Ángel Cuartas Cristóbal et ses 8 compagnons sont neuf séminaristes espagnols d'Oviedo, martyrs de la foi entre 1934 et 1937 lors de la révolution des Asturies et de la guerre civile.
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Biographie
Présentation du groupe de neuf jeunes séminaristes de l'archidiocèse d'Oviedo, martyrs de la foi entre 1934 et 1937.
Le groupe des bienheureux Ángel Cuartas Cristóbal et ses 8 compagnons est constitué de neuf jeunes séminaristes de l'archidiocèse d'Oviedo, dans la région des Asturies en Espagne. Issus de familles modestes et profondément chrétiennes — fils de pêcheurs, de mineurs, d'agriculteurs ou d'artisans —, ils se préparaient au sacerdoce au séminaire de Valdediós puis au grand séminaire d'Oviedo. Leurs vies ont été fauchées entre 1934 et 1937, au cours de la révolution des Asturies d'octobre 1934 et de la guerre civile espagnole, alors qu'ils étaient âgés de 18 à 25 ans.\n\nVoici la liste des neuf martyrs :\n1. Ángel Cuartas Cristóbal : né le 1er juin 1910 à Lastres, mort le 7 octobre 1934 à Oviedo (24 ans). Sous-diacre, il était en cinquième année de théologie.\n2. Mariano Suárez Fernández : né le 8 octobre 1910 à San Andrés de Linares (El Entrego), mort le 7 octobre 1934 à Oviedo (23 ans). Il étudiait en quatrième année de théologie.\n3. Jesús Prieto López : né le 28 août 1912 à Bodecangas (La Roda, Tapia de Casariego), mort le 7 octobre 1934 à Oviedo (22 ans). Il était en troisième année de théologie.\n4. César Gonzalo Zurro Fanjul : né le 22 octobre 1912 à Avilés, mort le 7 octobre 1934 à Oviedo (21 ans). Il étudiait en deuxième année de théologie.\n5. José María Fernández Martínez : né le 5 mai 1915 à Muñón Cimero (Pola de Lena), mort le 7 octobre 1934 à Oviedo (19 ans). Il était en première année de théologie.\n6. Juan José Castañón Fernández : né le 6 août 1916 à Moreda de Aller, mort le 7 octobre 1934 à Oviedo (18 ans). Il était en troisième année de philosophie et était le plus jeune du groupe.\n7. Luis Prado García : né le 4 mars 1914 à San Martín de Laspra (Piedras Blancas), mort le 4 septembre 1936 à Gijón (21 ans).\n8. Manuel Olay Colunga : né le 25 juillet 1911 à Noreña, mort le 22 septembre 1937 à Villafría (Oviedo) (26 ans). Sous-diacre, il était en cinquième année de théologie.\n9. Sixto Alonso Hevia : né le 1er février 1916 à Poago (Luanco), mort le 27 mai 1937 à Ventanielles (21 ans). Il était en troisième année de philosophie.
Vie et œuvre
Leur parcours de formation au séminaire et le récit détaillé de leur martyre lors de la révolution de 1934 et de la guerre civile.
La vie de ces neuf jeunes gens est entièrement centrée sur leur formation sacerdotale et leur fidélité indéfectible à leur vocation, dans un contexte de tensions politiques et de persécutions religieuses croissantes en Espagne à partir de 1931. Malgré les avertissements répétés de leurs familles et de leurs curés de paroisse, qui pressentaient les dangers, aucun d'eux ne voulut abandonner le séminaire.\n\nLeur martyre s'est déroulé en deux temps distincts :\n\nLa révolution d'octobre 1934 à Oviedo :\nLe 5 octobre 1934, une violente insurrection de gauche éclate dans les Asturies. Le lendemain, 6 octobre, le grand séminaire d'Oviedo est pris d'assaut et incendié par les révolutionnaires. Les séminaristes sont contraints de fuir. Un petit groupe composé d'Ángel Cuartas Cristóbal, Mariano Suárez Fernández, Jesús Prieto López, César Gonzalo Zurro Fanjul, José María Fernández Martínez et Juan José Castañón Fernández se réfugie dans la cave d'un immeuble près du quartier de San Lázaro. Après avoir passé la nuit en prière, l'un d'eux sort le matin du 7 octobre pour chercher de la nourriture. Capturé par les miliciens, il est contraint de révéler leur cachette. Les six séminaristes sont traînés dans la rue sous les cris de la foule réclamant leur mort (« ¡Matadlos, que son curas! » / « Tuez-les, ce sont des prêtres ! »). Ils sont fusillés le jour même sur le bord de la route à la sortie d'Oviedo. Un seul de leurs compagnons présents dans la cave échappe à la mort car, n'ayant pas encore reçu la tonsure, il n'est pas identifié comme membre du clergé.\n\nLa guerre civile espagnole (1936-1937) :\nLes trois autres séminaristes sont assassinés après le déclenchement de la guerre civile :\n- Luis Prado García se cache chez des proches à Avilés, mais il est découvert et transféré à Gijón. Le 4 septembre 1936, il est fusillé de onze balles en criant « ¡Viva Cristo Rey! ».\n- Manuel Olay Colunga parvient à se cacher jusqu'au 18 juin 1937, date de son arrestation. Emprisonné à Gijón, il est envoyé aux travaux forcés pour fortifier les lignes à San Esteban de las Cruces. Le 22 septembre 1937, il est abattu d'une balle dans le dos à Villafría. Avant sa mort, il fait parvenir ce message à sa famille : « decid a los de casa que muero dando gritos a Cristo Rey » (« dites à ceux de la maison que je meurs en criant vers le Christ Roi »).\n- Sixto Alonso Hevia est arrêté, puis mobilisé de force et envoyé au front au col de Ventaniella. Le 27 mai 1937, il est poignardé à mort par des miliciens alors qu'il était en train de prier. Il avait laissé cette consigne à ses parents : « Tenéis que perdonar » (« Vous devez pardonner »).
