Teresa Solari
Fondatrice des Sœurs Dominicaines de la Petite Maison de la Divine Providence, Teresa Solari a consacré sa vie à l'accueil des orphelines et des jeunes filles abandonnées à Gênes.
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Biographie
Jeunesse, épreuves familiales et premières années de Teresa Solari.
Teresa Solari, connue en religion sous le nom de sœur Domenica Caterina dello Spirito Santo (ou Domenica Teresa), est née probablement le 8 décembre 1822 à Garibaldo, un hameau de la commune de Ne, près de Chiavari, dans la province de Gênes en Ligurie (Italie). Elle est la fille de Lazzaro Solari et d'Angela Maria Rissetto, au sein d'une famille qui comptera sept filles. Sa jeunesse est marquée par de profondes épreuves : sa mère meurt alors qu'elle n'a que trois ans, et son père, confronté à des démêlés judiciaires et à une extrême pauvreté, se remarie avec une femme qui maltraite la jeune Teresa. Selon ses propres récits ultérieurs, sa famille l'aurait même abandonnée sur le rivage de la mer, mais elle survit miraculeusement et est recueillie par une tante. Elle grandit en gardant les troupeaux, une période de solitude propice à la prière et à la compassion envers les plus démunis. Plus tard, elle travaille comme domestique à Gênes, puis trouve refuge chez les Filles de Notre-Dame de l'Immaculée Conception de l'Hospice (Gianelline) à Chiavari. Cependant, dès l'âge de quinze ans, elle souffre de graves et mystérieuses maladies qui l'obligent à de longs séjours hospitaliers à Chiavari puis à Gênes, à l'hôpital de Pammatone. Lors d'une de ses crises, elle est même déclarée morte et transportée à la morgue, avant qu'une visiteuse ne s'aperçoive qu'elle respire encore. C'est à l'hôpital de Pammatone qu'elle fait la rencontre déterminante d'Antonietta Cervetto, une autre jeune malade partageant son désir de se consacrer aux orphelines et aux jeunes filles abandonnées.
Vie et œuvre
La fondation de la Petite Maison de la Divine Providence et le développement de l'œuvre.
Sorties de l'hôpital en 1857 avec seulement quelques pièces en poche (« quattro soldi »), Teresa Solari et Antonietta Cervetto s'installent à Gênes. En septembre 1863, elles résident près de l'église dominicaine de Santa Maria del Castello, puis déménagent à la via della Scurreria à l'automne de la même année pour y accueillir leurs premières jeunes filles pauvres. C'est le début de la Piccola Casa della Divina Provvidenza (Petite Maison de la Divine Providence). L'œuvre se développe rapidement malgré l'absence de ressources initiales. En raison de l'humidité des locaux, la communauté déménage dans le quartier de la Maddalena. En 1866, l'archevêque de Gênes autorise la célébration de la messe dans la chapelle de la maison. En 1868, l'institution accueille déjà une centaine de jeunes filles, encadrées par vingt maîtresses. En 1871, contraintes de quitter leur logement en location, elles acquièrent une propriété de villégiature avec une villa près de San Giacomo pour y loger toutes les pensionnaires. L'orientation dominicaine de l'œuvre se précise grâce à l'accompagnement spirituel du père Vincenzo Vera, O.P., qui dirigera l'institut pendant plus de quarante ans. En 1869, le Maître général de l'Ordre des Prêcheurs, le père Vincent Jandel, visite la maison et accorde la faculté d'y établir le Tiers-Ordre dominicain. Le 4 juin 1870, Teresa Solari revêt l'habit dominicain et prend le nom de sœur Domenica Caterina dello Spirito Santo. Elle émet sa profession religieuse le 30 avril 1871. En 1874, quatre des premières orpanelles accueillies prennent à leur tour l'habit religieux au sein de la congrégation naissante, les Sœurs Dominicaines de la Petite Maison de la Divine Providence.
Cheminement vers la sainteté
Vie spirituelle, grâces mystiques et derniers instants de Teresa Solari.
Teresa Solari mène une vie de prière intense, caractérisée par une foi simple et une confiance absolue en la Divine Providence. Bien qu'analphabète et sans instruction, elle bénéficie de grâces mystiques singulières. Les écrits spirituels qu'elle rédige sous l'obéissance de ses supérieurs révèlent notamment des colloques mystiques à distance avec sainte Clelia Barbieri (fondatrice des Minimes de l'Addolorata), qu'elle n'a pourtant jamais rencontrée physiquement de son vivant. Les enquêtes ultérieures ont permis d'établir une correspondance parfaite de dates et de circonstances entre les visions des deux femmes. Sa charité est inébranlable. Un jour, alors qu'elle quête pour ses orphelines, un homme lui donne un soufflet en l'insultant. Sans se départir de son calme, elle lui répond : « Ceci est pour moi, mais pour mes petites filles, que me donnez-vous ? » (« Questo è per me, ma per le mie bambine che cosa mi dà? »). À partir de 1906, sa santé décline gravement, l'empêchant de gouverner pleinement la communauté. En janvier 1907, elle reçoit le Viatique. Le 7 février 1907, elle rédige son testament, désignant le Maître général des Dominicains comme légataire universel de son œuvre. Elle s'éteint le soir du jeudi 7 mai 1908 à Gênes, alors que ses sœurs récitent les litanies des saints après avoir chanté le Salve Regina.
Béatification et canonisation
Le processus de reconnaissance de la sainteté de Teresa Solari.
Après sa mort, Teresa Solari est inhumée au cimetière monumental de Staglieno à Gênes. Sa réputation de sainteté grandit rapidement parmi la population génoise, qui vient prier sur sa tombe et y dépose de nombreux ex-voto. Le 23 septembre 1909, le conseil municipal de Gênes lui attribue une concession perpétuelle gratuite en reconnaissance de son œuvre de charité. La cause de béatification et de canonisation est officiellement ouverte à la fin du XXe siècle. Le nihil obstat est accordé le 10 septembre 1999. L'enquête diocésaine se déroule de 2000 à 2006, et son décret de validité est publié le 11 avril 2008. Le 18 décembre 2025, le pape Léon XIV autorise le Dicastère pour les Causes des Saints à promulguer le décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus, lui conférant ainsi le titre de vénérable.
Spiritualité et héritage
L'héritage spirituel et la fusion de la congrégation.
La spiritualité de Teresa Solari repose sur l'abandon total à la Divine Providence, la dévotion mariale et l'amour des pauvres. Elle a su transformer ses propres souffrances d'enfance et de maladie en une source de compassion active pour les jeunes filles marginalisées. Sur le plan institutionnel, la congrégation qu'elle a fondée, les Sœurs Dominicaines de la Petite Maison de la Divine Providence, obtient son agrégation officielle à l'Ordre des Prêcheurs en 1911. En 1990, afin d'assurer la pérennité de sa mission, la congrégation fusionne avec celle des Sœurs Dominicaines de Sainte Catherine de Sienne (d'Albi). Aujourd'hui encore, les religieuses poursuivent l'œuvre éducative et sociale de Teresa Solari auprès des enfants et des jeunes en difficulté à Gênes, à travers des structures d'accueil résidentielles et des centres de jour.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1822-1908
- Décret de vénérabilité en 2025 par Léon XIV
Citations
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Ceci est pour moi, mais pour mes petites filles, que me donnez-vous ?
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