José Álvarez-Benavides de la Torre et 114 compagnons

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Groupe de 115 martyrs (95 prêtres et 20 laïcs) assassinés en haine de la foi pendant la guerre civile espagnole dans le diocèse d'Almería.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

La vie du père José Álvarez-Benavides de la Torre et de ses compagnons, dont Emilia Fernández Rodríguez, marqués par la persécution religieuse durant la guerre civile espagnole.

La persécution religieuse qui s'est déchaînée en Espagne durant la guerre civile a profondément marqué le diocèse d'Almería. Après la béatification en 1993 d'un premier groupe de martyrs (comprenant l'évêque Diego Ventaja Milán), le diocèse a instruit une nouvelle cause pour 115 autres victimes de la terreur antireligieuse.\n\nLe chef de file de ce groupe est le père José Álvarez-Benavides de la Torre. Né le 9 septembre 1865 à Málaga au sein d'une famille noble (les comtes de Torres Marín), il s'installe rapidement avec sa famille à Almería. Il entre au séminaire conciliaire de San Indalecio en 1878 et est ordonné prêtre le 25 février 1888. Homme d'une grande culture et d'une profonde piété, il est nommé chanoine archiviste de la cathédrale d'Almería en 1893, puis doyen du chapitre en 1927. Arrêté le 23 août 1936 sous le faux prétexte d'avoir caché des armes et des trésors dans la cathédrale, il est emprisonné sur le navire-prison Astoy-Mendi. Dans la nuit du 12 au 13 septembre 1936, il est conduit avec d'autres prisonniers au Pozo de Cantavieja (le puits de Cantavieja), près de Tahal, où il est exécuté à l'âge de 71 ans.\n\nLe groupe comprend également 94 autres prêtres (dont 91 prêtres diocésains, un franciscain et deux prêtres ouvriers diocésains) et 20 laïcs (18 hommes et 2 femmes). Parmi eux, Emilia Fernández Rodríguez (« La Canastera »), née le 13 avril 1914 à Tíjola, jeune femme gitane et analphabète qui gagnait sa vie en fabriquant des paniers en osier. Enceinte, elle est arrêtée en 1938 avec son mari pour avoir tenté d'éviter la conscription de ce dernier. En prison, elle se lie d'amitié avec des détenues catholiques qui lui apprennent à prier le Rosaire. Refusant de dénoncer sa catéchiste malgré les promesses de libération des autorités pénitentiaires, elle est placée à l'isolement. Elle donne naissance à sa fille en prison dans des conditions d'extrême dénuement et meurt de bronchopneumonie et de malnutrition le 25 janvier 1939. Le groupe compte aussi Luis Eduardo López Gascón, le doyen âgé de 81 ans, Luis Quintas Durán, le plus jeune âgé de 18 ans, Manuel Martínez Giménez, vice-président du conseil diocésain de l'Action Catholique, et José Tapia Díaz de Villachica, membre de la Jeunesse Catholique.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Le dévouement pastoral du père José Álvarez-Benavides, l'engagement des laïcs et le témoignage de foi d'Emilia Fernández.

L'œuvre de ce groupe de martyrs s'exprime à travers le dévouement pastoral des prêtres et l'engagement apostolique des laïcs au sein du diocèse d'Almería.\n\nEn tant que chanoine archiviste, le père José Álvarez-Benavides a réalisé un travail colossal de réorganisation scientifique des archives de la cathédrale d'Almería, publiant un index alphabétique par matières en 1908 qui demeure une référence pour les historiens. Il a également entrepris la rédaction d'une histoire d'Almería et d'un Episcopologio (chronologie des évêques), restés inachevés. Sa vie quotidienne était marquée par l'austérité, la charité envers les pauvres et une fidélité absolue à son ministère, célébrant chaque jour la messe à l'autel de l'Immaculée Conception.\n\nLes laïcs du groupe appartenaient à diverses organisations ecclésiales, notamment l'Action Catholique et l'Adoration Nocturne. Ils ont témoigné de leur foi dans leur vie professionnelle et familiale (avocats, agriculteurs, enseignants, artisans).\n\nBien qu'analphabète et issue d'un milieu marginalisé, Emilia Fernández a incarné une foi pure et inébranlable. Son cheminement spirituel en prison, guidé par ses codétenues, montre comment la grâce divine peut toucher les cœurs les plus simples. Son refus de trahir celle qui lui avait enseigné le Rosaire témoigne d'une intégrité morale héroïque.

other 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Les étapes du procès de béatification, de l'enquête diocésaine ouverte en 1995 jusqu'à la reconnaissance du martyre par le pape François en 2016.

L'enquête diocésaine sur le martyre de ce groupe a débuté le 11 avril 1995 (mardi de la Semaine Sainte) dans la cathédrale d'Almería. Plus de 500 témoins ont été auditionnés, permettant de constituer un dossier de plus de 10 000 pages. Cette première phase s'est clôturée le 21 mai 1998.\n\nInitialement composée de 93 noms, la cause a été élargie à 22 autres candidats. Une enquête diocésaine complémentaire s'est déroulée du 26 février au 9 avril 1999.\n\nLa Congrégation pour les Causes des Saints a décrété la validité de l'enquête diocésaine le 26 février 1999, et la Positio a été remise en juillet 2003.\n\nLe 14 juin 2016, le pape François a autorisé la promulgation du décret reconnaissant le martyre in odium fidei de José Álvarez-Benavides de la Torre et de ses 114 compagnons.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

La célébration solennelle de la béatification en 2017 à Roquetas de Mar et l'établissement de leur mémoire liturgique.

La cérémonie de béatification a été célébrée le 25 mars 2017 au Palais des Expositions et des Congrès d'Aguadulce, à Roquetas de Mar (diocèse d'Almería), en Espagne. La célébration a été présidée par le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, agissant en tant que légat du pape François.\n\nLe groupe est fêté collectivement le 6 novembre (mémoire des martyrs de la persécution religieuse du XXe siècle en Espagne) et le 13 septembre (jour anniversaire du martyre du père José Álvarez-Benavides de la Torre). La bienheureuse Emilia Fernández Rodríguez est également commémorée individuellement le 25 janvier (jour de sa mort).

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

Le message de pardon, la force spirituelle du Rosaire et l'importance d'Emilia Fernández comme modèle pour la communauté gitane.

Lors de l'Angélus du 26 mars 2017, le pape François a salué ces martyrs comme des « témoins héroïques de Christ et de son Évangile de paix et de réconciliation fraternelle ». Face à la violence et à la torture, ils ont choisi de pardonner à leurs bourreaux, mourant souvent en criant « Vive le Christ Roi ! ».\n\nL'héritage d'Emilia Fernández met en lumière la prière du Rosaire comme un chemin de sanctification et de résistance spirituelle. Sa fidélité à cette prière simple l'a soutenue dans l'épreuve de l'isolement et de la mort.\n\nEn tant que première femme de l'ethnie rom (gitane) à être béatifiée, Emilia est devenue une figure de fierté et d'inspiration pour son peuple. En janvier 2025, à l'occasion du 600e anniversaire de l'arrivée du peuple gitan en Espagne, le pape François a de nouveau souligné son exemple, rappelant qu'elle avait transmis sa foi à ses compagnes de cellule et qu'elle demeure un modèle de courage pour toute l'Église.\n\nLe diocèse d'Almería veille activement à la transmission de cet héritage spirituel en organisant chaque année des journées martyriales dans différentes paroisses, rappelant que le sang de ces témoins est une semence de foi et de réconciliation pour la société contemporaine.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : XXe
  2. Béatification en 2017 par François