Cheminement vers la sainteté
La réputation de martyre et les étapes du procès de béatification, de l'introduction de la cause en 1993 à la signature du décret en 2018.
La réputation de martyre de ces neuf séminaristes s'est rapidement propagée dans le diocèse d'Oviedo. Dès les premières décennies après leur mort, les témoignages de leurs anciens compagnons et de leurs familles sont recueillis.\n\nLa cause de béatification est officiellement introduite avec l'obtention du décret de nihil obstat le 12 mai 1993. L'enquête diocésaine, menée avec rigueur par une commission historique pour analyser le contexte de l'époque, est clôturée et envoyée à Rome. La Positio, un dossier de 900 pages démontrant qu'ils ont été tués en haine de la foi (in odium fidei) et qu'ils ont accepté la mort par amour du Christ en pardonnant à leurs bourreaux, est soumise à la Congrégation pour les Causes des Saints.\n\nLe 21 juin 2018, le Congrès des théologiens de la Congrégation se prononce à l'unanimité en faveur de la reconnaissance de leur martyre. Le 7 novembre 2018, le pape François autorise la promulgation du décret reconnaissant officiellement leur martyre, ouvrant ainsi la voie à leur béatification sans qu'un miracle ne soit requis.
Béatification et canonisation
La célébration solennelle de béatification en 2019 à la cathédrale d'Oviedo et la translation de leurs reliques.
La cérémonie de béatification d'Ángel Cuartas Cristóbal et de ses 8 compagnons est célébrée le samedi 9 mars 2019 en la cathédrale métropolitaine du Saint-Sauveur d'Oviedo. La célébration est présidée par le cardinal Giovanni Angelo Becciu, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le pape François.\n\nLors de la procession d'entrée, les reliques des nouveaux bienheureux sont portées dans la célèbre « Boîte des Agates » (Caja de las Ágatas), un chef-d'œuvre d'orfèvrerie préromane du Xe siècle (donné à l'Église en 910 par le roi Alphonse III), conservé dans la Chambre Sainte (Cámara Santa) de la cathédrale.\n\nLeurs restes mortels reposent désormais dans la chapelle majeure du séminaire métropolitain d'Oviedo. Leur mémoire liturgique est fixée au 6 novembre, jour où l'Église d'Espagne commémore l'ensemble des martyrs du XXe siècle.
Spiritualité et héritage
L'exemple de fidélité absolue et de force surnaturelle laissé par ces jeunes séminaristes aux générations futures.
L'héritage spirituel de ces neuf séminaristes réside dans leur fidélité absolue à l'appel de Dieu, vécue jusqu'au don suprême de leur vie. Lors de la béatification, l'archevêque d'Oviedo, Mgr Jesús Sanz Montes, a souligné qu'ils « voulaient être prêtres, mais Dieu a choisi pour eux l'autel du plus grand sacrifice ».\n\nLeur exemple est particulièrement proposé aux séminaristes et à la jeunesse d'aujourd'hui comme un modèle de courage face à l'indifférence ou à l'hostilité du monde contemporain. Ils n'ont pas cherché le martyre — ils ont tenté de se cacher et de préserver leur vie —, mais lorsque l'épreuve s'est présentée, ils l'ont affrontée avec une force surnaturelle, nourrie par la prière du chapelet et l'adoration eucharistique.\n\nAu séminaire d'Oviedo, la mémoire de ces jeunes martyrs demeure vivante, symbolisée par les pupitres qu'ils ont laissés vides, invitant de nouvelles générations à répondre avec la même générosité à l'appel du Seigneur.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : XXe
- Béatification en 2019 par François
Citations
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¡Matadlos, que son curas! (Tuez-les, ce sont des prêtres !)
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Tenéis que perdonar (Vous devez pardonner)
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