Chiara Lubich
Chiara Lubich (1920-2008) est la fondatrice du Mouvement des Focolari, une œuvre dédiée à l'unité, à la fraternité universelle et au dialogue.
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Biographie
La vie de Silvia Lubich, devenue Chiara, de sa naissance à Trente en 1920 à sa mort à Rocca di Papa en 2008.
Silvia Lubich est née le 22 janvier 1920 à Trente, dans le nord de l'Italie. Elle est baptisée le 1er février 1920 dans l'église Santa Maria Maggiore sous le nom de Silvia Maria Elvira. Son père, de conviction socialiste, perd son emploi sous le régime fasciste en raison de ses idées politiques, plongeant la famille dans une extrême pauvreté. Pour subvenir aux besoins des siens et financer ses études, Silvia commence à travailler très jeune comme institutrice dans une école primaire de sa ville natale au début des années 1940, tout en s'inscrivant à la faculté de philosophie de l'université de Venise. En 1939, lors d'un pèlerinage au sanctuaire de Lorette, elle ressent un premier appel intérieur à une vocation nouvelle, qui ne correspond ni au couvent traditionnel, ni au mariage, ni à la consécration classique dans le monde. Devenue tertiaire franciscaine, elle choisit d'adopter le prénom de Chiara (Claire) en hommage à sainte Claire d'Assise, séduite par sa radicalité évangélique. Le 7 décembre 1943, à l'âge de 23 ans, elle consacre définitivement sa vie à Dieu par un vœu privé de chasteté perpétuelle. Cet acte intime, posé sans l'intention initiale de fonder une œuvre, marque symboliquement la naissance du Mouvement des Focolari. Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la ville de Trente subit de violents bombardements, Chiara et ses premières compagnes se réfugient dans les abris antiaériens. Face aux destructions matérielles et morales, elles acquièrent la conviction profonde que tout est vanité et que seul Dieu est l'idéal qui ne meurt pas. En 1944, après un bombardement particulièrement destructeur, la famille de Chiara doit fuir la ville, mais elle choisit de rester à Trente pour soutenir ses compagnes. Elles s'installent ensemble dans un petit appartement situé Piazza Cappuccini, qui devient le premier « focolare » (foyer). Chiara Lubich s'éteint le 14 mars 2008 à l'âge de 88 ans à Rocca di Papa, près de Rome, entourée des membres de sa communauté. Ses funérailles, célébrées à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome, rassemblent près de 40 000 personnes, dont de nombreux représentants politiques et chefs religieux de diverses confessions.
Vie et œuvre
La fondation et le développement du Mouvement des Focolari, officiellement dénommé l'Œuvre de Marie.
L'œuvre de Chiara Lubich est intrinsèquement liée à la fondation et au développement du Mouvement des Focolari (officiellement dénommé l'« Œuvre de Marie »). Le mouvement se structure autour de la spiritualité de l'unité, inspirée de la prière de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17, 21). Dès les premières années, Chiara Lubich est rejointe par des figures clés qui l'aident à donner au mouvement sa dimension sociale et ecclésiale : Igino Giordani (1894-1980), écrivain, journaliste, député à l'Assemblée constituante italienne et pionnier de l'œcuménisme, considéré comme cofondateur et premier focolarino marié ; et Pasquale Foresi (1929-2015), premier prêtre focolarino ordonné en 1954, également reconnu comme cofondateur, qui contribue à la structuration des études théologiques, à la création de la maison d'édition Città Nuova et à la fondation de la première citadelle à Loppiano. À partir de 1949, ils instaurent les « Mariapolis » (villes de Marie), des rassemblements d'été dans les Dolomites où des personnes de toutes conditions expérimentent une vie communautaire fondée sur l'Évangile. Le mouvement s'étend rapidement en Europe (Autriche en 1952, France en 1957), puis en Amérique du Sud (Brésil en 1958), aux États-Unis (New York en 1961), en Afrique (Fontem au Cameroun en 1965) et en Asie (Philippines en 1966). L'Œuvre de Marie reçoit sa première approbation locale en 1947 par l'archevêque de Trente, Mgr Carlo De Ferrari. Elle obtient sa première approbation pontificale ad experimentum sous le pontificat du pape Jean XXIII le 23 mars 1962. Le pape Paul VI accorde une approbation plus large en décembre 1964. Enfin, le 29 juin 1990, le Conseil pontifical pour les laïcs approuve les statuts généraux du mouvement. Une particularité unique de ces statuts, approuvée par le pape Jean-Paul II, est que la présidence du mouvement doit toujours être confiée à une femme laïque consacrée.
