Group of six Cistercian monks from Casamari Abbey murdered by soldiers of the French Revolutionary Army in May 1799 for defending the Eucharist.
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Biographie
Présentation de Siméon-Marie Cardon et de ses cinq compagnons, moines cisterciens de l'abbaye de Casamari, martyrisés en mai 1799 par des soldats français.
Les bienheureux Siméon-Marie Cardon et ses 5 compagnons sont un groupe de six moines cisterciens de l'abbaye de Casamari, située à Veroli, dans la province de Frosinone (Latium, Italie). Ils ont été assassinés par des soldats de l'armée révolutionnaire française entre le 13 et le 16 mai 1799, alors qu'ils tentaient de protéger l'Eucharistie et leur monastère de la profanation et du pillage.
Le contexte historique de leur martyre s'inscrit dans les bouleversements des guerres napoléoniennes en Italie. En janvier 1799, les troupes françaises occupent Naples et y proclament la République parthénopéenne. Cependant, dès le printemps de la même année, face aux assauts des forces austro-russes et à l'avancée des troupes fidèles aux Bourbons, l'armée française est contrainte d'organiser une retraite précipitée vers le nord de la péninsule. Durant ce repli, des détachements de soldats français, imprégnés d'idées révolutionnaires hostiles à l'Église, se livrent à de nombreuses exactions, pillant et dévastant systématiquement les églises et les monastères sur leur passage, notamment l'abbaye du Mont-Cassin.
Le 13 mai 1799, un groupe d'une vingtaine de soldats s'approche de l'abbaye cistercienne de Casamari. L'abbé en charge, Dom Romualdo Pirelli, s'étant prudemment réfugié à Palerme, la responsabilité de la communauté monastique repose alors entièrement sur le prieur claustral, le père Siméon-Marie Cardon. Face à la menace imminente, la majorité des moines choisit de s'enfuir ou de se cacher. Seuls six d'entre eux décident de rester pour veiller sur le monastère et empêcher la profanation des vases sacrés contenant les hosties consacrées.
Vie et œuvre
Présentation détaillée des six martyrs de Casamari, issus d'horizons divers mais unis par la vie monastique cistercienne.
Le groupe des martyrs de Casamari se compose de six religieux aux parcours et aux origines géographiques très divers, réunis par la vie monastique cistercienne :
1. Siméon-Marie Cardon (né Ignace-Alexandre-Joseph Cardon) : Né le 13 mars 1759 à Cambrai (France), il entre en 1782 à l'abbaye bénédictine de Saint-Faron de Meaux et est ordonné prêtre à Paris en 1787. Après avoir prêté le serment constitutionnel durant la Révolution française et traversé une période d'errance spirituelle, il vit une profonde conversion et s'enfuit en Italie en 1795. Il trouve refuge à l'abbaye de Casamari, y revêt l'habit cistercien et y prononce ses vœux de stabilité. Il y est nommé économe, puis prieur claustral.
2. Domenico Maria Zawrel (né Jan Chrysostom Zavřel) : Né en 1725 à Chodov, près de Prague (actuelle République tchèque), il est d'abord religieux dominicain à Prague. Il arrive à Casamari en mai 1776, y commence son noviciat cistercien et y prononce ses vœux solennels en 1777. Reconnu pour sa sagesse, il exerce la charge de maître des novices.
3. Albertino Maria Maisonade (né Albertin-Marie Maisonade) : Né au XVIIIe siècle à Bordeaux (France), il est clerc professé au sein de la communauté cistercienne de Casamari.
4. Modesto Maria Burgen (né Modeste-Marie Burgen ou Bougue) : Né au XVIIIe siècle en Bourgogne (Marne, France), il est frère convers (religieux professé) à Casamari.
5. Maturino Maria Pitri (né Maturin-Marie Pitri) : Né au XVIIIe siècle à Fontainebleau (France), il est enrôlé de force dans l'armée française. Tombé gravement malade en janvier 1799, il est soigné à l'hôpital de Veroli. Se confessant au père Siméon-Marie Cardon, il promet d'entrer au monastère s'il guérit. Rétabli, il est accueilli à Casamari comme oblat.
6. Zosimo Maria Brambat (né Zosimo Brambat) : Né au XVIIIe siècle à Milan (Italie), il demande à être reçu à Casamari à la fin de l'année 1792. Admis au noviciat en 1794, il émet sa profession simple comme frère convers le 20 novembre 1795.
Cheminement vers la sainteté
Récit détaillé du martyre des six moines de Casamari, assassinés par des soldats français alors qu'ils défendaient l'Eucharistie.
