Groupe de 18 martyrs cisterciens (16 moines de Viaceli et 2 moniales de Fons Salutis) assassinés en 1936 durant la guerre civile espagnole.
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Biographie
Présentation du groupe des 18 martyrs cisterciens de la guerre civile espagnole, mené par le Père Pío (Julián Heredia Zubía).
Le groupe des 18 martyrs cisterciens de la guerre civile espagnole, ayant à sa tête le Père Pío (Julián Heredia Zubía), est composé de seize moines trappistes de l'abbaye de Santa María de Viaceli à Cóbreces (Cantabrie) et de deux moniales cisterciennes du monastère de Fons Salutis à Algemesí (Valence). Tous ont été assassinés en 1936 par haine de la foi (in odium fidei) par les milices républicaines et anarchistes au début de la guerre civile espagnole.\n\nCe groupe de martyrs se caractérise par la diversité d'âges (allant de 19 à 68 ans) et de statuts au sein de la vie monastique (prêtres, profès solennels, profès temporaires, novices et postulants) :\n\n1. Julián Heredia Zubía (Père Pío), prêtre et prieur de Viaceli, né le 16 février 1875 à Larrea (Alava), mort le 3 décembre 1936 à Santander.\n2. Josep Camí Camí, prêtre diocésain de Lleida et postulant trappiste, né le 5 septembre 1907 à Aitona (Lleida), mort le 28 juillet 1936 à Aitona.\n3. Herminio García Pampliega (Père Eugenio), prêtre profès, né le 23 novembre 1902 à Villagonzalo Pedernales (Burgos), mort le 21 septembre 1936 à la Cuesta de las Anguilas (Santander).\n4. Francisco Pastor Garrido (Père Vicente), prêtre profès, né le 16 février 1905 à Valence, mort le 21 septembre 1936 à la Cuesta de las Anguilas (Santander).\n5. María de la Salud Baldoví Trull (Mère María Micaela), moniale cistercienne, née le 28 avril 1869 à Algemesí (Valence), morte le 9 novembre 1936 à Benifayó (Valence).\n6. Ursula Medes Ferris (Mère María Natividad), moniale cistercienne, née le 18 décembre 1880 à Algemesí (Valence), morte le 12 novembre 1936 à Alcudia de Carlet (Valence).\n7. Marcos García Rodríguez (Père Amadeo), prêtre profès, né le 14 septembre 1905 à Villaviciosa de San Miguel (León), mort le 3 décembre 1936 à Santander.\n8. Valeriano Rodríguez García, prêtre profès, né le 10 juin 1906 à Villaviciosa de San Miguel (León), mort le 3 décembre 1936 à Santander.\n9. Juan Bautista Ferris Llopis, prêtre profès, né le 24 mars 1905 à Algemesí (Valence), mort le 3 décembre 1936 à Santander.\n10. Alvaro González López, clerc profès, né le 27 avril 1915 à Noceda del Bierzo (León), mort le 3 décembre 1936 à Santander.\n11. Francisco Delgado González (Frère Antonio), postulant, né le 28 janvier 1915 à Citores del Páramo (Burgos), mort le 3 décembre 1936 à Santander.\n12. Jacinto García Chicote (Frère Eustaquio), religieux profès, né le 16 août 1891 à Támara de Campos (Palencia), mort le 4 décembre 1936 à Santander.\n13. Francisco de la Vega González (Frère Ángel), religieux profès, né le 15 octobre 1868 à Noceda de Bierzo (León), mort le 4 décembre 1936 à Santander.\n14. Ezequiel Álvaro de la Fuente, religieux profès, né le 21 mai 1917 à Espinosa de Cerrato (Palencia), mort le 4 décembre 1936 à Santander.\n15. Eulogio Álvarez López, religieux profès, né le 28 juillet 1916 à Quintana de Fuseros (León), mort le 4 décembre 1936 à Santander.\n16. Robustiano Mata Ubierna (Frère Bienvenido), novice, né le 24 mai 1908 à Celadilla Sotobrín (Burgos), mort le 4 décembre 1936 à Santander.\n17. Emérico Martín Rubio (Frère Marcelino), novice, né le 4 novembre 1913 à Espinosa de Villagonzalo (Palencia), mort le 10 décembre 1936 à Santander.\n18. Leandro Gómez Gil, religieux profès, né le 13 mars 1915 à Hontomín (Burgos), mort le 31 décembre 1936 à Santander.
Vie et œuvre
L'existence des martyrs s'articule autour de deux foyers de vie contemplative cistercienne : l'Abbaye de Santa María de Viaceli et le Monastère de Fons Salutis.
