13 aout 20ᵉ siècle

Felipe de Jesús Munárriz et 50 compagnons

Felipe de Jesús Munárriz et ses 50 compagnons sont des missionnaires clarétains espagnols martyrisés en août 1936 à Barbastro durant la guerre civile espagnole.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

La vie de Felipe de Jesús Munárriz Azcona, de sa naissance en Navarre à sa nomination comme supérieur de la communauté clarétaine de Barbastro.

Le bienheureux Felipe de Jesús Munárriz Azcona est né le 4 février 1875 à Allo, dans la province de Navarre en Espagne. Issu d'une famille profondément chrétienne, il entre à l'âge de 11 ans au séminaire des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie (communément appelés Clarétains) à Barbastro. Il prononce ses vœux religieux le 16 juillet 1891 à Cervera et poursuit ses études théologiques à Santo Domingo de la Calzada, où il est ordonné prêtre le 9 janvier 1898. Durant près de quarante ans, le père Munárriz exerce diverses fonctions de formateur et de supérieur au sein de sa congrégation, notamment à Cervera, Alagón, Barcelone, Carthagène et Saragosse. En 1934, il est nommé supérieur de la communauté clarétaine de Barbastro. Cette communauté-séminaire, qui compte 60 membres en juillet 1936, est composée de 9 prêtres, 12 frères coadjuteurs et 39 séminaristes (étudiants en théologie) sur le point d'être ordonnés.

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Vie et œuvre

L'œuvre de formation de la communauté de Barbastro et l'épreuve de leur arrestation et captivité en juillet 1936.

L'œuvre de la communauté clarétaine de Barbastro est avant tout une œuvre de formation sacerdotale et missionnaire. En juillet 1936, alors que l'Espagne s'enfonce dans la guerre civile, la tension monte à Barbastro. Le 20 juillet 1936, des miliciens révolutionnaires anarchistes prennent d'assaut le séminaire clarétain sous le prétexte fallacieux d'y chercher des armes. Bien qu'aucune arme ne soit trouvée, l'ensemble de la communauté est arrêté. Les miliciens séparent immédiatement les supérieurs du reste du groupe. Le père Felipe de Jesús Munárriz (supérieur), le père Juan Díaz Nosti (préfet des séminaristes) et le père Leoncio Pérez Ramos (économe) sont conduits à la prison municipale. Les religieux âgés ou malades sont transférés à l'hôpital ou à l'hospice local. Les 39 séminaristes et les autres frères sont quant à eux enfermés dans l'auditorium du collège des Pères Pies (Escolapios). Durant leur captivité dans cet auditorium, les jeunes séminaristes vivent un véritable chemin de croix. Malgré la chaleur étouffante de l'été, le manque d'eau et les humiliations constantes (notamment l'introduction de prostituées pour tenter de les faire faillir à leurs vœux), ils maintiennent une vie de prière intense. Ils récitent l'Office divin, le chapelet et reçoivent clandestinement la communion au cours des premiers jours. Les miliciens leur proposent à plusieurs reprises la liberté en échange de l'abandon de leur foi et de leur habit religieux, mais tous refusent catégoriquement. Deux séminaristes de nationalité argentine, Atilio-Cecilio Parussini Sof et Pablo Hall Fritz, sont finalement libérés le 12 août 1936 en raison de leur statut d'étrangers. Ce sont eux qui, parvenus à Rome, transmettront le témoignage héroïque de leurs compagnons et sauveront la célèbre « Lettre d'adieu à la Congrégation » (le Testament des martyrs de Barbastro), rédigée par Faustino Pérez et signée par les séminaristes.

Martyre 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Le martyre de la communauté clarétaine de Barbastro, exécutée en plusieurs vagues en août 1936.

