José María Fernández Sánchez et ses 38 compagnons sont un groupe de 39 martyrs de la Famille Vincentienne (33 lazaristes et 6 laïcs) assassinés en 1936 en Espagne et béatifiés en 2017.
Lecture guidée
5 sections de lecture
Biographie
La jeunesse, la formation et les débuts de la vie religieuse de José María Fernández Sánchez au sein de la Congrégation de la Mission.
Le chef de file de ce groupe de martyrs, José María Fernández Sánchez, naît à Oviedo (Asturies, Espagne) le 15 janvier 1875. Fils de José et Manuela, il est baptisé le lendemain de sa naissance dans la paroisse de San Isidoro el Real. Il commence ses études ecclésiastiques au séminaire diocésain d'Oviedo. À l'âge de vingt ans, alors qu'il est en quatrième année de théologie, il ressent l'appel à rejoindre la Congrégation de la Mission (fondée par saint Vincent de Paul). Il entre au noviciat de Madrid en 1895, prononce ses vœux le 26 avril 1897 et est ordonné prêtre le 18 octobre 1898. Pour parfaire sa formation, il est envoyé au Collège Léonin de Rome, où il obtient un doctorat en théologie sacrée. De retour en Espagne, il enseigne la philosophie à Hortaleza, puis la théologie et le droit canonique à Madrid. En 1911, il participe à la fondation de la maison de Guadalajara en tant que supérieur.
Vie et œuvre
L'engagement missionnaire en Inde, le retour en Espagne et la composition du groupe des 38 compagnons martyrs.
En 1921, la Congrégation de la Mission se voit confier par la Congrégation de la Propagande de la Foi la mission de Cuttack, dans la province d'Orissa en Inde. Le père José María Fernández Sánchez fait partie du premier groupe de quatre missionnaires lazaristes espagnols envoyés pour implanter l'Église dans cette région difficile. Malgré les conditions de vie éprouvantes dans la jungle, la barrière de la langue et l'isolement, il se dépense sans compter pour évangéliser, administrer les sacrements et former des catéchistes locaux. En 1925, lorsque la mission est érigée en vice-province, il est nommé vice-visiteur. Sa santé s'étant détériorée en raison des rigueurs du climat et de son austérité personnelle, il est rappelé en Espagne en 1928. Il occupe d'abord la chaire de théologie pastorale et la direction spirituelle au séminaire d'Oviedo. En 1930, il est nommé sous-directeur de la province espagnole des Filles de la Charité, un ministère qu'il exerce avec un grand zèle spirituel depuis Madrid, publiant plusieurs volumes de conférences destinés à la formation des religieuses. Le groupe des 38 compagnons qui l'accompagnent dans le martyre reflète la diversité et la vitalité de la Famille Vincentienne de l'époque. Il comprend 32 autres membres de la Congrégation de la Mission (16 prêtres et 16 frères coadjuteurs ou novices), qui œuvraient dans diverses maisons de Madrid et de ses environs (Hortaleza, Canillas, Valdebernardo, etc.), ainsi que 6 laïcs, membres de l'Association de la Médaille Miraculeuse de la basilique de Madrid, appelés les « Chevaliers de la Médaille Miraculeuse ». Ces hommes, pères de famille et travailleurs modestes (facteur, concierge, serveur, vendeur, employé des travaux publics), s'étaient engagés activement dans les œuvres de charité de la paroisse sous la direction des pères lazaristes.
Cheminement vers la sainteté
L'arrestation, la détention et le martyre de José María Fernández Sánchez et de ses compagnons durant la guerre civile espagnole en 1936.
