Michał Tomaszek
Michał Tomaszek (1960-1991) fue un sacerdote franciscano conventual polaco, misionero en Perú. Comprometido con los pobres y los niños en Pariacoto, fue asesinado por odio a la fe por los terroristas de Sendero Luminoso. Fue beatificado en 2015.
Lectura guiada
5 seccións de lectura
Biographie
La jeunesse, la formation et l'ordination sacerdotale de Michał Tomaszek en Pologne.
Michał Tomaszek est né le 23 septembre 1960 à Łękawica, un village situé près de Żywiec en Silésie (Pologne). Il est le fils de Michał Tomaszek et de Mieczysława Rodak, au sein d'une famille d'agriculteurs profondément chrétienne. Il a un frère jumeau plus âgé, Marek, et deux sœurs. À l'âge de six mois, Michał tombe gravement malade d'une pneumonie ; sa mère, face au pronostic pessimiste des médecins, offre la vie de son fils à Dieu lors d'un chemin de croix à l'église paroissiale de Żywiec, après quoi l'enfant guérit de manière inattendue. En 1969, alors qu'il n'a que neuf ans, son père décède brutalement. Pour aider sa mère veuve et malade, Michał et son frère jumeau participent activement aux travaux de la ferme. C'est à cette époque qu'il devient enfant de chœur (ministrant) à la paroisse Saint-Michel de Łękawica. Garçon calme, discret et pieux, il effectue régulièrement des pèlerinages à pied vers les sanctuaires mariaux de Przyłęków et de Rychwałd. Après avoir achevé ses études primaires en 1975, il entre à l'âge de 15 ans au Petit Séminaire des Pères Franciscains Conventuels (Ordre des Frères Mineurs Conventuels, OFM Conv.) à Legnica. Il y obtient son diplôme de fin d'études secondaires (examen de maturité) en 1980. Le 25 juin 1980, il est admis dans l'ordre franciscain et commence son noviciat à Smardzewice. Il reçoit l'habit religieux le 4 octobre 1980, jour de la fête de saint François d'Assise. Il prononce ses premiers vœux temporaires le 1er septembre 1981. De 1981 à 1987, il poursuit ses études de philosophie et de théologie au Grand Séminaire franciscain de Cracovie, où il soutient un mémoire en théologie morale. Il prononce ses vœux solennels le 8 décembre 1985. Le 7 juin 1986, il est ordonné diacre à Wrocław par le cardinal Henryk Gulbinowicz, lors d'une cérémonie commune où son futur compagnon de martyre, Zbigniew Strzałkowski, est ordonné prêtre. Michał Tomaszek est ordonné prêtre le 23 mai 1987 en la basilique Saint-François de Cracovie par l'évêque auxiliaire Albin Małysiak. Il célèbre sa première messe solennelle (messe prémices) le 31 mai 1987 dans son village natal de Łękawica.
Vie et oeuvre
Le ministère pastoral de Michał Tomaszek en Pologne puis son départ pour la mission de Pariacoto au Pérou.
Après son ordination sacerdotale, le père Michał Tomaszek est envoyé comme vicaire et catéchiste dans la paroisse de Pieńsk, près de Zgorzelec, où il exerce son ministère de juin 1987 à juin 1989. Il s'y distingue par son zèle pastoral, son dévouement auprès des enfants et des jeunes, et en particulier par son attention envers les enfants handicapés ou ayant des besoins spécifiques. En 1988, la province franciscaine de Cracovie décide d'ouvrir une nouvelle mission dans les Andes péruviennes, à Pariacoto, dans le diocèse de Chimbote. Les pères Zbigniew Strzałkowski et Jarosław Wysoczański y sont envoyés en premier. Désireux de se joindre à eux, le père Michał sollicite ses supérieurs. En 1989, le besoin d'un troisième missionnaire se faisant sentir, il est désigné pour partir. Conscient des dangers de cette mission dans un Pérou alors en proie à la violence politique, il déclare avant son départ qu'il n'hésitera pas à offrir sa vie pour la cause de Dieu si cela s'avère nécessaire. Le 25 juillet 1989, jour de la fête de saint Jacques, il s'envole pour le Pérou. Après une rapide période d'apprentissage de la langue espagnole, il s'établit à Pariacoto. La paroisse de Pariacoto est immense et s'étend sur la Cordillère Noire, englobant de nombreux villages de montagne isolés et pauvres. Avec ses confrères, le père Michał déploie une intense activité pastoral et sociale. Ils célèbrent les sacrements, forment des catéchistes laïcs, visitent les communautés andines et mettent en œuvre des projets d'aide humanitaire. En 1989, face à une grave sécheresse qui frappe la région, les missionnaires distribuent de la nourriture fournie par Caritas pour soulager la détresse de la population. Le père Michał Tomaszek se fait particulièrement aimer des enfants et des jeunes de la région. Doué pour la musique et le chant, il utilise ces talents pour rassembler la jeunesse, animer la liturgie et enseigner le catéchisme. Il fonde également un groupe de musique avec les jeunes de Pariacoto.
Cheminement vers la sainteté
L'engagement de Michał Tomaszek face aux menaces du Sentier lumineux et son martyre à Pariacoto.
