27 aout 20ᵉ siècle

Maria Pilar Izquierdo Albero

Fondatrice de l'Œuvre missionnaire de Jésus et Marie, elle offrit ses intenses souffrances physiques et morales pour le salut des âmes et le service des plus pauvres.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Naissance à Saragosse, enfance pauvre, maladie précoce et grave accident de tramway qui la laisse paralysée et aveugle.

Maria Pilar Izquierdo Albero naît le 27 juillet 1906 à Saragosse, en Espagne, au sein d'une famille très pauvre mais profondément chrétienne. Ses parents, Crescencio Mariano et Alejandra Pabla, lui transmettent une foi solide, un amour sincère pour les pauvres et une dévotion particulière envers la Vierge du Pilar. Baptisée le 5 août 1906 en l'église Santa María Magdalena de Saragosse, elle considère ce jour comme le plus beau de sa vie, marquant son entrée dans l'Église.

N'ayant jamais pu fréquenter l'école afin d'aider sa mère à s'occuper de ses frères et sœurs plus jeunes, Maria Pilar ne sait ni écrire et sait à peine lire. Elle se qualifie elle-même de « tontica » (petite sotte) qui ne sait rien faire d'autre que « souffrir et aimer, aimer et souffrir ». Très tôt, elle est confrontée à la maladie. Entre 12 et 16 ans, elle souffre d'une affection mystérieuse non diagnostiquée qui l'oblige à séjourner à Alfamén pour des raisons de santé. De retour à Saragosse, elle travaille dans une fabrique de chaussures pour soutenir financièrement sa famille, se faisant apprécier de tous pour sa gentillesse et sa simplicité.

Le chemin de la Croix s'intensifie pour elle. En 1926, en rentrant du travail, elle est victime d'un grave accident de tramway qui lui fracture le bassin. En 1929, l'apparition de multiples kystes et tumeurs la laisse paraplégique et aveugle. Elle passe alors plus de dix ans clouée au lit, alternant entre les hôpitaux de Saragosse et une modeste mansarde située au numéro 24 de la rue Cerdán. Malgré ses souffrances extrêmes, cette mansarde devient un véritable centre spirituel où de nombreux visiteurs, particulièrement des jeunes, viennent chercher conseils, réconfort et prières, notamment durant les heures sombres de la guerre civile espagnole.

Mission 02 / 05

Vie et œuvre

Guérison miraculeuse en 1939, fondation de l'œuvre à Madrid pour les pauvres, et premières épreuves d'opposition.

C'est au cœur de sa douloureuse infirmité que mûrit l'appel à fonder une œuvre. Dès 1936, Maria Pilar commence à parler d'une « Œuvre de Jésus » dont le but serait de « reproduire la vie active du Seigneur sur terre à travers les œuvres de miséricorde ».

Le 8 décembre 1939, jour de la fête de l'Immaculée Conception, Maria Pilar est miraculeusement guérie de sa paralysie et recouvre instantanément la vue après avoir reçu la communion. Elle choisit cependant de conserver ses kystes abdominaux afin de continuer à offrir ses souffrances à Dieu. Dès le lendemain, elle entreprendre de concrétiser son projet de fondation. Accompagnée d'un groupe de jeunes filles qu'elle a formées, elle s'installe à Madrid pour se consacrer à l'apostolat auprès des plus démunis, des malades et des enfants dans les banlieues défavorisées de l'après-guerre.

L'évêque de Madrid-Alcalá, Mgr Leopoldo Eijo y Garay, accorde une première approbation à la fondation sous le nom de « Missionnaires de Jésus et Marie » le 16 novembre 1939. Cependant, l'œuvre se heurte rapidement à de vives oppositions, à des calomnies et à des doutes quant au caractère surnaturel de sa guérison. Face à ces tensions, l'évêque retire temporairement son approbation et ordonne la dissolution du groupe, interdisant à Maria Pilar tout apostolat public.

Maria Pilar accepte cette épreuve dans le silence et l'obéissance. En 1942, après un nouvel examen de la situation, Mgr Eijo y Garay autorise à nouveau l'œuvre sous la forme d'une association pieuse appelée « Union Pieuse des Missionnaires de Jésus, Marie et Joseph ». L'apostolat auprès des pauvres reprend avec ferveur. Néanmoins, en 1944, de nouvelles intrigues et calomnies surgissent au sein même de la communauté, poussant la fondatrice à se retirer. Elle quitte Madrid accompagnée de neuf fidèles compagnes pour s'installer à Saint-Sébastien, offrant ses humiliations pour la survie de sa mission.

Culte 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Dernières années de maladie à Saint-Sébastien, mort en 1945, développement de son œuvre et ouverture du procès de béatification.

À Saint-Sébastien, Maria Pilar est de nouveau terrassée par la maladie : on lui diagnostique un cancer de l'estomac, tandis qu'un accident de voiture lui fracture la jambe, la condamnant à nouveau à l'immobilité. Elle meurt le 27 août 1945 à l'âge de 39 ans, après avoir pardonné à ses détracteurs et offert sa vie pour ses filles spirituelles.

