18 septembre 20ᵉ siècle

Carlos Eraña Guruceta et 2 compagnons

Religieux marianistes et éducateurs espagnols, Carlos Eraña Guruceta, Fidel Fuidio Rodríguez et Jesús Hita Miranda ont été martyrisés en 1936 lors de la guerre civile espagnole.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Présentation de Carlos Eraña Guruceta et de ses deux compagnons marianistes, martyrs de la guerre civile espagnole en 1936.

Le bienheureux Carlos Eraña Guruceta et ses deux compagnons, Fidel Fuidio Rodríguez et Jesús Hita Miranda, sont trois religieux de la Société de Marie (Marianistes) martyrisés en 1936, au début de la guerre civile espagnole, dans la province de Ciudad Real. Tous trois étaient des éducateurs dévoués, profondément engagés dans la formation humaine, scientifique et chrétienne de la jeunesse. Arrêtés par des miliciens républicains en raison de leur état religieux et de leur activité d'enseignement chrétien, ils ont accepté le martyre avec douceur et sérénité, pardonnant explicitement à leurs bourreaux. Ils ont été béatifiés ensemble par le pape Jean-Paul II le 1er octobre 1995, devenant ainsi les premiers martyrs de l'histoire de la Famille marianiste à être élevés sur les autels.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Le parcours d'éducateurs et de chercheurs des trois religieux marianistes au service de la jeunesse.

La Société de Marie (Marianistes), fondée en 1817 par le bienheureux Guillaume-Joseph Chaminade, place l'éducation chrétienne au cœur de sa mission. Carlos, Fidel et Jesús ont incarné ce charisme à travers des parcours distincts mais unis par le même idéal :

Carlos Eraña Guruceta : Né le 2 novembre 1884 à Aozaraza-Arechavaleta (Guipúzcoa), il entre au postulat marianiste d'Escoriaza en 1899 et prononce ses premiers vœux en 1903. Enseignant de profession, il se distingue rapidement par ses qualités de pédagogue et de gouverneur. Il exerce la fonction de directeur dans plusieurs collèges marianistes d'importance : à Ciudad Real (l'Institut populaire de la Conception, dit « La Popular », de 1916 à 1927), à Tétouan au Maroc (de 1927 à 1933) où il fait construire un nouveau bâtiment scolaire, puis au prestigieux collège de Nuestra Señora del Pilar à Madrid à partir de 1933.

Fidel Fuidio Rodríguez : Né le 24 avril 1880 à Yécora (Álava), il prononce ses premiers vœux en 1897. Enseignant pendant 35 ans (notamment à Jerez de la Frontera, Cadix, Madrid et Ciudad Real), il est également un archéologue et historien de renom. Disciple du célèbre préhistorien allemand Hugo Obermaier, il est considéré comme l'un des pionniers de l'archéologie madrilène. Il a mené de nombreuses fouilles avec ses élèves et a soutenu en 1932 sa thèse de doctorat intitulée Carpetania Romana (publiée en 1934). Dans sa vie communautaire, il s'efforçait d'être un « propagateur d'enthousiasme et semeur d'optimisme ».

Jesús Hita Miranda : Né le 17 avril 1900 à Calahorra (La Rioja), il entre au postulat marianiste en 1913 et prononce ses premiers vœux en 1918. Malgré un bégaiement nerveux qu'il s'efforce de surmonter avec ténacité, et bien qu'il ait d'abord aspiré au sacerdoce, il accepte avec humilité la décision de ses supérieurs de rester frère laïc enseignant. Diplômé en histoire de l'université de Saragosse en 1930, il enseigne avec passion l'histoire, le latin et la biologie dans divers collèges, notamment à Ciudad Real et au collège El Pilar de Madrid. Il résumait son idéal de vie par cette formule : « être saint, être utile, se donner ».

Martyre 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

L'arrestation, la détention et le martyre des trois religieux marianistes durant la persécution religieuse de 1936.

À l'été 1936, le déclenchement de la guerre civile espagnole et la persécution religieuse qui l'accompagne bouleversent la vie des trois religieux. Le collège marianiste de Ciudad Real (Colegio Nuestra Señora del Prado) est réquisitionné par les forces républicaines à la fin du mois de juillet, forçant les frères à se disperser et à se cacher dans des pensions de famille.

Carlos Eraña Guruceta quitte Madrid pour Ciudad Real à la fin de juillet 1936, espérant y trouver un peu de sécurité auprès de ses anciens élèves. Bien que placé en liberté surveillée, il prend courageusement la responsabilité de soutenir moralement et financièrement ses confrères marianistes dispersés. Arrêté le 6 septembre 1936, il est enfermé dans la « checa » improvisée au sein du séminaire de Ciudad Real. Il y passe ses derniers jours dans la prière et l'abandon à la Providence, avant d'être fusillé le 18 septembre 1936 à Alarcos.

Fidel Fuidio Rodríguez, convalescent après une opération de hernie à Madrid, est arrêté le 7 août 1936 dans sa pension de Ciudad Real par des miliciens qui ont remarqué le crucifix qu'il portait sur la poitrine. Détenu pendant plus de deux mois dans les geôles du gouvernement civil, il passe son temps à prier le chapelet, à soutenir le moral de ses codétenus et à se confesser régulièrement. Bien que libéré le 15 octobre après un simulacre de procès, il est immédiatement repris par des miliciens à sa sortie et fusillé dans la nuit du 16 au 17 octobre 1936 à Carrión de Calatrava.

Jesús Hita Miranda est envoyé à Ciudad Real fin juin 1936 pour assurer des cours d'été. Réfugié dans une pension de famille (la pension de Doña Ramona) aux côtés de religieux passionistes, il se prépare spirituellement au martyre, déclarant : « Quoi que Dieu veuille, si nous sommes martyrs, c'est mieux ». Le 25 septembre 1936, il est arrêté par des miliciens et conduit au séminaire-prison. Le soir même, il est emmené à Carrión de Calatrava où il est fusillé. Son corps est jeté dans le puits d'une noria à proximité du cimetière.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

La reconnaissance officielle de leur martyre et leur béatification par le pape Jean-Paul II en 1995.

La cause de béatification des trois marianistes de Ciudad Real a été introduite par le diocèse de Ciudad Real. Le décret reconnaissant leur martyre in odium fidei (en haine de la foi) a été promulgué par le pape Jean-Paul II le 6 juillet 1993.

Le 1er octobre 1995, le pape Jean-Paul II a célébré leur béatification solennelle sur la place Saint-Pierre à Rome, aux côtés de 42 autres martyrs de la guerre civile espagnole et de 64 martyrs de la Révolution française. Ils sont les tout premiers religieux marianistes à être élevés aux autels en tant que martyrs.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

L'héritage spirituel marianiste des martyrs et la vénération de leurs reliques à Ciudad Real.

La spiritualité de Carlos, Fidel et Jesús est profondément marquée par le charisme marianiste : un amour filial intense pour la Vierge Marie, l'esprit de famille et une consécration totale à l'éducation chrétienne de la jeunesse. Face à la mort, ils ont fait preuve d'une remarquable grandeur d'âme, pardonnant explicitement à leurs bourreaux et offrant leur vie pour la réconciliation de leur pays.

Leur mémoire liturgique commune est célébrée le 18 septembre, jour du martyre de Carlos Eraña Guruceta. Leurs reliques (pour celles qui ont pu être identifiées ou préservées) reposent dans la crypte du collège marianiste Nuestra Señora del Prado à Ciudad Real. Un collège public et une rue de Ciudad Real portent également le nom de Carlos Eraña.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.