Anton Durcovici
Vescovo di Iași e martire della fede, Anton Durcovici è morto in prigione sotto il regime comunista rumeno nel 1951.
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Biographie
Naissance en Autriche, émigration en Roumanie, études brillantes à Rome et ordination sacerdotale avant son retour à Bucarest.
Anton Durcovici naît le 17 mai 1888 à Bad Deutsch-Altenburg, en Autriche, au sein d'une famille modeste. Son père, Francesco (Franz), est ouvrier dans une carrière de pierre, et sa mère, Maria, est femme au foyer. Son père meurt de la tuberculose en 1893. En 1894, sa mère décide d'émigrer en Roumanie avec Anton et son frère Franz. Ils s'installent d'abord à Iași, où une tante possède un restaurant et leur offre du travail. En 1898, la famille déménage à Bucarest.
En septembre 1901, Anton entre au petit séminaire de Bucarest. Remarqué pour ses capacités intellectuelles, il est envoyé à Rome en octobre 1906 par l'archevêque Raymund Netzhammer pour poursuivre ses études au Collège Urbain (Propaganda Fide). Il étudie à l'Université Saint-Thomas (Angelicum) et à l'Université Urbanienne, obtenant des doctorats en philosophie et en théologie. Il complète également ses études de droit à la Faculté du Séminaire romain, obtenant une licence en droit canonique en 1911.
Il est ordonné prêtre le 24 septembre 1910 dans la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome par le cardinal Pietro Respighi. En juillet 1911, il retourne à Bucarest où il est nommé préfet et professeur au séminaire Santo Spirito. Lorsque la Roumanie entre en guerre contre l'Autriche-Hongrie en août 1916, Anton Durcovici, en tant que citoyen autrichien, est arrêté et interné dans un camp en Moldavie avec d'autres prêtres étrangers. Grâce à l'intervention de l'archevêque Netzhammer auprès des autorités, il est libéré et peut retourner à Bucarest en décembre 1917.
Vie et œuvre
Recteur de séminaire, engagé dans l'Action Catholique, il devient évêque de Iași en 1948 et s'oppose fermement au régime communiste.
Après la Première Guerre mondiale, l'abbé Durcovici s'investit pleinement dans la formation des futurs prêtres et l'apostolat des laïcs. En septembre 1924, il est nommé recteur du séminaire Santo Spirito de Bucarest, charge qu'il occupera jusqu'en 1948. Il est également très actif au sein de l'Action Catholique : il devient vice-président puis président (en 1921) de la Congrégation mariale des hommes, et accompagne l'Association des mères chrétiennes ainsi que les tertiaires franciscains.
Le 30 octobre 1947, le pape Pie XII le nomme évêque de Iași. Son ordination épiscopale a lieu le 5 avril 1948 dans la cathédrale Saint-Joseph de Bucarest, par l'imposition des mains de Mgr Gerald Patrick O'Hara (alors régent de la nonciature apostolique en Roumanie), assisté de Mgr Alexandru Cisar et Mgr Markus Glaser. Il prend officiellement possession de son siège à Iași le 14 avril 1948. En janvier 1949, il est également nommé administrateur apostolique de l'archidiocèse de Bucarest, après que Mgr Cisar a été empêché d'exercer son ministère par les autorités.
En tant qu'évêque, Mgr Durcovici se distingue par son zèle pastoral. Il visite de nombreuses paroisses de son diocèse, prêchant l'Évangile et encourageant les fidèles face à la montée du régime communiste. Il s'oppose fermement aux tentatives du gouvernement communiste de détacher l'Église catholique de Roumanie de l'autorité du Pape pour créer une église nationale contrôlée par l'État (en refusant notamment de signer le projet de statut de culte ou « Kulturstatut » imposé par le régime).
Cheminement vers la sainteté
Arrêté par la Securitate en 1949, il subit de graves sévices et meurt de faim et de froid dans une cellule d'isolement à la prison de Sighet.