Le ministère des franciscains se déroule dans un contexte politique extrêmement tendu et dangereux. Le mouvement terroriste d'idéologie maoïste et communiste « Sendero Luminoso » (Le Sentier lumineux) cherche à imposer sa révolution par la terreur et la violence. Les guérilleros considèrent l'Église catholique et l'action des prêtres comme des obstacles majeurs à l'endoctrinement des masses et au déclenchement de la révolution armée. Ils accusent les missionnaires d'« endormir » le peuple et de freiner la révolte en prêchant la paix, en lisant la Bible, en récitant le chapelet et en distribuant de l'aide alimentaire (qu'ils qualifient d'« impérialisme »). Malgré les menaces de mort explicites et le climat de terreur grandissant, les pères Michał Tomaszek et Zbigniew Strzałkowski choisissent délibérément de ne pas abandonner leur troupeau et de rester fidèles à leur mission à Pariacoto. Le soir du 9 août 1991, après la célébration de la messe et l'adoration du Saint-Sacrement, un groupe d'une vingtaine de guérilleros armés et cagoulés du Sentier lumineux fait irruption au couvent franciscain de Pariacoto. Ils s'emparent des deux prêtres polonais. Pour protéger les jeunes postulants présents, les pères leur ordonnent de rester prier dans la chapelle. Les terroristes font monter les deux religieux dans les camionnettes de la mission, ainsi qu'une religieuse, Sœur Berta Hernández Guerra (de la congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus), qui s'est interposée pour les accompagner. Après avoir parcouru une certaine distance, les guérilleros forcent la religieuse à descendre du véhicule et incendient le pont menant à Cochabamba pour empêcher toute poursuite. Ils emmènent ensuite les deux franciscains dans un lieu-dit appelé Pueblo Viejo, situé près du cimetière de Pariacoto. Les terroristes y ont également conduit le maire du village, Justino Masa, qu'ils accusent d'incarner l'autorité étatique. Après un simulacre de procès où les prêtres sont accusés de tromper le peuple par la religion et l'aide humanitaire, la sentence de mort est exécutée. Les pères Michał Tomaszek et Zbigniew Strzałkowski, ainsi que le maire Justino Masa, sont assassinés. Le père Michał est tué d'une balle dans la nuque, tandis que le père Zbigniew reçoit deux balles (dans la tête et la colonne vertébrale). Le père Michał Tomaszek meurt ainsi martyr à l'âge de 30 ans.
Béatification et canonisation
Le processus de béatification de Michał Tomaszek, reconnu martyr et béatifié en 2015.
Le 12 août 1991, les corps des deux martyrs franciscains sont inhumés dans l'église paroissiale de Pariacoto, selon leur volonté. La population locale leur rend un hommage vibrant, manifestant immédiatement sa dévotion envers ceux qu'elle considère comme des saints. Le procès de béatification est officiellement ouvert le 5 juin 1995 dans le diocèse de Chimbote, après l'obtention du nihil obstat de la Congrégation pour les Causes des Saints. L'enquête diocésaine recueille de nombreux témoignages, y compris des déclarations de repentir de certains anciens membres du Sentier lumineux. Le 3 février 2015, le pape François ordonne la promulgation du décret reconnaissant officiellement le martyre des serviteurs de Dieu Michał Tomaszek et Zbigniew Strzałkowski, ainsi que celui du prêtre diocésain italien Alessandro Dordi (assassiné lui aussi par le Sentier lumineux le 25 août 1991). La cérémonie solennelle de béatification est célébrée le 5 décembre 2015 au stade de Chimbote, au Pérou. Elle est présidée, au nom du pape François, par le cardinal Angelo Amato, alors préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, en présence de dizaines de milliers de fidèles, de délégations polonaises et italiennes, et de Sœur Berta Hernández Guerra, témoin oculaire de leur enlèvement.
Spiritualité et héritage
L'héritage spirituel franciscain de Michał Tomaszek et la dévotion continue envers les martyrs de Pariacoto.
La spiritualité du bienheureux Michał Tomaszek est profondément ancrée dans le charisme franciscain, caractérisé par la pauvreté évangélique, la simplicité, la joie et la fraternité. Il s'est inspiré des figures de saint François d'Assise et de saint Maximilien Kolbe, ce dernier ayant également offert sa vie en martyr. Le père Michał se distinguait par sa piété mariale intense et sa confiance absolue en la Providence divine. Son apostolat auprès des plus démunis, et particulièrement des enfants, témoigne d'une foi vécue dans le service concret et l'amour du prochain. Leur martyre est devenu un symbole de paix et de réconciliation pour le Pérou. À titre posthume, les pères Michał Tomaszek et Zbigniew Strzałkowski ont été décorés de la plus haute distinction de l'État péruvien, l'Ordre « El Sol del Perú » (Le Soleil du Pérou). En juin 2023, le président de la République de Pologne leur a également décerné, à titre posthume, la Grand-Croix de l'Ordre du Mérite de la République de Pologne. Leur mémoire liturgique a été fixée au 7 juin par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. Cette date fait référence au 7 juin 1986, jour où les deux bienheureux ont reçu ensemble les ordres sacrés à Wrocław (le diaconat pour Michał et la prêtrise pour Zbigniew). Le choix du 7 juin permet d'éviter la date anniversaire de leur mort (le 9 août), qui coïncide avec la fête de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein), copatronne de l'Europe. Aujourd'hui, la chapelle des Martyrs de Pariacoto, érigée sur le lieu de leur exécution, est devenue un important lieu de pèlerinage. Leurs reliques sont vénérées dans de nombreuses églises à travers le monde, notamment à la basilique Saint-François de Cracovie et au sanctuaire des Nouveaux Martyrs de la basilique Saint-Barthélemy-en-l'Île à Rome.
Anexos y entidades vinculadas
Datos estructurados para la exploración: acontecimientos, milagros, citas, lugares, atributos, patronazgos y entidades importantes citadas en el texto.
Acontecimientos clave
- Époque / mort : 1991
- Béatification en 2015 par François