Juana Vázquez Gutiérrez
Religiosa mistica francescana spagnola, badessa e predicatrice dotata di un carisma eccezionale nel XVI secolo.
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Biographie
Naissance en 1481 à Azaña, vœu marial de sa mère, refus d'un mariage arrangé et entrée chez les franciscaines sous le nom de sœur Juana de la Cruz.
Juana Vázquez Gutiérrez, connue en religion sous le nom de sœur Juana de la Cruz (Jeanne de la Croix), naît le 3 mai 1481 à Villa de Azaña (aujourd'hui Numancia de la Sagra, dans la province de Tolède, en Espagne). Elle est la fille de Juan Vázquez et de Catalina Gutiérrez. À l'âge d'un an, la petite Juana tombe gravement malade et semble sur le point de mourir. Sa mère fait alors le vœu de l'emmener en pèlerinage au sanctuaire de Santa María de la Cruz à Cubas de la Sagra et d'y offrir son poids en cire. Catalina Gutiérrez meurt en 1488, alors que Juana n'a que sept ans, sans avoir pu accomplir cette promesse, qu'elle confie à son époux en présence de ses enfants.\n\nAprès la mort de sa mère, Juana vit d'abord avec sa grand-mère et sa tante maternelle, qui l'initient à la prière. Plus tard, elle est envoyée chez un oncle à Illescas. En 1494, alors qu'elle est adolescente, sa famille lui prépare un mariage arrangé avec un noble local. Fermement décidée à consacrer sa vie à Dieu et à accomplir la promesse mariale de sa mère, Juana refuse cette union. À l'âge de 15 ans, en 1496, elle s'enfuit de la maison de son oncle déguisée en homme pour éviter d'être rattrapée, et se rend à pied au beaterio de Santa María de la Cruz à Cubas de la Sagra. Devant sa détermination, son père finit par lui donner son consentement. Elle prend l'habit franciscain le 3 mai 1496 et fait sa profession religieuse solennelle le 3 mai 1497, prenant le nom de sœur Juana de la Cruz.
Vie et œuvre
Développement du monastère de Cubas de la Sagra, nomination exceptionnelle comme curé de la paroisse, prédications mystiques et épreuves de calomnies.
Le beaterio de Santa María de la Cruz, situé à Cubas de la Sagra, avait été établi à la suite d'apparitions mariales survenues en mars 1449 à une jeune fille nommée Inés Martínez. Sous l'impulsion de Juana, cette communauté de tertiaires franciscaines se structure et se développe. En 1509, le beaterio est officiellement transformé en monastère de la Tercera Orden Regular (Tiers-Ordre régulier franciscain), et Juana de la Cruz, bien qu'elle n'ait pas encore 28 ans, est élue abbesse de la communauté le 3 mai 1509.\n\nEn 1510, le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros, archevêque de Tolède, lui accorde un privilège extraordinaire et sans précédent pour une femme : il annexe la paroisse de Cubas de la Sagra au monastère et nomme Juana « párroco » (curé) de la paroisse. Ce titre exceptionnel est confirmé par une bulle du pape Jules II. Bien qu'elle ne soit pas ordonnée prêtre et qu'un prêtre soit chargé d'administrer les sacrements, Juana assume la pleine responsabilité de l'administration temporelle, financière et spirituelle de la paroisse.\n\nDotée d'un charisme exceptionnel, Juana reçoit également l'autorisation de prêcher publiquement. Pendant treize ans, elle prononce des sermons prophétiques lors de longs éxtases mystiques. Ses sermons sont transcrits par sa secrétaire, sœur María Evangelista (qui aurait appris miraculeusement à lire et à écrire pour cette tâche), et rassemblés dans le Libro del conorte (ou Conhorte). Sa renommée de sainteté et de sagesse attire de nombreux visiteurs illustres au monastère, dont l'empereur Charles V (Charles Quint), le cardinal Cisneros et Gonzalo Fernández de Córdoba (le « Grand Capitaine »).\n\nEn 1524, Juana est atteinte d'une arthrite rhumatoïde déformante qui lui cause de terribles souffrances physiques. En 1527, elle est victime de calomnies montées par la sous-vicaire du monastère, sœur Eufrasia, qui convoite sa charge. Déposée de ses fonctions d'abbesse par le provincial franciscain, Juana accepte cette épreuve avec une profonde humilité. En 1528, après la mort de la nouvelle abbesse et la découverte de la fausseté des accusations, ses sœurs la réélisent à l'unanimité comme abbesse. Elle conserve cette charge malgré sa maladie jusqu'à sa mort, survenue le 3 mai 1534, le jour même de ses 53 ans.