En raison de son opposition résolue au régime athée, Mgr Durcovici est placé sous surveillance étroite par la Securitate (la police politique roumaine), qui constitue un dossier d'enquête pénale contre lui.
Le 26 juin 1949, alors qu'il se rend à la paroisse de Popești-Leordeni, près de Bucarest, pour y administrer le sacrement de confirmation à des centaines de jeunes, il est arrêté violemment dans la rue par des agents de la Securitate. Le père Rafael Friedrich, qui l'accompagne, tente de s'interposer mais est frappé à la tête avec une manivelle en fer et jeté lui aussi dans la voiture des agents.
Mgr Durcovici est d'abord détenu et interrogé au siège du ministère de l'Intérieur à Bucarest, où il subit de graves sévices. Le 4 mai 1950, il est transféré à la prison de Jilava. Le 17 septembre 1951, il est conduit à la prison de Sighet (Sighetu Marmației), un centre de détention tristement célèbre où sont regroupés les dignitaires politiques et religieux opposés au régime.
À Sighet, l'évêque subit des conditions de détention inhumaines. Il est d'abord placé dans la cellule commune 44. Vers la mi-novembre 1951, il est transféré à la cellule d'isolement numéro 13, sans lumière ni chauffage, afin d'y mourir à l'écart des autres détenus. Privé de nourriture et d'eau, affaibli par la faim, le froid extrême et la maladie, il s'éteint dans sa cellule le soir du 10 décembre 1951. Peu avant sa mort, il reçoit l'absolution sacramentelle à travers la porte fermée de sa cellule de la part du père Rafael Friedrich, qui était alors chargé de balayer le couloir.
Son corps est enterré secrètement de nuit dans une fosse anonyme du cimetière des pauvres de Sighetu Marmației. Les autorités communistes s'efforcent ensuite de détruire tous les documents et preuves de son incarcération.
Béatification et canonisation
Reconnu martyr en 2013, il est béatifié le 17 mai 2014 à Iași par le cardinal Angelo Amato au nom du pape François.
La cause de béatification et de canonisation de Mgr Anton Durcovici est ouverte dans le diocèse de Iași. L'enquête diocésaine se déroule du 25 mars 1997 au 11 septembre 1999.
Le 31 octobre 2013, le pape François signe le décret reconnaissant officiellement son martyre en haine de la foi (in odium fidei).
La cérémonie de béatification est célébrée le 17 mai 2014 au stade municipal de Iași, en Roumanie. Elle est présidée par le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le pape François, en présence de dizaines de milliers de fidèles.
Sa fête liturgique est fixée au 10 décembre, jour de sa naissance au ciel.
Spiritualité et héritage
Ancré dans l'Eucharistie et la dévotion mariale, il reste un symbole de résistance face à l'oppression totalitaire en Roumanie.
La vie spirituelle de Mgr Anton Durcovici était profondément ancrée dans l'amour de l'Eucharistie et la dévotion mariale. Il exhortait constamment ses fidèles à conformer leur vie quotidienne à leur foi en la présence réelle du Christ dans le tabernacle. Il considérait également la famille chrétienne comme le « noyau vital de la renaissance du christianisme ».
Son héritage est celui d'un pasteur intrépide qui a préféré le martyre et la mort par privation plutôt que de trahir sa fidélité au Siège apostolique et à l'unité de l'Église.
Aujourd'hui, il est vénéré comme un symbole de la résistance de l'Église catholique face à l'oppression totalitaire en Roumanie. Une statue en bois à son effigie a été inaugurée le 17 mai 2015 dans la cour de la cathédrale Notre-Dame Reine de Iași, devenant un lieu de pèlerinage important pour les catholiques de la région.
Annessi ed entità collegate
Dati strutturati per l'esplorazione: eventi, miracoli, citazioni, luoghi, attributi, patronati ed entità importanti citate nel testo.
Eventi principali
- Époque / mort : 1951
- Béatification en 2014 par François