L'existence de ces martyrs s'articule autour de deux foyers de vie contemplative cistercienne :\n\nL'Abbaye de Santa María de Viaceli (Cóbreces, Cantabrie) :\nFondée en 1908 par des moines trappistes venus de l'abbaye de Santa María del Desierto (France), grâce à la donation de la famille Bernaldo de Quirós, cette abbaye possède une importance historique majeure : elle est le tout premier bâtiment construit en béton armé en Espagne. Les moines y menaient une vie de prière et de travail manuel, gérant notamment une école d'agriculture pour les enfants de la région et fabriquant un fromage réputé. En 1926, le monastère fut élevé au rang d'abbaye. Le Père Pío (Julián Heredia Zubía), entré à 14 ans chez les trappistes de Getafe, y fut nommé maître des novices en 1918 avant de devenir le prieur de la communauté. Sous sa direction, les moines étaient totalement étrangers aux luttes politiques de l'époque.\n\nLe Monastère de Fons Salutis (Algemesí, Valence) :\nCe monastère de moniales cisterciennes de la Congrégation de Saint Bernard fut fondé en 1927. La Mère María Micaela Baldoví Trull en devint l'abbesse, secondée par la Mère María Natividad Medes Ferris. Elles y vivaient dans la clôture, le silence et l'intercession constante.
Cheminement vers la sainteté
Le récit de la persécution et du martyre des moines de Viaceli et des moniales de Fons Salutis en 1936.
Dès le déclenchement de la guerre civile espagnole en juillet 1936, la persécution religieuse s'abat sur les communautés contemplatives, perçues à tort par les milices anarchistes comme des foyers de rébellion ou des caches d'armes et d'argent.\n\nLe martyre des moines de Viaceli :\nLe 8 septembre 1936, fête de la Nativité de la Vierge, le monastère de Viaceli est envahi par surprise. Les miliciens détruisent les images sacrées et les objets de culte. Les 38 moines présents sont arrêtés et transférés à Santander, où ils sont incarcérés dans une prison improvisée au sein du collège des Salésiens. Grâce à l'intervention d'un ancien élève salésien, Ángel Aldasoro, les moines obtiennent une libération provisoire et se dispersent en petits groupes dans des maisons particulières de Santander pour tenter de maintenir clandestinement leur vie de prière, tandis que d'autres fuient vers Bilbao. Cependant, la situation se durcit. Le 1er décembre 1936, le Père Pío Heredia Zubía et plusieurs moines sont de nouveau arrêtés et conduits à la sinistre checa (prison clandestine) gérée par le socialiste Neila. Soumis à de violents interrogatoires et à des tortures, le Père Pío refuse de livrer les noms de ceux qui les aidaient. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1936, un premier groupe de six moines (dont le Père Pío) est embarqué sur une barge à destination de la haute mer, en dehors de la baie de Santander. Parce qu'ils priaient à haute voix, les miliciens leur cousent la bouche avec du fil de fer avant de les jeter vivants dans les eaux du golfe de Gascogne (mer Cantabrique), lestés de lourdes pierres aux pieds. La nuit suivante (du 3 au 4 décembre), un second groupe de cinq moines subit le même sort tragique près du phare de Cabo Mayor. Les autres membres de la communauté sont traqués et assassinés à des dates différentes jusqu'à la fin du mois de décembre 1936.\n\nLe martyre des moniales de Fons Salutis :\nExpulsées de leur monastère en juillet 1936, les religieuses cherchent refuge dans leurs familles. La Mère María Micaela Baldoví Trull est découverte trois mois plus tard, emprisonnée, puis décapitée avec sa sœur sur la route de Valence le 9 novembre 1936. La Mère María Natividad Medes Ferris est arrêtée chez son frère (le bienheureux José Medes Ferris) et assassinée le 12 novembre 1936 à Alcudia de Carlet.
Béatification et canonisation
Le processus de reconnaissance du martyre et la cérémonie de béatification présidée par le cardinal Angelo Amato en 2015.
Le procès informatif sur le martyre des moines de Viaceli est introduit officiellement le 15 juillet 1996 par l'évêque de Santander, Mgr José Vilaplana Blasco. En 2001, la Congrégation pour les Causes des Saints décrète l'unification de cette cause avec celle des deux moniales cisterciennes de Fons Salutis (Algemesí).\n\nLe 23 janvier 2015, le pape François autorise la promulgation du décret reconnaissant officiellement le martyre de Julián Heredia Zubía (Père Pío) et de ses 17 compagnons et compagnes.\n\nLa cérémonie de béatification est célébrée le 3 octobre 2015 en la cathédrale de l'Assomption de Santander. Elle est présidée par le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le pape François, en présence de nombreux abbés, abbesses et membres de la famille cistercienne.
Spiritualité et héritage
La spiritualité cistercienne des martyrs, marquée par le silence héroïque, le pardon et la fidélité à leurs vœux.
La spiritualité de ce groupe de martyrs est profondément ancrée dans la tradition cistercienne : la recherche de Dieu dans le silence, l'humilité, le travail et la contemplation. Face à la violence de la persécution, ils ont opposé la force de la prière et de la fidélité à leurs vœux monastiques.\n\nLeur martyre est marqué par une dimension de silence héroïque et de pardon. L'image de ces moines jetés à la mer, la bouche cousue de fil de fer pour faire taire leurs prières, demeure un symbole saisissant de la foi qui surmonte la barbarie. Ils sont morts en pardonnant à leurs bourreaux, à l'image du Christ en Croix.\n\nAujourd'hui, l'abbaye de Santa María de Viaceli à Cóbreces perpétue leur mémoire spirituelle tout en poursuivant sa mission de prière et d'accueil monastique au bord de la mer Cantabrique.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1936
- Béatification en 2015 par François