Cheminement vers la sainteté
Vénération populaire immédiate, interruption du procès de béatification au XVIIe siècle, redécouverte des manuscrits et reconnaissance des vertus héroïques en 2015.
Dès sa mort, Juana de la Cruz est vénérée par le peuple comme « La Santa Juana ». Son corps est retrouvé incorrompu plusieurs années après sa mort, ce qui renforce sa réputation de sainteté. Le procès informatif en vue de sa béatification s'ouvre en 1614/1619, et elle est déclarée vénérable le 4 mai 1630 par le tribunal ecclésiastique. Cependant, le processus est interrompu en raison de la perte des documents originaux requis par le Vatican et des réformes d'Urbain VIII sur le culte immémorial (qui exigeaient 100 ans de culte ininterrompu, alors que seulement 96 ans s'étaient écoulés depuis sa mort).\n\nEn 1977, les documents originaux de sa cause sont retrouvés dans les archives du Vatican, ce qui permet de relancer le processus. La cause est officiellement rouverte en 1996. En 1999, le théologien Inocente García de Andrés localise les manuscrits originaux de ses sermons à la bibliothèque de l'Escorial, relançant l'intérêt pour sa figure. Le 18 mars 2015, le Pape François autorise la promulgation du décret reconnaissant ses vertus héroïques, confirming officiellement son statut de vénérable.
Béatification et canonisation
Béatification équipollente par le Pape François le 25 novembre 2024 et fixation de sa fête liturgique.
Le 25 novembre 2024, lors d'une audience accordée au cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les Causes des Saints, le Pape François autorise la promulgation du décret confirmant le culte immémorial de la vénérable Juana de la Cruz, la déclarant ainsi bienheureuse par la voie de la béatification équipollente (sans qu'un miracle physique ne soit formellement requis, en raison de sa vénération populaire ininterrompue depuis près de cinq siècles).\n\nSa fête liturgique est fixée au 3 mai (jour de sa naissance et de sa mort). Le diocèse de Getafe (auquel appartient aujourd'hui Cubas de la Sagra) a fixé sa mémoire liturgique au 5 mai, célébrée officiellement pour la première fois en 2026.
Spiritualité et héritage
Spiritualité christocentrique et mariale, stigmates de la Passion, et importance de son œuvre littéraire comme le Libro del conorte.
La spiritualité de Juana de la Cruz est profondément christocentrique et mariale. Elle est marquée par l'imitation du Christ souffrant, ayant reçu les stigmates de la Passion en 1508 (qu'elle porta du Vendredi saint à l'Ascension). Ses visions mystiques, souvent exprimées à travers des images poétiques et audacieuses (comme le « château de sang » ou des représentations de l'amour divin), témoignent d'une union intime avec Dieu.\n\nJuana de la Cruz est aujourd'hui étudiée comme l'une des grandes figures de l'autorité spirituelle féminine en Espagne à l'aube du Siècle d'or, ouvrant la voie à des figures majeures telles que sainte Thérèse d'Avila ou saint Jean de la Croix. Son œuvre littéraire, en particulier le Libro del conorte, constitue l'un des plus importants corpus de prédication féminine du Moyen Âge tardif européen.
Annessi ed entità collegate
Dati strutturati per l'esplorazione: eventi, miracoli, citazioni, luoghi, attributi, patronati ed entità importanti citate nel testo.
Eventi principali
- Époque / mort : 1481-1534
- Béatification en 2024 par François