22 juin 16ᵉ siècle

Jean Fisher et Thomas More

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Jean Fisher, évêque de Rochester, et Thomas More, chancelier d'Angleterre, refusèrent de reconnaître Henri VIII comme chef suprême de l'Église et furent décapités à Londres en 1535. Béatifiés en 1886, ils furent canonisés par Pie XI en 1935 et sont fêtés ensemble le 22 juin.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Jean Fisher, évêque de Rochester né en 1469, et Thomas More, humaniste et homme d'État né en 1478, furent deux figures majeures de l'Angleterre du début du XVIe siècle.

Jean Fisher (John Fisher) naît le 19 octobre 1469 à Beverley, dans le Yorkshire, dans une famille de marchands. Admis à l'université de Cambridge dès 1482, ordonné prêtre en 1491, il y poursuit une brillante carrière universitaire avant d'être nommé évêque de Rochester en 1504, charge qu'il conserve jusqu'à sa mort. Réputé pour sa science théologique et l'austérité de sa vie, il devient l'un des prélats les plus respectés du royaume. Thomas More, plus jeune, naît le 7 février 1478 à Londres. Juriste formé à Oxford et à Lincoln's Inn, humaniste lié à Érasme, il est l'auteur de l'Utopia (1516) et mène une carrière publique remarquable : membre du Parlement, puis lord-chancelier d'Angleterre d'octobre 1529 à mai 1532, premier laïc à occuper cette fonction. Marié et père de famille, profondément cultivé et pieux, il incarne l'idéal de l'homme d'État chrétien. Les deux hommes, que tout semblait promettre aux plus hautes dignités, virent leur destin basculer avec le différend qui opposa le roi Henri VIII à Rome au sujet de l'annulation de son mariage avec Catherine d'Aragon.

Martyre 02 / 05

Vie et oeuvre

Tous deux refusèrent de prêter le serment reconnaissant Henri VIII comme chef suprême de l'Église d'Angleterre et furent décapités à Londres en 1535.

Lorsque Henri VIII rompit avec Rome et fit voter, en 1534, l'Acte de Suprématie le déclarant chef suprême de l'Église d'Angleterre, Jean Fisher et Thomas More refusèrent de prêter le serment qui en découlait. Fisher avait été l'un des plus fermes défenseurs de la validité du mariage du roi avec Catherine d'Aragon ; More, après avoir consciencieusement servi le souverain, démissionna de sa charge de chancelier en mai 1532, puis garda le silence plutôt que d'approuver la nouvelle législation. Tous deux furent emprisonnés à la Tour de Londres à partir d'avril 1534, accusés de haute trahison pour avoir nié la suprématie royale en matière spirituelle. Le pape Paul III créa Fisher cardinal le 21 mai 1535, ce qui ne fit qu'accroître la colère du roi. Fisher fut décapité à Tower Hill le 22 juin 1535. Thomas More, condamné à son tour, fut exécuté au même lieu le 6 juillet 1535. La tradition rapporte qu'il se déclara, sur l'échafaud, « le bon serviteur du roi, et celui de Dieu en premier ». Leur martyre, accepté par fidélité à la conscience et à la primauté du pape, fit d'eux les figures les plus célèbres parmi les martyrs catholiques d'Angleterre.

Théologie 03 / 05

Cheminement vers la saintete

Leur fermeté de conscience devant un pouvoir royal absolu et leur fidélité à l'Église, jusqu'à la mort, fondèrent très tôt leur réputation de sainteté.

La sainteté de Jean Fisher et de Thomas More repose sur le témoignage rendu, au prix de leur vie, à la primauté de la conscience éclairée par la foi et à l'unité de l'Église. Tous deux acceptèrent l'autorité civile et la succession royale, mais refusèrent d'attribuer au souverain temporel une juridiction sur les choses spirituelles, qu'ils tenaient pour réservée au pape. Fisher, théologien rigoureux et évêque exemplaire, joignait à sa science une vie d'ascèse et de prière. More, laïc engagé dans le siècle, conjuguait le sérieux de l'homme d'État, la finesse de l'humaniste et une intense vie intérieure ; durant sa captivité, il composa le Dialogue du réconfort dans les tribulations, méditation sur la souffrance et la mort affrontées dans la paix. L'un et l'autre allièrent une grande sérénité d'âme à une fermeté inébranlable. Leur exemple frappa leurs contemporains : Érasme louait en Fisher un homme « incomparable par la droiture de sa vie, par son savoir et par sa grandeur d'âme ». Cette réputation de fidélité héroïque ne cessa de grandir et fit d'eux des modèles vénérés du catholicisme anglais.

Culte 04 / 05

Beatification et canonisation

Béatifiés par Léon XIII en 1886 avec d'autres martyrs anglais, Jean Fisher et Thomas More furent canonisés par Pie XI le 19 mai 1935 et sont fêtés ensemble le 22 juin.

Le culte des martyrs anglais du XVIe siècle fut officiellement reconnu par le pape Léon XIII, qui béatifia Jean Fisher et Thomas More le 29 décembre 1886, en compagnie de cinquante-deux autres martyrs d'Angleterre. Près d'un demi-siècle plus tard, à la suite d'une requête présentée par les catholiques anglais et à l'occasion du quatrième centenaire de leur martyre, le pape Pie XI les canonisa ensemble le 19 mai 1935, comme représentants des nombreux martyrs catholiques d'Angleterre. Leur fête liturgique fut fixée au 22 juin, jour anniversaire de l'exécution de Jean Fisher, et ils sont commémorés conjointement dans le calendrier romain général. Saint Jean Fisher y est célébré comme évêque et martyr, saint Thomas More comme martyr. Leur mémoire commune souligne le lien qui unit ces deux témoins, un évêque et un laïc, dans une même fidélité à l'Église romaine jusqu'au sacrifice de leur vie.

Postérité 05 / 05

Spiritualite et heritage

Figures majeures du catholicisme anglais, ils demeurent des modèles de conscience ; Thomas More fut proclamé patron des gouvernants et des hommes politiques par Jean-Paul II en 2000.

Jean Fisher et Thomas More comptent parmi les saints les plus vénérés du catholicisme anglophone et sont régulièrement invoqués comme modèles de fidélité de la conscience face au pouvoir. Thomas More, en particulier, a connu un rayonnement universel qui dépasse les frontières confessionnelles : intellectuel et homme d'État, il est étudié bien au-delà du monde catholique, et la figure de l'« homme pour toutes les saisons » a inspiré théâtre et cinéma. Le 31 octobre 2000, par une lettre apostolique en forme de motu proprio, le pape Jean-Paul II le proclama céleste patron des gouvernants et des hommes politiques, présentant son martyre comme un message sur la dignité inaliénable de la conscience. Jean Fisher reste honoré comme un modèle d'évêque, fidèle pasteur et théologien ; sa mémoire est attachée à l'université de Cambridge, dont il fut le chancelier et un grand bienfaiteur. De nombreuses paroisses, écoles et institutions portent aujourd'hui leurs noms dans le monde anglophone, et leur témoignage commun continue de nourrir la réflexion sur les rapports entre la foi, la loi et le pouvoir.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1535
  2. Canonisation en 1935 par Pie XI

Citations

  • Je meurs le bon serviteur du roi, et celui de Dieu en premier. https://en.wikipedia.org/wiki/Thomas_More
  • Il est, en ce temps, l'homme incomparable par la droiture de sa vie, par son savoir et par sa grandeur d'âme. https://en.wikipedia.org/wiki/John_Fisher