António José de Sousa Barroso
Évêque missionnaire portugais en Afrique et en Inde, puis évêque de Porto, il s'illustra par sa charité envers les pauvres et son courage face aux persécutions républicaines.
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Biographie
Jeunesse, formation et ordination sacerdotale d'António José de Sousa Barroso au Portugal.
António José de Sousa Barroso naît le 5 novembre 1854 à Remelhe, une paroisse de la municipalité de Barcelos, dans le nord du Portugal. Issu d'une famille de modestes agriculteurs, il est le fils aîné de José António de Sousa et d'Eufrásia Rosa Barroso. Malgré les ressources limitées de ses parents, il commence ses études secondaires au séminaire de Braga à l'âge de 17 ans. En novembre 1873, il est transféré au Collège des Missions d'Outre-mer de Cernache do Bonjardim (Colégio das Missões Ultramarinas), une institution clé pour la formation du clergé missionnaire portugais. Il y achève sa préparation théologique et est ordonné prêtre le 20 septembre 1879.
Vie et œuvre
Son parcours missionnaire en Angola, au Mozambique et en Inde, suivi de son épiscopat à Porto marqué par l'exil.
Dès 1880, le jeune prêtre s'embarque pour l'Afrique. Envoyé en Angola et dans l'ancien royaume du Congo, il y fonde la mission de São Salvador do Congo. Son zèle apostolique et sa proximité avec les populations locales lui valent une immense estime. En plus de son travail d'évangélisation, il s'intéresse de près à la géographie, à la linguistique et à l'ethnographie, se comportant en véritable « missionnaire scientifique ». Le 12 février 1891, le pape Léon XIII le nomme évêque titulaire d'Himéria et prélat du Mozambique. Il reçoit la consécration épiscopale le 5 juillet 1891 à Lisbonne. Au Mozambique, il relance l'activité missionnaire, fonde la mission de São José de Changuene (1892) et l'Institut d'enseignement Rainha Dona Amélia à Lourenço Marques (1893). En 1894, il publie un rapport majeur intitulé Padroado de Portugal em África, qui témoigne de sa vision moderne de la missiologie. Le 11 octobre 1897, il est transféré au siège épiscopal de São Tomé de Mylapore (Meliapor) en Inde, où il résout avec diplomatie des tensions locales liées au Padroado portugais. Le 23 mai 1899, il est nommé évêque de Porto, l'un des diocèses les plus importants du Portugal, dont il prend possession le 2 août 1899. À Porto, il réorganise le diocèse en 37 districts, s'attaque au manque d'instruction religieuse et se distingue par sa charité inlassable envers les pauvres, ce qui lui vaut le surnom de « bispo esmoler » (l'évêque aumônier). Son épiscopat à Porto est marqué par de graves tensions politiques après la proclamation de la République portugaise en octobre 1910. Mgr Barroso s'oppose fermement à la loi de séparation de l'Église et de l'État de 1911, portée par le ministre de la Justice Afonso Costa. Ayant co-rédigé et soutenu la diffusion d'une lettre pastorale collective de protestation, il est arrêté, jugé à Lisbonne le 7 mars 1911 et condamné à l'exil hors de son diocèse. Il se réfugie d'abord à Cernache do Bonjardim, puis dans sa paroisse natale de Remelhe. Lors de son procès, il prononce une phrase restée célèbre : « Il y a deux choses dont je sais que je ne mourrai pas : l'accouchement et la peur » (« Há duas coisas das quais sei que não irei morrer: parto e medo »). Il est autorisé à réintégrer son diocèse en avril 1914. Cependant, en août 1917, il subit un second exil de deux ans pour avoir autorisé trois religieuses à vivre en communauté et à pratiquer le culte à Vila Boa de Quires, enfreignant les lois antireligieuses du gouvernement. Il s'exile à Coimbra. Il ne peut revenir à Porto qu'en décembre 1917, à la faveur du coup d'État de Sidónio Pais. Affaibli par les fièvres et les infections contractées durant ses années de mission en Afrique, Mgr Barroso s'éteint le 31 août 1918 au palais de Sacais à Porto, à l'âge de 63 ans.
Cheminement vers la sainteté
La réputation de sainteté d'António José de Sousa Barroso après sa mort et l'ouverture de sa cause.
La réputation de sainteté de Mgr Barroso, déjà vivace de son vivant en raison de sa charité héroïque et de son courage face aux persécutions républicaines, perdure après sa mort. Le peuple le considère rapidement comme le « Bispo Santo » (l'Évêque Saint). En 1927, sa dépouille est transférée du cimetière paroissial de Remelhe vers une chapelle-monument érigée en son honneur. Le 31 juillet 1992, Mgr Júlio Tavares Rebimbas, alors évêque de Porto, signe le décret ouvrant officiellement la cause de béatification et de canonisation d'António José de Sousa Barroso. L'enquête diocésaine recueille de nombreux témoignages sur ses vertus et sa renommée de sainteté.
Béatification et canonisation
La reconnaissance de l'héroïcité de ses vertus par le pape François en 2017.
Le dossier de la cause est ensuite transmis à Rome, auprès de la Congrégation pour les Causes des Saints. Après l'examen de la Positio par les consulteurs théologiens et les cardinaux, le pape François autorise, le 16 juin 2017, la promulgation du décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus. À partir de cette date, António José de Sousa Barroso est officiellement déclaré « Vénérable ». Pour que sa béatification soit prononcée, la reconnaissance officielle d'un miracle attribué à son intercession est requise. La cause est actuellement active sous la direction de son postulateur.
Spiritualité et héritage
La spiritualité de pauvreté d'António Barroso, son héritage missiologique et la translation de ses restes.
La spiritualité du Vénérable António Barroso repose sur une foi intrépide, une obéissance absolue à l'Église et un amour préférentiel pour les pauvres. Son testament spirituel, rédigé le 19 février 1917, résume sa vie : « Je suis né pauvre, je n'ai pas vécu riche et je veux mourir pauvre » (« Nasci pobre, rico não vivi e pobre quero morrer »). Il lègue d'ailleurs sa collection personnelle de monnaies à la municipalité de Barcelos pour qu'elle soit exposée au public. Il est également considéré comme l'un des plus grands missiologues portugais, ayant compris très tôt que l'évangélisation devait s'accompagner du respect des cultures locales et du développement de l'instruction. En novembre 2019, ses restes mortels ont été transférés à l'intérieur de l'église paroissiale de Santa Marinha de Remelhe afin de permettre une meilleure dévotion des fidèles.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1854-1918
- Décret de vénérabilité par François
Citations
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Il y a deux choses dont je sais que je ne mourrai pas : l'accouchement et la peur
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Je suis né pauvre, je n'ai pas vécu riche et je veux mourir pauvre
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