perdomo), arrêtés à Ciempozuelos et fusillés à Barcelone le 9 août 1936. Ils devinrent ainsi les premiers bienheureux de l'histoire de la Colombie.\n\nDans tous les cas, les témoins rapportent que les martyrs accueillirent la mort avec sérénité, pardonnant à leurs bourreaux et confessant leur foi.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

La reconnaissance officielle du martyre et la béatification solennelle par le Pape Jean-Paul II en 1992.

La cause de béatification de ce premier groupe de martyrs de l'Ordre Hospitalier a été introduite après la fin du conflit. Le décret reconnaissant officiellement leur martyre en haine de la foi a été promulgué par la Congrégation pour les Causes des Saints le 14 mai 1991.\n\nLe 25 octobre 1992, le Pape Jean-Paul II a célébré la béatification solennelle de Braulio María Corres, Federico Rubio et de leurs 69 compagnons sur la place Saint-Pierre à Rome. Lors de son homélie, le Saint-Père a salué ces « témoins du Christ crucifié et ressuscité » qui n'ont pas tremblé devant les menaces et ont scellé de leur vie la vérité qu'ils professaient. Il a également rendu un hommage particulier aux sept frères colombiens, premiers fils de cette nation à être élevés aux honneurs des autels.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

L'union du martyre de la foi et de la charité, et l'unification de leur mémoire liturgique au sein de l'Ordre.

La spiritualité de ces 71 bienheureux repose sur la synthèse parfaite entre le martyre de la foi et le martyre de la charité. En choisissant de ne pas abandonner les malades mentaux, les enfants handicapés et les indigents dont ils s'occupaient, ils ont vécu le charisme de l'hospitalité jusqu'au don suprême de leur vie.\n\nLeur héritage demeure vivant au sein de la Famille hospitalière de Saint-Jean-de-Dieu. En 2014, la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a approuvé la demande de l'Ordre d'unifier la mémoire liturgique de tous ses martyrs de la guerre d'Espagne (les 71 béatifiés en 1992 et les 24 béatifiés en 2013) au 25 octobre, jour anniversaire de la première béatification.\n\nCes martyrs rappellent aujourd'hui encore aux religieux et aux collaborateurs laïcs de l'Ordre la valeur inestimable du service compatissant auprès des plus vulnérables et la force de la foi face à l'adversité.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.