Dès le déclenchement de la guerre civile espagnole en juillet 1936, une violente persécution religieuse s'abat sur l'Église catholique dans la zone républicaine. Les communautés religieuses sont dispersées, les églises fermées ou saccagées. Le 25 juillet 1936, le père José María Fernández Sánchez est arrêté dans la « Casa de Capellanes » (la maison des aumôniers) à Madrid, aux côtés du père Roque Guillén Garcés et des frères Cesáreo Elexgaray Otazua et Cristóbal González Carcedo. Ils sont détenus dans diverses prisons de la capitale, notamment celle de San Felipe Neri. Malgré les menaces constantes et la perspective d'une exécution imminente, ils conservent une foi inébranlable et s'encouragent mutuellement à accepter le martyre par amour pour le Christ. Le 23 octobre 1936, le père José María Fernández Sánchez, le père Roque Guillén Garcés et les frères Cesáreo Elexgaray Otazua, Cristóbal González Carcedo, Juan Núñez Orcajo et Agustín Nogal Tobar sont conduits près du cimetière de Vallecas, à la périphérie de Madrid, où ils sont fusillés. Les autres membres du groupe subissent le même sort à différentes dates entre juillet et décembre 1936, dans divers lieux de la région madrilène : certains sont exécutés à Hortaleza, Canillas ou Aravaca ; d'autres sont victimes des fusillades de masse à Paracuellos de Jarama en novembre 1936. Les six laïcs de l'Association de la Médaille Miraculeuse sont arrêtés uniquement en raison de leur foi et de leur engagement caritatif. Par exemple, le bienheureux Miguel Aguado Camarillo, père de quatre enfants, est dénoncé par ses voisins pour sa pratique religieuse quotidienne, emprisonné à Porlier, puis fusillé à Paracuellos le 27 novembre 1936, jour de la fête de la Médaille Miraculeuse.
Béatification et canonisation
Le procès de béatification et la célébration solennelle présidée par le cardinal Angelo Amato au nom du pape François en 2017.
La cause de béatification de ce groupe de martyrs a été introduite à Madrid en novembre 1960. Après une interruption, le procès diocésain a été relancé et adapté aux nouvelles normes canoniques en 2004, puis validé par la Congrégation pour les Causes des Saints. Le 23 mars 2017, le pape François autorise la promulgation du décret reconnaissant le martyre du père José María Fernández Sánchez et de ses 38 compagnons, tués « en haine de la foi » (in odium fidei). La cérémonie de béatification est célébrée le 11 novembre 2017 au Palacio Vistalegre de Madrid. Elle est présidée par le cardinal Angelo Amato, alors préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le pape François, en présence de nombreux évêques, prêtres et fidèles de la Famille Vincentienne. Lors de cette même célébration, un autre groupe de martyrs vincentiens (le père Vicente Queralt Lloret et ses 20 compagnons) est également élevé aux autels, portant à 60 le nombre total de martyrs béatifiés ce jour-là.
Spiritualité et héritage
L'enracinement dans le charisme de saint Vincent de Paul, le témoignage héroïque du pardon et la vénération de leurs reliques.
La spiritualité de ce groupe de martyrs est profondément enracinée dans le charisme de saint Vincent de Paul : l'évangélisation des pauvres, le service humble et la charité active. Tant les prêtres et frères de la Congrégation de la Mission que les laïcs de la Médaille Miraculeuse ont témoigné de cette charité jusqu'au don suprême de leur vie. Leur héritage est marqué par le pardon héroïque accordé à leurs bourreaux. Les témoignages de l'époque soulignent la sérénité des martyrs face à la mort et leur refus de toute haine. L'exemple de la veuve du laïc Miguel Aguado Camarillo, qui a élevé ses quatre enfants dans la foi en leur apprenant à prier chaque soir pour leur père martyr mais aussi pour son assassin, illustre de manière saisissante la force de ce témoignage de réconciliation chrétienne. Les restes mortels de plusieurs de ces martyrs, exhumés après la guerre grâce aux recherches minutieuses de leurs confrères, reposent aujourd'hui dans la crypte de la basilique de la Milagrosa à Madrid, où ils sont vénérés par les fidèles.
Annexes & entités liées
Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.
Événements marquants
- Époque / mort : 1936
- Béatification en 2017 par François