26 septembre 20ᵉ siècle

Antonia Luzmila Rivas López

Religieuse péruvienne de la Congrégation de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur, martyrisée en 1990 par le Sentier lumineux pour son action auprès des pauvres et des indigènes.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Naissance et jeunesse d'Antonia Luzmila Rivas López, son entrée dans la vie religieuse sous le nom de Sœur María Agustina de Jesús.

Antonia Luzmila Rivas López, connue en religion sous le nom de Sœur María Agustina de Jesús et affectueusement appelée « Aguchita », naît le 13 juin 1920 à Coracora, dans la province de Parinacochas (département d'Ayacucho, Pérou). Elle est l'aînée d'une famille chrétienne de onze enfants, élevée par ses parents Dámaso Rivas et Modesta López. Dès son enfance, elle participe activement aux travaux de la maison et des champs, développant un lien profond avec la nature et la création. À l'âge de 14 ans, en 1934, elle est envoyée à Lima pour étudier au collège Sevilla, une institution dirigée par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur. Attirée par le charisme et le dévouement des sœurs auprès des jeunes filles vulnérables, elle ressent l'appel de la vie consacrée. Elle entre au noviciat de la congrégation en 1942, prenant le nom de Sœur María Agustina de Jesús. Elle prononce ses premiers vœux temporaires le 8 février 1945, puis ses vœux perpétuels le 8 février 1949.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Son dévouement auprès des exclus à Lima, son séjour en Espagne et sa mission auprès des populations de la forêt amazonienne.

La vie religieuse de Sœur María Agustina est profondément ancrée au sein de la Congrégation de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur. Durant plus de quarante ans à Lima, elle se consacre à des tâches diverses et souvent humbles : elle travaille comme cuisinière, lingère, infirmière et éducatrice. Elle s'occupe particulièrement des mineurs en situation d'abandon, de pauvreté ou d'exclusion sociale, et collabore également à la formation des novices. Entre 1970 et 1975, elle est envoyée en Espagne, à Salamanque, pour servir comme infirmière auprès de la communauté des sœurs contemplatives de son ordre. En 1988, alors qu'elle est âgée de 68 ans, elle réalise son rêve de jeunesse en étant envoyée en mission dans la forêt amazonienne, à La Florida (district de Perené, province de Chanchamayo). Dans cette région marquée par une grande pauvreté et par l'insécurité croissante due aux activités terroristes, la congrégation gère une mission d'aide aux populations locales. Sœur María Agustina s'investit pleinement auprès des femmes paysannes et des communautés indigènes Asháninka. Elle organise des programmes d'alphabétisation, de nutrition, de santé, d'artisanat et de catéchèse familiale, s'efforçant de promouvoir la dignité des femmes et des jeunes.

Martyre 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Le contexte de terreur imposé par le Sentier lumineux et le martyre de Sœur María Agustina le 27 septembre 1990.

À la fin des années 1980, la région de La Florida subit la terreur imposée par le mouvement révolutionnaire d'inspiration maoïste Sentier lumineux (Sendero Luminoso). Malgré les menaces et le danger de mort omniprésent, Sœur María Agustina et ses consœurs décident de rester auprès de la population pour continuer leur œuvre de paix et de soutien. Le 27 septembre 1990, un groupe armé du Sentier lumineux fait irruption à La Florida. Les terroristes incendient les installations de la coopérative de café locale et dynamitent le poste médical. Ils rassemblent de force les habitants sur la place principale. Ne trouvant pas la supérieure de la communauté religieuse qu'ils recherchaient, ils s'emparent de Sœur María Agustina. Accusée par les guérilleros d'être une « pacificatrice » et de détourner les jeunes de la lutte armée par ses activités éducatives et caritatives, elle est condamnée à mort. Sœur María Agustina tente d'intercéder pour les villageois et meurt en priant pour ses bourreaux. Elle est abattue de cinq coups de feu par une jeune milicienne de 17 ans. Six autres personnes du village sont exécutées à ses côtés ce jour-là. Par crainte de représailles, les corps restent sur la place toute la nuit avant d'être enterrés le lendemain. La cause de béatification de Sœur María Agustina est officiellement ouverte le 4 octobre 2017 dans le vicariat apostolique de San Ramón. Le 22 mai 2021, le pape François autorise la promulgation du décret reconnaissant son martyre in odium fidei (en haine de la foi).

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

La reconnaissance de son martyre et sa béatification solennelle le 7 mai 2022 à La Florida.

La célébration solennelle de la béatification de Sœur María Agustina Rivas López a lieu le 7 mai 2022 à La Florida, à l'endroit même où elle a été assassinée. La messe est présidée par le cardinal Baltazar Enrique Porras Cardozo, archevêque de Mérida et administrateur apostolique de Caracas, agissant en tant que représentant officiel du pape François. La cérémonie rassemble des milliers de fidèles, de nombreux évêques péruviens et des délégations des communautés indigènes de la jungle centrale. Ses reliques sont déposées dans un reliquaire orné de feuilles d'argent et de motifs locaux. Ses restes mortels sont aujourd'hui vénérés dans l'église Santa Rosa de Lima à La Florida. Sa fête liturgique est fixée au 26 septembre.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

L'héritage spirituel de la « Martyre de la Miséricorde », inspiré de sainte Thérèse de Lisieux, et son engagement pour l'Amazonie.

Sœur María Agustina, surnommée la « Martyre de la Miséricorde », laisse un héritage spirituel profondément marqué par la douceur, l'humilité et le don de soi. Sa spiritualité s'inspire de l'enfance spirituelle de sainte Thérèse de Lisieux, caractérisée par une confiance absolue et un abandon total entre les mains de Dieu. Elle aimait répéter qu'elle n'était que de « l'argile entre ses mains ». Son amour pour la création et son respect de la nature se sont traduits par un engagement concret pour la préservation de l'Amazonie et la défense des droits des populations autochtones. En s'opposant à la violence de l'idéologie terroriste par l'éducation, la charité et la prière, elle a incarné la figure du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Son exemple continue d'inspirer les projets de développement social, d'éducation des femmes et de pastorale des jeunes dans toute la région amazonienne du Pérou.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1920-1990
  2. Béatification en 2022 par François