Maria Speranza della Croce
Religieuse espagnole et missionnaire en Chine, elle est la fondatrice de la congrégation des Missionnaires Augustines Récollettes.
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Biographie
Jeunesse de Salustiana Antonia Ayerbe Castillo en Espagne et son entrée au monastère de l'Incarnation à Madrid.
Salustiana Antonia Ayerbe Castillo, connue sous son nom de religion Maria Speranza della Croce (Marie Espérance de la Croix), naît le 8 juin 1890 à Monteagudo, dans la province de Navarre en Espagne. Elle est l'aînée d'une famille de sept enfants, née de l'union d'Ignacio Ayerbe et de María Araceli Castillo. En 1901, sa famille déménage à Tolosa (Guipúzcoa), puis s'établit en 1912 à Andoain. C'est dans cette localité qu'elle travaille comme opératrice téléphonique pour l'État, menant une vie laïque exemplaire, marquée par une piété profonde et un engagement discret dans les œuvres de charité.\n\nRessentant l'appel de Dieu à la vie consacrée, elle entre le 8 juin 1917 au monastère de l'Incarnation (Monasterio de la Encarnación) des Augustines Récollettes à Madrid. Elle commence son noviciat le 8 décembre 1917 et prend le nom de sœur Esperanza de la Cruz. Elle prononce ses premiers vœux (profession simple) le 10 décembre 1918, puis ses vœux solennels le 10 décembre 1921. Au sein du monastère, elle exerce la fonction d'infirmière, se distinguant par son dévouement et son esprit de service.
Vie et œuvre
Départ pour la mission en Chine, fondation de la congrégation des Missionnaires Augustines Récollettes et expansion internationale.
En 1930, répondant à l'appel du pape Pie XI, Mgr Francisco Javier Ochoa Ullate, OAR, préfet apostolique de Kweitehfu (aujourd'hui Shangqiu, dans la province du Henan en Chine), se rend en Espagne pour chercher des religieuses contemplatives prêtes à s'engager dans les missions. Sœur Esperanza, animée d'un zèle missionnaire ardent, se porte volontaire aux côtés de deux autres religieuses (sœur Ángeles de San Rafael et sœur Carmela de San Agustín).\n\nElles quittent l'Espagne au début de l'année 1931. Après une escale d'un mois à Manille auprès des Sœurs Augustines Récollettes des Philippines, elles arrivent à Kweitehfu le 19 mai 1931. Les religieuses se consacrent d'abord à l'apprentissage de la langue chinoise. Elles adaptent leur règle de clôture à la réalité missionnaire et déploient un apostolat intense : soin des enfants abandonnés (Sainte-Enfance), formation des catéchistes locales de la communauté des « Catéchistes du Christ-Roi » (fondée par Mgr Ochoa), visites aux malades et évangélisation des villages voisins. Sœur Esperanza devient la supérieure de cette nouvelle communauté.\n\nEn 1938, lors du conflit sino-japonais, la mission de Kweitehfu est bombardée, obligeant les missionnaires à se réfugier à l'hôpital Saint-Joseph. En 1940, la guerre les contraint à quitter définitivement la Chine. Après un passage par les Philippines, Mère Esperanza retourne en Espagne.\n\nEn 1941, elle ouvre une maison de noviciat à Monteagudo afin de former de futures missionnaires. Malgré l'impossibilité de renvoyer des sœurs en Chine en raison de la Seconde Guerre mondiale, la communauté se développe et fonde de nouvelles maisons en Espagne, en Colombie (Bogota en 1945), puis au Brésil, en Italie, au Venezuela et en Argentine.\n\nLe 18 janvier 1947, la congrégation est officiellement érigée en congrégation de droit diocésain sous le nom d'Augustines Récollettes Missionnaires de Marie (qui deviendra plus tard les Missionnaires Augustines Récollettes - MAR). Mère Esperanza est nommée première supérieure générale par le Saint-Siège, charge dans laquelle elle sera confirmée pour deux mandats successifs. Elle dirige l'institut avec sagesse, veillant à ce que les pauvres soient toujours secourus dans toutes les communautés.
Cheminement vers la sainteté
Maladie, démission de sa charge de supérieure générale, derniers mois de prière et mort à Monteagudo.
En 1962, atteinte d'un cancer, Mère Esperanza présente sa démission de sa charge de supérieure générale, qui est acceptée le 11 avril 1962 par l'évêque de Pampelune. Malgré la maladie et ses souffrances physiques, elle effectue en 1963 une dernière visite pastorale auprès des communautés d'Amérique latine. De retour en Espagne, elle participe en 1965 au troisième chapitre général de la congrégation avant de se retirer définitivement dans la maison de Monteagudo.\n\nElle y passe ses derniers mois dans la prière et l'abandon à la volonté divine, offrant ses souffrances en union avec la Croix du Christ. Elle s'éteint paisiblement le 23 mai 1967 à Monteagudo, entourée d'une grande réputation de sainteté. Ses obsèques sont vécues par les témoins dans un climat de profond mysticisme.
Béatification et canonisation
Ouverture de la cause de canonisation, transfert de ses restes et décret de vénérabilité par le pape François.
En raison de sa renommée de sainteté persistante, la cause de canonisation de Mère Esperanza est officiellement ouverte au niveau diocésain à Pampelune le 6 décembre 1991. Le procès diocésain est clôturé le 4 septembre 1994. Le 5 décembre 2009, ses restes mortels sont exhumés du cimetière et transférés solennellement dans la chapelle de la maison mère des Missionnaires Augustines Récollettes à Monteagudo.\n\nLe 14 décembre 2015, le pape François autorise la promulgation du décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus, lui conférant ainsi le titre de Vénérable.
Spiritualité et héritage
Spiritualité eucharistique et victimale de Mère Esperanza, et pérennité de son œuvre à travers le monde.
La spiritualité de la Vénérable Maria Speranza della Croce est profondément eucharistique et marquée par une théologie de l'offrande et de la réparation (spiritualité victimale). Son nom de religion, « Espérance de la Croix », résume son programme de vie : aimer les âmes rachetées par le sang précieux du Christ et s'unir intimement à ses souffrances rédemptrices. Elle a su harmoniser de manière remarquable la contemplation la plus haute, acquise durant ses années de clôture, avec un zèle missionnaire infatigable et un service concret auprès des plus démunis.\n\nSon héritage perdure aujourd'hui à travers la congrégation des Missionnaires Augustines Récollettes (MAR), présente dans de nombreux pays d'Europe, d'Asie et d'Amérique latine, qui continuent de vivre son double charisme de contemplation et d'action missionnaire.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1890-1967
- Décret de vénérabilité par François