Le martyre de la communauté s'accomplit en plusieurs vagues d'exécutions entre le 2 et le 18 août 1936. Les premiers à verser leur sang sont les trois supérieurs : le père Felipe de Jesús Munárriz, le père Juan Díaz Nosti et le père Leoncio Pérez Ramos. Sans aucun procès, ils sont fusillés à l'aube du 2 août 1936 aux portes du cimetière de Barbastro. Les autres membres de la communauté sont exécutés par groupes successifs : le 12 août 1936, un groupe de 6 religieux est fusillé ; le 13 août 1936, 20 séminaristes et frères sont exécutés ; le 15 août 1936, un autre groupe de 20 religieux est conduit au martyre ; le 18 août 1936, les deux derniers séminaristes, qui étaient restés à l'hôpital, sont fusillés à leur tour. Au total, ce sont 51 missionnaires clarétains (9 prêtres, 37 séminaristes et 5 frères coadjuteurs) qui meurent en martyrs, en pardonnant explicitement à leurs bourreaux et en proclamant leur foi. Ils meurent en criant : « Vive le Christ Roi ! » et « Vive le Cœur de Marie ! ».

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

La reconnaissance du martyre et la béatification solennelle par le Pape Jean-Paul II en 1992.

La cause de béatification de Felipe de Jesús Munárriz et de ses 50 compagnons a été introduite après la guerre civile, s'appuyant notamment sur les témoignages oculaires des deux survivants argentins. Le décret reconnaissant leur martyre in odium fidei (en haine de la foi) a été promulgué par le Saint-Siège le 7 mars 1992. Ils ont été solennellement béatifiés par le Pape Jean-Paul II le 25 octobre 1992 sur la place Saint-Pierre à Rome. Lors de la cérémonie, le souverain pontife a salué ce groupe exceptionnel en le qualifiant de « séminaire-martyr », soulignant la dimension communautaire et ecclésiale de leur témoignage héroïque. Leurs reliques sont pieusement conservées et vénérées dans le Mausolée des Martyrs, situé dans l'église du Cœur de Marie de la maison clarétaine de Barbastro.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

La spiritualité clarétaine des martyrs, leur message de pardon et leur mémoire liturgique.

La spiritualité des martyrs de Barbastro s'inscrit profondément dans le charisme de saint Antoine-Marie Claret, fondateur de la congrégation. Elle est caractérisée par un amour filial envers le Cœur Immaculé de Marie, une dévotion eucharistique intense et une fidélité absolue à la vocation missionnaire. Leur héritage le plus marquant réside dans leur attitude de pardon héroïque et de non-violence. Dans leur lettre d'adieu, rédigée sur des emballages de chocolat, ils écrivent : « Nous mourons tous contents, sans que personne ne faiblisse ni ne regrette ; nous mourons tous en priant Dieu que le sang qui coulera de nos blessures ne soit pas un sang vengeur, mais un sang qui, entrant rouge et vivant dans tes veines, stimule ton développement et ton expansion à travers le monde entier ». Leur mémoire liturgique est fixée au 13 août. De plus, depuis 2019, la Congrégation des Missionnaires Clarétains célèbre conjointement la mémoire de tous ses martyrs le 1er février. Leur martyre a inspiré le film historique espagnol Un Dios prohibido (Un Dieu interdit), sorti en 2013, qui retrace fidèlement leurs dernières semaines de captivité.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1936
  2. Béatification en 1992 par Jean-Paul II

Citations

  • Nous mourons tous contents, sans que personne ne faiblisse ni ne regrette ; nous mourons tous en priant Dieu que le sang qui coulera de nos blessures ne soit pas un sang vengeur, mais un sang qui, entrant rouge et vivant dans tes veines, stimule ton développement et ton expansion à travers le monde entier https://vertexaisearch.cloud.google.com/grounding-api-redirect/AUZIYQHlc-Wfd4g9ML-ptUCoLz51MnQ2iHBXz8yHCAPED1R05qqJbibtJP_uAk45XJ56HzVxw6qWIdf1SuLjCdjQ4uiy454sdWzeBglLGd5TI45ChCqx2TYh1uQAEX-1x8_FNYU-X-K4qsnSi75JKt6yI3N-0owZocb9