Le martyre des six religieux se déroule entre le 13 et le 16 mai 1799. Le soir du 13 mai, vers 20 heures, alors que la communauté s'apprête à chanter l'office de la Compieta, une vingtaine de soldats français s'introduisent de force dans l'abbaye. Le prieur, le père Siméon-Marie Cardon, les accueille avec bienveillance et leur fait distribuer de la nourriture et des boissons. Cependant, rapidement enivrés et insatisfaits, les soldats commencent à saccager le monastère à la recherche d'objets de valeur.
Les militaires pénètrent dans l'église abbatiale, brisent le tabernacle et jettent au sol les hosties consacrées. Face à ce sacrilège, les moines restés sur place interviennent courageusement pour recueillir les saintes espèces et empêcher de nouvelles profanations.
La violence des soldats se déchaîne alors à coups de sabre, de baïonnette et de fusil : - Le père Domenico Maria Zawrel ramasse par deux fois les hosties profanées et se retire pour prier dans la chapelle de l'infirmerie. Il y est assailli et tué à coups de sabre. - Le frère Albertino Maria Maisonade est massacré à ses côtés dans la même chapelle alors qu'il est en prière. - Le frère Modesto Maria Burgen et le frère Maturino Maria Pitri sont mortellement wounded dans les couloirs de l'abbaye. Le frère Maturino réussit à se traîner jusqu'à sa cellule avant de s'éteindre. - Le prieur, le père Siméon-Marie Cardon, qui s'était d'abord caché dans le jardin, choisit de revenir dans le monastère par solidarité avec ses frères. Pris à partie par les soldats qui exigent de l'argent, il est sauvagement frappé à la tête et aux mains. Il survit à ses blessures durant la nuit et meurt le lendemain matin, le 14 mai 1799, vers 7 heures. - Le frère Zosimo Maria Brambat est grièvement blessé par un coup de feu et des coups de sabre. Il parvient à se cacher et survit pendant trois jours. Il meurt le 16 mai 1799 à proximité des murs de l'abbaye, alors qu'il tente de rejoindre la localité voisine de Boville Ernica pour y recevoir l'onction des malades.
Béatification et canonisation
La reconnaissance officielle du martyre des moines de Casamari et leur béatification solennelle en 2021.
La réputation de sainteté et de martyre des six moines de Casamari s'établit immédiatement après le drame. Quelques jours après le départ des troupes françaises, les corps des religieux sont récupérés par les frères survivants et enterrés dans le cimetière du monastère. En 1951, leurs restes mortels sont solennellement transférés à l'intérieur de l'église abbatiale de Casamari, sous l'autel de la nef droite, où ils sont toujours vénérés.
La cause de béatification est officiellement introduite le 27 juin 2013 à la demande du postulateur général de l'Ordre cistercien, le père Pierdomenico Volpi, auprès de l'évêque de Frosinone-Veroli-Ferentino, Mgr Ambrogio Spreafico. Le procès diocésain se déroule du 6 décembre 2014 au 25 février 2016.
Le 26 mai 2020, le pape François autorise la Congrégation pour les Causes des Saints à promulguer le décret reconnaissant le martyre des six religieux, tués en haine de la foi (in odium fidei).
La cérémonie de béatification est célébrée le 17 avril 2021 en la basilique de l'abbaye de Casamari. La messe solennelle est présidée par le cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le souverain pontife.
Leur mémoire liturgique est fixée au 16 mai, jour anniversaire de la mort du frère Zosimo Maria Brambat, le dernier survivant du groupe.
Spiritualité et héritage
La spiritualité eucharistique des martyrs de Casamari et la portée de leur témoignage de foi et de pardon.
Les bienheureux martyrs de Casamari sont communément appelés les « martyrs de l'Eucharistie ». Leur spiritualité est profondément marquée par l'amour de la présence réelle du Christ dans le Saint-Sacrement, pour la défense duquel ils ont versé leur sang.
Lors de leur béatification, le cardinal Marcello Semeraro a souligné la dimension profondément humaine et accessible de leur témoignage. Loin d'être des « héros de bande dessinée » ou des guerriers intrépides, ils étaient des hommes ordinaires, habités par la peur et la fragilité face à la violence. Certains d'entre eux avaient initialement cherché à fuir ou à se cacher avant de trouver, par la grâce divine, la force de revenir et d'offrir leur vie.
Leur sacrifice demeure également un symbole fort de réconciliation et de pardon. Le père Siméon-Marie Cardon, de nationalité française, est mort sous les coups de ses propres compatriotes en leur accordant son pardon, illustrant ainsi la victoire de la charité chrétienne sur les divisions politiques et nationales.
Annexes & related entities
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Key Events
- Époque / mort : 1799
- Béatification en 2021 par François