Cheminement vers la sainteté
La réputation de sainteté de Chiara Lubich de son vivant et l'élan spirituel après sa mort.
La réputation de sainteté de Chiara Lubich s'est manifestée dès son vivant à travers son rayonnement spirituel mondial, son engagement pour la paix et le dialogue interreligieux. Elle a reçu de nombreuses distinctions internationales, notamment le Prix UNESCO de l'éducation pour la paix en 1996 et le Prix des droits de l'homme du Conseil de l'Europe en 1998. Après sa mort en 2008, des milliers de pèlerins ont visité sa tombe située dans la chapelle du Centre international du Mouvement des Focolari à Rocca di Papa. Face à cet élan spirituel constant, la présidente du mouvement, Maria Voce, a officiellement demandé l'ouverture de sa cause de béatification le 7 décembre 2013, jour du 70e anniversaire de la fondation du mouvement.
Béatification et canonisation
L'ouverture officielle de la cause de béatification en 2015 et le déroulement de la phase diocésaine.
La cause de béatification et de canonisation de Chiara Lubich a été officiellement ouverte le 27 janvier 2015 par Mgr Raffaello Martinelli, évêque de Frascati, lors d'une cérémonie solennelle en la cathédrale de Frascati. À cette occasion, le pape François a envoyé un message saluant le « lumineux exemple » de sa vie. Depuis cette date, Chiara Lubich est officiellement déclarée Servante de Dieu. La phase diocésaine de l'enquête, visant à recueillir les écrits et les témoignages sur l'héroïcité de ses vertus, s'est achevée le 10 novembre 2019 en la cathédrale de Frascati. Durant cette phase, le tribunal diocésain a auditionné 166 témoins et rassemblé une documentation considérable répartie dans 75 cartons scellés. Ce dossier a été transmis au Dicastère pour les Causes des Saints au Vatican pour y être étudié.
Spiritualité et héritage
La spiritualité de l'unité et de communion, et son héritage à travers le dialogue et l'économie de communion.
La spiritualité de Chiara Lubich, qualifiée de « spiritualité de l'unité » ou « spiritualité de communion », repose sur la redécouverte de Dieu comme Amour et sur la mise en pratique radicale de l'Évangile au quotidien. Elle s'articule autour de deux piliers théologiques majeurs : l'unité, inspirée par le testament de Jésus (Jn 17, 21) pour construire la fraternité universelle, et Jésus abandonné, voyant dans son cri sur la croix la clé pour surmonter toutes les souffrances et divisions. Cette spiritualité a donné naissance à un vaste réseau de dialogue : dialogue œcuménique initié dès 1961 avec des pasteurs luthériens en Allemagne ; dialogue interreligieux avec des juifs, des musulmans, des bouddhistes et des hindous (Chiara Lubich s'est notamment exprimée devant des moines bouddhistes en Thaïlande et au Japon, ainsi que dans la mosquée Malcolm X à Harlem en 1997) ; et l'Économie de communion, projet lancé en 1991 au Brésil invitant les entreprises à partager leurs bénéfices pour aider les pauvres. Aujourd'hui, le Mouvement des Focolari est présent dans plus de 180 pays et compte plus de 2 millions de membres et sympathisants.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 2008
- Ouverture de la cause par ?