Après sa mort, ses compagnes restées fidèles persévèrent sous la direction spirituelle du père Daniel Díez García. En 1947, le groupe s'établit à Logroño. En mai 1948, l'évêque de Calahorra et La Calzada-Logroño, Mgr Fidel García Martínez, approuve canoniquement l'association sous le nom d'« Œuvre missionnaire de Jésus et Marie » (Obra Misionera de Jesús y María). L'institut se développe rapidement et est érigé en congrégation de droit diocésain en 1961 par Mgr Abilio del Campo y de la Bárcena, avant d'obtenir la reconnaissance de droit pontifical le 12 octobre 1981.

Devant la réputation croissante de sainteté de la fondatrice, l'évêque de Calahorra, La Calzada-Logroño, Mgr Francisco Álvarez Martínez, ouvre le procès diocésain de béatification, qui se déroule de 1983 à 1988. Le décret de validité du procès est publié à Rome le 23 octobre 1992. Le 18 décembre 2000, le Pape Jean-Paul II signe le décret reconnaissant l'héroïcité de ses vertus, la déclarant vénérable.

Miracle 04 / 05

Béatification et canonisation

Reconnaissance du miracle de guérison de Josefina Cabeza Díaz et béatification par le Pape Jean-Paul II en 2001.

Le miracle retenu pour la béatification de Maria Pilar Izquierdo Albero est la guérison inexpliquée de Josefina Cabeza Díaz, survenue le 10 août 1952 à la clinique Nuestra Señora del Pilar de Logroño. Atteinte d'une péritonite généralisée extrêmement grave, la malade fut instantanément guérie après que la sœur María Luisa Innerárity lui eut appliqué un baume ayant appartenu à la fondatrice (le « baume de la Mère Pilar »).

L'enquête diocésaine sur ce miracle s'est déroulée du 3 octobre 1984 au 3 avril 1989. Après validation par la Congrégation pour les Causes des Saints le 21 mai 1999, le miracle a reçu l'approbation du conseil médical le 21 juin 2000, puis celle des théologiens le 13 mars 2001. Le décret officiel sur le miracle a été promulgué par le Pape Jean-Paul II le 7 juillet 2001.

La cérémonie de béatification a été présidée par le Pape Jean-Paul II le 4 novembre 2001 sur la place Saint-Pierre à Rome. Sa mémoire liturgique est fixée au 27 août (jour de sa mort) dans le Martyrologe romain, bien que la Lettre apostolique de béatification mentionne également la possibilité de célébrer sa fête le 27 juillet (jour de sa naissance).

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

Spiritualité centrée sur l'union au Christ souffrant et pérennité de l'Œuvre missionnaire de Jésus et Marie dans le monde.

La spiritualité de Maria Pilar Izquierdo Albero repose sur l'union intime au Christ souffrant, résumée par sa devise constante : « Douleur, âmes, amour ! » (¡Dolor, almas, amor!). Elle considérait la souffrance non comme une fatalité, mais comme un chemin privilégié de rédemption et d'amour pour le salut des âmes. Sa vie fut une offrande continuelle, vécue dans l'humilité, le silence face aux calomnies et une obéissance absolue à l'Église.

Aujourd'hui, l'héritage de la bienheureuse Maria Pilar se perpétue à travers l'Œuvre missionnaire de Jésus et Marie (OMJM). Les religieuses de la congrégation se consacrent au service des plus pauvres, à l'éducation des jeunes, à l'assistance aux malades et aux personnes âgées (à domicile ou dans leurs propres institutions), ainsi qu'à l'apostolat paroissial et missionnaire. La congrégation est active dans plusieurs pays, notamment en Espagne, en Colombie, en Équateur, au Venezuela, en Italie et au Mozambique, avec sa maison généralice située à Logroño.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1945
  2. Béatification en 2001 par Jean-Paul II

Miracles

  1. Guérison miraculeuse de sa propre paralysie et cécité le 8 décembre 1939
  2. Guérison inexpliquée de Josefina Cabeza Díaz d'une péritonite généralisée le 10 août 1952

Citations

  • souffrir et aimer, aimer et souffrir https://vertexaisearch.cloud.google.com/grounding-api-redirect/AUZIYQGC7F9ZLJEUR3x-a_usPjycbCXqBGCZkQv66WrQ2AVIQWJHlwhzeU8WpYheHSwa9p6T5rq7bx9UQFYEv3q3R-R10Bp1ybBJ94wvAoxhQ7gFJaA8KgZ2NDrYuR0qK6om0Z8l41HcyESf1KIbAmuimfBIagKALO6Wwk_omNPA--fWNsCLL4FP6coRIrNl6pL3UDOle38vcQZM
  • Douleur, âmes, amour ! https://vertexaisearch.cloud.google.com/grounding-api-redirect/AUZIYQGC7F9ZLJEUR3x-a_usPjycbCXqBGCZkQv66WrQ2AVIQWJHlwhzeU8WpYheHSwa9p6T5rq7bx9UQFYEv3q3R-R10Bp1ybBJ94wvAoxhQ7gFJaA8KgZ2NDrYuR0qK6om0Z8l41HcyESf1KIbAmuimfBIagKALO6Wwk_omNPA--fWNsCLL4FP6coRIrNl6pL3UDOle38vcQZM